Sébastien Allard, figure d’Ahuntsic et de Montréal, est décédé. (Photo: courtoisie famille Allard)

Sébastien Allard n’est plus. Figure montréalaise et habitant engagé d’Ahuntsic, il s’est éteint le 27 avril 2023 à l’âge de 100 ans.

Ses 6 enfants, 14 petits-enfants, 24 arrière-petits-enfants, les autres membres de sa famille et ses amis pleurent un homme dévoué qui les a marqués à jamais. Après lui avoir fait leurs derniers adieux lors d’une cérémonie émouvante en l’église Saint-Paul-de-la-Croix suivie d’une inhumation au cimetière Saint-Vincent-de-Paul, tous veulent garder le souvenir d’un personnage «engagé», « intelligent», et qui n’avait pas son pareil pour faire rire son entourage. Hommage à Sébastien Allard, l’homme d’affaires et le père de famille.

Né en 1922 à Montréal, Sébastien Allard est l’aîné d’une famille de huit enfants qui a été dévastée par le décès du patriarche âgé de 44 ans. À 16 ans à peine, il devient malgré lui le pilier de la famille. «Mon père s’est occupé de ses frères, de ses sœurs et de sa mère après le décès de son père. Il a commencé à travailler pour subvenir aux besoins de la famille», se remémore François Allard.

Un modèle d’ascension sociale

Déterminé à dépasser ce coup dur de la vie, Sébastien Allard entre au service de l’assurance Royale en tant que coursier. «Il distribuait le courrier aux employés d’étage en étage au début. Mais il a toujours cherché à améliorer ses compétences, donc il prenait des cours en assurance et à force de sueur et de persévérance, il a gravi les échelons», témoigne son fils.

En effet, l’Ahuntsicois sera nommé vice-président de l’entreprise une vingtaine d’années plus tard et occupera cette fonction jusqu’à sa retraite. Ce parcours brillant démontre l’intelligence et le sens des affaires de celui qui a commencé tout en bas de l’échelle. Il a su se rendre indispensable en évoluant à différents postes au sein de la société.

Sébastien Allard et son épouse. (Photo: courtoisie de la famille Allard)

Proche des milieux politiques, Sébastien Allard n’hésite pas à militer pour les causes qu’il pense justes. Lors du référendum de 1980 au sujet de la souveraineté du Québec, ce fédéraliste convaincu s’implique par exemple dans le camp du «non».

En parallèle, il devient également président du Conseil du patronat du Québec en 1982 et s’investit toujours plus dans le monde des assurances et de l’entrepreneuriat. «Ce n’était pas un métier pour lui, c’était l’occupation de sa vie. Même si c’est venu, au départ, de la nécessité de prendre soin de sa famille», assure François Allard. La famille… Si on devait trouver le moteur de Sébastien Allard, ce serait sans aucun doute celui-ci.

La famille comme moteur de vie

Professionnel passionné, il faisait toujours passer sa famille au premier plan. «Dans sa carrière, il aurait pu monter beaucoup plus haut, notamment au niveau fédéral. Mais il a toujours dit non aux offres qu’on lui faisait, car il refusait catégoriquement de s’éloigner de sa famille. C’était un père qui n’était pas toujours à la maison de par son travail, mais quand il était là, il s’occupait de ses enfants», se remémore l’un de ses six fils avec émotion. François Allard se souvient des traditionnelles vacances en famille qui demandaient tant d’organisation à leur mère, ou encore des histoires que leur père leur racontait le soir.

Il faut dire que Sébastien Allard a su créer un véritable foyer pour sa famille au cœur d’Ahuntsic, où il a fait construire la maison dans laquelle il a passé plus de 70 années de sa vie. « Il a installé sa mère dans une maison de la même rue pour pouvoir veiller sur elle. Avec son cousin il avait même construit un élevage de lapins angoras dans la cour de sa mère, car il avait vu que ça se vendait bien», s’amuse François Allard.

Sébastien Allard, son épouse et leurs six enfants. (Photo: courtoisie de la famille Allard)

Impliqué dans la vie de son quartier, il a notamment milité pour la préservation du parc Ahuntsic. Son fils n’oubliera jamais ce père passionné: «Il s’intéressait à toutes sortes de choses. Il était président du studio de musiques anciennes par exemple, et il était très préoccupé par le sort de ses concitoyens les plus démunis. Il s’est aussi impliqué dans la création du Collège Ahuntsic [NDLR: l’un des 12 premiers Cegeps créés en 1967 grâce à la volonté des citoyens] car il n’y avait pas de cours classiques dans le quartier. On est quatre de ses enfants à avoir fait notre scolarité là-bas.»

Jusqu’à la fin de sa vie, celui que ses 24 arrière-petits-enfants surnommaient affectueusement « Pépère » et qui a perdu son épouse en 1998, est resté très proche des siens, ne ratant jamais un anniversaire. Reconnu par ses pairs, il continuait également de donner de prodiguer ses conseils de professionnel aguerri à qui les lui demandait. « C’était un type qui avait un grand sens de l’humour et n’avait jamais peur du ridicule. Nous gardons tous de très bons souvenirs de lui », conclut François Allard, fier de l’avoir eu pour père.



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Corbeil Daniel
Corbeil Daniel
10 Mois

En tant que premier directeur général du CLSC Ahuntsic en 1984, j’ai eu le plaisir de connaître M.Allard et d’avoir profité de sa longue expérience déjà. Je le revoyais parfois sur la rue Fleury toujours avec son sourire.

Daniel Corbeil

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