Cela pourrait en surprendre plus d’un, mais le candidat vert dans la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville ne vise rien de moins que de battre la libérale Mélanie Joly au fil d’arrivée le 21 octobre.

Jean-Michel Lavarenne a décidé de sauter dans l’arène politique pour répondre à la demande pressante de ses enfants, jugeant «important» que le Québec ait son lot de députés écologiques au parlement fédéral.

Au Parti vert, le «p’tit gars du Sault-au-Récollet» (secteur tout Ahuntsic expulsé de la nouvelle carte électorale de la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville en 2015 pour cause de refonte) pourrait bien surfer sur la semaine toute verte qui a culminé à la fin septembre par une manifestation monstre au centre-ville de Montréal avec la vedette écolo de Suède, Greta Thunberg, qui a reproché à Justin Trudeau «de ne pas en faire assez» dans la lutte aux changements climatiques.

Lavarenne, concepteur de logiciels qui a pris congé des activités de son entreprise (qui met au point des outils utilisés dans le cadre de crises humanitaires) pour servir «la» cause, espère que la forte sensibilisation qui devrait suivre se traduira par un appui massif dans les boites de scrutin.

Mais la côte ne sera facile à remonter car, il y a quatre ans, le candidat vert Gilles Mercier n’avait recueilli qu’un maigre 2,11 % des voix.

Facteurs verts

En cette campagne électorale que plusieurs jugent «terne», les Verts peuvent s’appuyer sur deux points  pouvant leur donner un sérieux coup de pouce : un programme «original» face à des vieux partis politiques aux idées semblables sur le pétrole (libéraux et conservateurs qui se relaient le pouvoir depuis le début de la Confédération appuient fortement l’industrie pétrolière) et l’effet Greta Thunberg.

Dans son local loué en plein cœur de la Promenade Fleury, c’est un candidat visiblement optimiste qui nous accueille.

Ses arguments sont faciles à comprendre : les libéraux ont acheté un pipeline pour tenter de calmer le jeu dans l’ouest canadien, alors que les conservateurs proposent un corridor énergétique qui ne passerait «vraiment pas» en territoire québécois.

Jean-Michel Lavarenne (Photo: jdv P. Rachiele)

« Le Parti Conservateur et le Parti Libéral ont la même approche, nous dit ce résidant du Plateau, et proposent un projet de société basé sur la subvention de l’industrie pétrolière. Leurs politiques nous ont menés à la crise actuelle. Ils ont sensiblement les mêmes cibles insuffisantes de réductions de gaz à effet de serre. Ils n’ont pas de plan concret pour faire face à la crise climatique », a-t-il vivement déploré.

Face aux autres partis qui puisent sans cesse dans le catalogue vert, Jean-Michel Lavarenne a une réponse toute préparée :

« N’oublions pas qu’après l’élection, le seul parti qui va rester vert,  c’est le Parti vert », a-t-il averti.

Effet Greta

L’autre point qui pourrait aider les Verts, c’est certes la grande manifestation du 27 septembre, la plus importante de l’histoire au pays, qui pourrait fort bien servir de catalyseur à la formation écolo.

« Une chose est certaine, ça peut être bon pour nous vu que le Parti vert est la meilleure réponse, peut-être même la seule réponse en termes de parti fédéral, pour faire face à la crise climatique, a déclaré M. Lavarenne. Je crois que si nous arrivons à démontrer aux citoyens que nous avons des candidats vaillants et crédibles, et que cette élection c’est pas mal le temps ou jamais de foncer, cette grande mobilisation visant à protester contre l’inaction face à la crise va sensibiliser les citoyens à notre proposition. Toutefois l’entièreté du travail à accomplir pour le démontrer aux citoyens repose sur nos propres épaules. »

Il va sans dire que la manifestation (ayant attiré entre 300 et 500 mille personnes) l’a véritablement fouetté.

« Cette manifestation m’a beaucoup ému. Nous étions un bon groupe, candidats et militants, avec notre drapeau vert. Cela m’a beaucoup touché aussi de voir la jeune Greta Thunberg, celle qui a inspiré mes enfants, en proclamant la grève pour le climat à chaque vendredi. J’ai voulu justement répondre à l’appel de mes propres enfants en me portant candidat vert. J’ai décidé de mettre   mon entreprise en veilleuse pour agir. De voir autant de gens voulant que les politiciens agissent en priorité dans la crise climatique, ça me donne beaucoup d’espoir », a-t-il affirmé.

Mais est-ce que ces gens, les jeunes en particulier, voteront de façon «toute verte» le 21 octobre?  Jean-Michel Lavarenne y croit.

« Tout ça me donne espoir qu’ils voteront  pour l’environnement. Un message entendu par l’un des intervenants ayant pris le micro disait qu’il fallait voter pour l’environnement le 21. Or, l’environnement est représenté le plus efficacement par le Parti vert et je pense bien que cela va se traduire concrètement le 21 », a-t-il prédit.

Bien accueilli ici

Dans Ahuntsic-Cartierville, le candidat écolo affirme être fort bien reçu et que sa campagne va bien.

« Partout, le taux de réponse est incroyable. Si le pourcentage d’appuis que je reçois se traduit dans l’urne, je vais gagner les élections. Il fait rappeler aux gens qu’il est essentiel d’avoir des verts du Québec à Ottawa pour faire face à la crise environnementale ».

Alors que le Bloc québécois est en remontée dans les sondages, M. Lavarenne ne peut s’empêcher de solliciter le vote pouvant aller au parti créé par Lucien Bouchard.

« Le Bloc, selon lui, est un parti d’un projet qui n’est pas à l’agenda du Québec. Ce n’est pas la cause de l’heure, c’est l’environnement.»

Jean-Michel Levarenne a participé aux débats dans les cégeps se trouvant dans la circonscription pour faire passer le message toujours bien reçu par les jeunes qui tiennent à une planète saine. Et il fait siennes les propositions et politiques de l’arrondissement (il a déjà été très actif à Projet Montréal).

« J’ai trouvé très intéressantes les annonces lors de la journée marché public face à la Maison du Parcours Gouin au lendemain de la grande marche (il a été question d’un éventuel marché public et de mobilité). J’ai rencontré plusieurs électeurs et je ne me suis pas ennuyé ».

En cas de victoire le 21, Jean-Michel Levarenne voudra se faire le champion des groupes communautaires.

« Je m’engage à travailler avec eux, à être leur porte-parole, pour ce qui est du logement, de l’alphabétisation, de la lutte à la pauvreté, de la sécurité alimentaire, de l’agriculture urbaine, du transport durable et du transport actif. Les citoyens engagés sont une force phénoménale pour la circonscription et je veux être leur allié », a-t-il promis.

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