Les violences faites aux femmes prennent différentes formes. (Photo: courtoisie Adobe Stock)

Le fléau des violences faites aux femmes continue de faire des victimes chaque année. Du 25 novembre au 6 décembre, plusieurs actions de sensibilisation auront lieu à Ahuntsic-Cartierville. Expositions, ateliers et kiosques sont au programme que vous dévoile le Journal des voisins.

Selon l’Organisation des Nations Unies, ONU Femmes, les violences envers les femmes et les filles demeurent la violation des droits de la personne la plus répandue dans le monde. En 2022, 184 personnes ont été tuées au Canada parce qu’elles étaient des femmes. Il s’agit d’une augmentation de 20 % par rapport à 2019, selon l’Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation.

Ces cas dramatiques ne sont que la partie visible de l’iceberg. Les violences faites aux femmes prennent en effet plusieurs formes. Violence conjugale, physique ou psychologique, sexuelle, socioéconomique, harcèlement, mutilations ou encore mariages forcés constituent une palette vertigineuse.

À l’occasion de sa campagne annuelle soulignant les 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, le Conseil du statut de la femme met en lumière 50 ans d’avancées pour reconnaître et éliminer les violences genrées.

À Ahuntsic-Cartierville, l’organisme Concertation Femme vient en aide à ces victimes et mène des actions de sensibilisation auprès du grand public depuis 40 ans. «Nous participons aux douze journées qui commencent le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Elles se poursuivent jusqu’au 6 décembre, journée d’hommage aux 14 femmes tuées en 1989 à l’École Polytechnique de Montréal», explique Maysoun Faouri, directrice générale de Concertation Femme.

Des Cris du cœur exposés

Cette année, Concertation Femme organise plusieurs actions en partenariat avec d’autres organismes de l’arrondissement. Le projet Cri du cœur – sensibilisation à la violence conjugale sera présenté à quelques reprises.

«Cette exposition est le résultat d’un projet porté en 2021 afin de sensibiliser le public à toutes les violences faites aux femmes. Une dizaine d’adolescentes ont participé à des ateliers tout au long de l’été, qui ont abouti à un recueil et à une exposition de leurs œuvres. Ces cris du cœur sont matérialisés par des affiches de 50 cm par 70 cm. On peut y voir un dessin accompagné d’une phrase, comme si elles s’adressaient à leurs parents», détaille Maysoun Faouri.

En créant un choc auprès des visiteurs, ces œuvres les interpellent et les poussent à réfléchir à la question des violences faites aux femmes. «J’ai peur de te dénoncer, car je sais que tu t’en prendras à maman», peut-on lire sur l’une d’elles. Des mots simples qui disent l’horreur.

Les quinze cris du cœur de l’exposition sont visibles au centre de Solidarité Ahuntsic, au Centre culturel et communautaire de Cartierville (4C), ainsi qu’à la Banque Royale des Galeries Normandie, du 25 novembre au 6 décembre selon les horaires d’ouverture de chaque site. D’autres actions sont également menées en parallèle.

Atelier et kiosques de prévention

Afin de toucher et sensibiliser le public, Concertation Femme tiendra un kiosque au 4C les 28 et 30 novembre, puis les 5 et 6 décembre. Un second kiosque de prévention prendra par ailleurs place à l’entrepôt Costco situé au Marché Central. Cette initiative est menée en partenariat avec le poste de quartier 10 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

«On tient ces kiosques pour aller à la rencontre des citoyens. Leur expliquer les actions que l’on mène, les sensibiliser à la prévention des violences faites aux femmes, leur présenter les ressources qui sont à leur disposition s’ils vivent ou sont témoins de violences…», assure la directrice générale. Les passants auront la possibilité de poser des questions, de prendre de la documentation ou encore d’accrocher un ruban à leur veste en signe symbolique de solidarité.

Enfin, un atelier sur le thème de la violence conjugale sera offert au centre de Solidarité Ahuntsic le 30 novembre. Les participants sont attendus de 9 h 30 à 12 h pour aborder la question d’un point de vue théorique, avant de pouvoir échanger et poser des questions aux intervenants.

Aide de l’État

Le 24 novembre, le gouvernement du Canada a annoncé l’octroi de 97 millions de dollars au Québec sur quatre ans pour lutter contre la violence sexuelle et conjugale. Cette aide devrait revenir en partie aux organismes, tels que Concertation Femme, qui œuvrent tout au long de l’année.

«La violence est une question d’éducation et de contrôle sur l’autre. Ce n’est pas une question de religion, d’ethnie ou de culture; la violence a toujours existé et continuera d’exister. C’est pour cette raison que notre rôle est de ne pas cesser de sensibiliser, de dire que ce n’est pas acceptable, que ce n’est pas honteux et qu’on doit en parler », conclut l’inépuisable Maysoun Faouri.

 



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