Les Actualités de la semaine

Abonnez-vous gratuitement ici pour recevoir un courriel de rappel chaque semaine!

Pour préserver le patrimoine horticole

Une grainothèque à la bibliothèque Ahuntsic

Les jardiniers du quartier seront ravis d’apprendre qu’à l’occasion du jour de la Terre, la bibliothèque Ahuntsic a ouvert une grainothèque – une collection de semences qui pourront être partagées, semées et rapportées.

L’instigatrice du projet, Lucie Bernier, responsable de la bibliothèque sur la rue Lajeunesse, a eu l’idée en visitant une grainothèque au cœur de Paris. Elle s’est dit surprise par l’engouement des Parisiens pour l’agriculture urbaine. Elle s’est aussi inspirée des grainothèques à Montréal, notamment aux bibliothèques Atwater, Eleonor London, Westmount et Georges-Vanier et bientôt à l’écoquartier de Rosemont-La Petite Patrie.

Mme Bernier croit qu’Ahuntsic-Cartierville est un milieu favorable à l’agriculture urbaine, puisqu’Ahuntsic-Cartierville est l’arrondissement qui compte le plus de jardins communautaires à Montréal. « Pourquoi ne pas favoriser le partage? », s’est-elle dit.

Déjà plus de 400 sachets de semences. (Source : Bilbiothèque d’Ahuntsic)

Le service est réservé aux abonnés des bibliothèques de Montréal. Pour l’instant, les Ahuntsicois pourront emprunter un maximum de trois sachets par semaine, et un maximum de 12 par année. « Lorsque notre collection prendra de l’ampleur, on pourra augmenter la quantité maximale d’emprunts », explique Mme Bernier.

La grainothèque compte présentement 401 sachets de semences: des variétés de plantes potagères anciennes, comme la tomate Savignac, le petit moineau ou le haricot Fortin et des plantes à fleurs indigènes et mellifères. Plusieurs semences ont été offertes par Ville en Vert, Terre Promise et la Ferme Tournesol.

Il n’y a que des semences à pollinisation libre dans la collection de la grainothèque. Pourquoi? « Ces semences sont stables dans le temps. Si on introduit des semences hybrides, explique Florian Rossignol, de Ville en Vert. On risque d’avoir des individus qui n’ont plus rapport avec la plante qui a été utilisée à la base. »

Il est possible d’obtenir des sachets vides au Café de Da. Déjà, le week-end dernier, lors du lancement, des dizaines de personnes sont parties avec des sachets, prêts à planter leurs semences. D’autres ont emporté avec eux des enveloppes vides, en promettant de les rapporter avec leurs propres graines.

Conserver l’histoire et le patrimoine horticole

Cette initiative permettra non seulement de faire davantage de sensibilisation quant à l’importance de l’agriculture et de l’autonomie alimentaire, mais la grainothèque aidera également à conserver le patrimoine horticole québécois et ahuntsicois.

Lancement de la grainothèque à la bilbiothèque Ahuntsic (Source : Bibliothèque Ahuntsic)

Les semences ont une histoire et elles font partie de « notre patrimoine et de notre culture », rappelle Mme Bernier. Malheureusement, elles disparaissent rapidement. « Depuis le début du 20e siècle, la perte de biodiversité des semences potagères et très grande. Par exemple, avant, il y avait des centaines de variétés de choux. Aujourd’hui, allez à l’épicerie et vous ne pourrez probablement même pas en trouver 4 ou 5 variétés », dit Mme Bernier.

Elle espère que certains résidents apporteront certaines variétés rares ou uniques.

Par ailleurs, Florian Rossignol ajoute que « des semences, ce n’est pas éternel. » C’est pourquoi l’un des premiers conseils qu’il a donné à Lucie Bernier est de préserver le plus de données possibles sur les semences, leur provenance et leur histoire.

La grainothèque archivera toutes les informations liées aux semences données par les citoyens. (Source : Facebook/Emilier Thuilier)

« De cette façon, non seulement on peut retracer un mauvais donneur, mais on peut aussi retracer l’arbre généalogique et avoir un tracé historique des semences et voir l’évolution des variétés », explique-t-il.

Mme Bernier a par ailleurs obtenu l’aide de son mari, qui est intégrateur informatique, pour créer un logiciel qui permettra de suivre les générations des semences empruntées et offertes.

Bibliothèques vivantes

L’ouverture de la grainothèque fait partie d’un courant dans lequel les bibliothèques s’éloignent du modèle traditionnel (livres et silence absolu!) et offrent de plus en plus de projets communautaires et sociaux. Par exemple, la bibliothèque d’Ahuntsic a un club de tricot et des ateliers d’écriture. D’autres bibliothèques montréalaises offrent l’emprunt d’instruments musicaux.

Justement, en lien avec la grainothèque, des ateliers de conservation des semences seront offerts cet automne pour aider les citoyens à bien préparer leurs sachets de graines pour offrir à la grainothèque et ainsi participer au maintien du patrimoine horticole.

PartagezShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someone


  • Les tomates aiment bien le sol dans le quartier et les Savignac sont succulentes!

  • Julie Dupont

    Article très intéressant! J’irai certainement faire un tour à la grainothèque!

bannière opinion