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Des élèves du programme Plein air de l’école secondaire La Dauversière jouent au kho-kho un jeu traditionnel indien, au parc Marcelin-Wilson. (Photo: François Robert-Durand, JDV)

Depuis deux ans, une concentration Plein air permet à des élèves de l’école secondaire La Dauversière, à Cartierville, d’étudier en profitant des grands espaces, de la nature et carrément en jouant dehors.

Pour plusieurs d’entre eux, c’est une découverte extraordinaire. Pour certains, c’est carrément une passion qui est en train de naître.

En file, de jeunes cyclistes sur des vélos orange traversent le boulevard de l’Acadie. Ils se rendent au terrain de soccer du parc Marcelin-Wilson. Ces élèves de l’école secondaire La Dauversière ont un cours d’éducation physique. Mais leur professeur leur enseigne bien plus que des mouvements de gymnastique.

La Dauversière vélo Plein air
Des élèves du programme Plein air de l’école secondaire La Dauversière se rendent au parc Marcelin-Wilson à vélo. (Photo: François Robert-Durand, JDV)

«Ils sortent pour tous les cours d’éducation physique. Donc au moins deux ou trois fois par semaine. Sporadiquement, pendant l’année, ils vont être appelés à sortir pour des cours de français, de géographie ou de mathématiques. À certains moments dans l’année, ils sortent dans la plupart des matières», indique leur enseignant, Guillaume Skelling.

Il est responsable depuis deux ans de la concentration Plein air qu’offre l’école. Les jeunes ont ainsi pu participer à des rallyes de mathématiques dans le parc ou à des cours d’art au milieu des arbres. Lors du cours d’éducation physique ils ont surtout l’air de s’amuser dehors.

Alors qu’il n’y avait que deux groupes de première année en 2022, il y en a maintenant cinq: deux en deuxième année et trois en première année.

«Le nerf de la guerre au début, c’est le financement et l’équipement. Après deux ans, nous avons une flotte de 30 vélos pour pouvoir partir avec un groupe complet à bicyclette. Nous avons acheté des raquettes, de l’équipement de ballon-balai, des casques, des pelles, des traîneaux et un peu d’équipement sportif pour pouvoir faire des sports extérieurs», énumère M. Skelling.

Des élèves de La Dauversière en voyage au parc national d’Oka. (Photo: courtoisie)

Ils ont aussi du matériel de camping et de cuisine de plein air. Quelques élèves de La Dauversière ont pu faire un voyage à vélo au parc national d’Oka à la fin de l’année scolaire passée.

«Nous sommes partis avec 12 jeunes. Nous avons fait 45 km de vélo et une nuit de camping là-bas sous la grosse pluie et des orages. Nous sommes revenus le lendemain. Nous avons roulé 90 km. La plupart des jeunes n’avaient jamais fait plus de 5 km à vélo dans leur vie», raconte M. Skelling.

Découvertes

Le quartier se distingue par un fort taux d’immigration. La grande diversité des origines, c’est ce qui fait la particularité de Cartierville. Proposer un programme de plein air dans une école publique, malgré les différences culturelles, peut paraître audacieux.

«Je n’avais absolument pas envie de faire “Plein air.” J’avais choisi “Musique” et il ne restait plus de places. Ils m’ont mis en Plein air parce qu’il fallait mettre des élèves dedans. Le premier jour, j’avais clairement dit au prof que cela ne m’intéressait pas de suivre son cours», raconte en riant Orlisse.

La jeune fille est non seulement restée dans ce cours, mais elle a tenté de convaincre ses amies de la rejoindre.

«J’ai essayé de vendre le Plein air le plus possible», confie-t-elle. Ce qui l’a le plus motivée: bouger!

«Ce que j’aime bien, c’est qu’on n’est pas tout le temps en classe. Je n’aime pas rester au même endroit», prévient-elle.

Elle trouve que cette façon d’apprendre permet également de briser certaines mauvaises habitudes. «Cela change des écrans, vraiment. Avant, si je n’étais pas à l’école, j’étais en train de regarder la télé chez moi», admet-elle.

Au-delà de l’intérêt des jeunes, il y a l’inquiétude des parents qui ne voient leurs enfants s’épanouir que dans une salle de classe devant un tableau et un professeur.

«Quand j’ai dit à ma mère qu’on sortait [étudier dehors], elle m’a dit non, c’est quoi ça?» dit Orlisse. Elle assure que cette façon d’étudier à La Dauversière n’affecte pas du tout ses résultats scolaires.

«À l’extérieur, on apprend une tonne de choses, sur les plantes, les oiseaux et plein de nouveaux trucs», renchérit son camarade Allens. Lui aussi a trouvé son bonheur dans ces cours à l’air libre.

«De ma vie, je n’ai jamais fait la plupart de ces activités. Ce sont de nouvelles expériences rafraîchissantes. Et on apprend plus de choses en même temps», plaide-t-il.

Il a commencé de son côté à pousser ses parents d’origine haïtienne à sortir dans les parcs éloignés, à apprivoiser la neige.

Dans une des classes de Plein air, il y avait également un élève d’origine syrienne venu comme réfugié avec ses parents.

Alors qu’on annonçait une grosse tempête une journée cet hiver, la rumeur circulait qu’on allait fermer l’école. Ce qui n’était pas le cas.

«On arrive le matin à La Dauversière et je dis à mes élèves, c’est ma journée préférée. Les profs n’avaient pas envie de venir travailler, mais nous avons reçu 20 cm de neige, tout est possible! Et mon élève syrien me lance: “Monsieur, ce matin, je me suis levé excité de venir à l’école”. Il était comme moi, plus motivé que jamais de venir. C’est un merveilleux exemple de type d’intégration, au plein air et au climat, qui n’est pas évident», narre l’enseignant Guillaume Skelling.

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Orlisse et Allens, élèves en concentration Plein air à La Dauversière. (Photo: François Robert-Durand, JDV)

Enjeux

Le plaisir sera toutefois de courte durée pour les jeunes. L’école La Dauversière ne reçoit des élèves que pour la première et la deuxième année du secondaire. Par la suite, ils rejoignent, pour la plupart, l’école Évangéline qui n’offre pas ce programme.

«C’est vraiment dommage. C’est ce qui manque à Évangéline», regrette la jeune Orlisse.

Par ailleurs, une telle concentration demande, outre un enseignant responsable motivé, la collaboration de responsables des autres matières. L’adhésion selon M. Skelling est très bonne actuellement à La Dauversière.

«Pour la réussite du programme, cela veut dire que je dois être en relation avec d’autres profs. Il faut des gens motivés, des passionnés. Nous essayons d’avoir une approche globale. Il y a le plein air à vivre dans plusieurs matières», remarque-t-il.

Un prof peut expérimenter une année ou deux le plein air puis décider de passer à autre chose. Un enseignant intéressé pourrait toutefois changer d’école. Rien ne garantit que cette concentration demeure, même si le programme semble gagner en popularité auprès des élèves et des professeurs.



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