(Source: Pixabay)

Valérie Plante et son équipe amorcent une transition vers une rédaction inclusive, féministe, et surtout, non sexiste: l’utilisation de la rédaction épicène dans les communications avec les citoyens et le personnel. C’est Émilie Thuillier, mairesse de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, qui est la responsable du dossier des communications au comité exécutif, et, par conséquent, des explications ayant trait à ce virage qui a déjà fait couler beaucoup d’encre.

Les employées et employés de la Ville de Montréal qui sont responsables de produire toutes formes de communication, interne ou externe, ainsi que l’ensemble des élus de la Ville entreprennent une formation qui leur permettra d’apprendre à utiliser une rédaction épicène (ndlr: voir plus bas).

L’objectif de ce changement, selon Mme Thuillier, est que chaque individu se sente interpellé par les communications produites par la Ville, nonobstant leur genre ou leur sexe.

« Cette décision va dans le sens d’une société qui se veut plus égalitaire et plus inclusive. Or, une façon d’atteindre l’égalité, c’est aussi par les mots », déclare la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville.

Qu’est-ce qu’une rédaction épicène ?

Selon l’Office québécois de la langue française (OQLF), la rédaction épicène consiste à écrire « un texte qui met en évidence de façon équitable la présence des femmes et des hommes, tout en préservant la lisibilité et l’intelligibilité du texte, donc sans nuire à la lisibilité et à la bonne compréhension de celui-ci ».

La définition s’applique aussi pour la communication orale.

Il y a différents procédés possibles afin d’adapter un texte ou un discours en une communication plus inclusive.

Entre autres, il est demandé de favoriser les mots épicènes, c’est-à-dire les mots « qui conservent la même forme au masculin et au féminin » (OQLF). Par exemple, en utilisant l’expression « la police » plutôt que « les policières et les policiers ».

« Adulte », « enfant », « électorat » et « population » sont d’autres exemples de mots épicènes.

Dans les cas où il n’existe pas de termes neutres, on emploie le féminin et le masculin, en plaçant le mot féminin en premier.

« Le féminin est placé en premier pour faciliter l’accord grammatical », explique Liara Brault, résidante d’Ahuntsic-Cartierville et enseignante de français au collège St-Jean-Vianney.

En effet, le masculin l’emporte toujours en français. Il est donc préférable que le masculin soit plus près de l’adjectif ou du verbe qui suit. Par exemple : « les citoyennes et les citoyens sont enjoués par l’arrivée de l’été ».

Mythe ou réalité ?

De nombreuses critiques craignent que la rédaction épicène ne soit pas inventée par des professionnels et qu’elle dénature la langue française.

Mme Thuillier souhaite donc préciser que, contrairement à ce qui est véhiculé, la communication épicène fut développée par des linguistes au cours des années 1980.

Elle fut grandement travaillée et améliorée dans les dernières années afin d’offrir une communication davantage inclusive, sans nuire à la beauté ou à la qualité du français.

« La Ville de Montréal ne va pas inventer la communication épicène, souligne-t-elle, nous allons uniquement l’utiliser ».

En entrevue avec journaldesvoisins.com, la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville répond à une autre critique concernant l’envergure du projet.

« Évidemment, nous ne formerons pas les 28 000 employés de la Ville », déclare-t-elle.

En effet, uniquement celles et ceux qui produisent des communications pour la Ville recevront la formation.

En outre, bien que le budget ne soit pas encore défini, Mme Thuillier précise qu’il s’agit de « coûts assez limités » étant donné que sera favorisé l’utilisation des ressources déjà existantes afin d’offrir la formation aux employés concernés.

Avis des citoyens

Journaldesvoisins.com a discuté avec quelques résidantes et résidants d’Ahuntsic-Cartierville afin d’obtenir leurs opinions sur cette annonce.

Les points de vue sur le sujet sont particulièrement mitigés. Les opinions dont nous n’avons pas reçu l’accord de publication resteront anonymes.

« Je n’y vois pas de problème parce qu’il est question de l’évolution de la langue. La nouveauté fait toujours peur », nous dit Liara Brault.

« R-I-D-I-C-U-L-E », écrit par ailleurs un résidant, sur les réseaux sociaux.

« Je pense qu’il est grand temps que les représentantes et représentants municipaux utilisent un langage plus inclusif, neutre et non binaire », écrit Carolane Foata.

 

« Infantilisant comme approche ! », écrit un autre résidant.

 

« Si l’on attend que la population soit tout à fait prête pour ce mode de communication, on va attendre longtemps. C’est normal, attendu et nécessaire que certains changements proviennent d’abord du gouvernement », déclare Nathalie Croussette.

 

 « Cette utilisation diminue, selon moi, la qualité du français de notre chère belle ville. Ayant une dyslexie et faisant de la dysorthographie, l’utilisation que ceux-ci veulent en faire peut à la longue nuire à mes acquis qui n’ont pas toujours été faciles à acquérir », dit Marie-Claude Ménard.

 

« Bravo ! C’est une très belle et bonne initiative », écrit une résidante.

 

« Contrairement à l’anglais, le français n’est pas une langue neutre. Il y a la notion du genre et ma crainte est qu’on “dégenre”  notre langue par principe d’inclure pour ne pas exclure. Personnellement, je trouve que de former des employés à la communication épicène est du gaspillage de fonds publics », déclare Josée Bellemare.

 

D’aucuns doutent de la pertinence de l’annonce de ce changement en période mouvementée de post-pandémie. D’autres pensent que, pandémie ou pas, la Ville a continué de gérer les dossiers habituels et les fonctionnaires de vaquer aux affaires courantes.

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