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L’ancien externat Sophie-Barat avait inspiré des étudiants en architecture 

Publié le 08/06/2018
par Stéphanie Dupuis

Une des maquettes proposées par les étudiants à la maîtrise en architecture de l’UdeM pour l’ancien Externat Sainte-Sophie (Photo: jdv S. Dupuis)

Le projet de restauration des ruines de l’ancien Externat Sainte-Sophie situé sur le terrain de l’école Sophie-Barat, sur Gouin Est, ne bougeait pas ? Qu’à cela ne tienne! Des étudiants en première année de la maîtrise en architecture de l’Université de Montréal ont repris le projet de restauration des ruines et en ont fait une exposition l’hiver dernier, à l’UdeM. L’idée originale de restauration des ruines, proposée en 2011, avait été rejetée il y a six ans par voie référendaire. Un projet d’agrandissement de l’école Sophie-Barat est maintenant dans la mire de Québec. Mais jetez un coup d’œil sur les esquisses de ces étudiants en architecture!

En 2012, ils n’étaient que quelque 70 résidants à s’être manifestés au référendum qu’ont mené Diane De Courcy, alors députée provinciale, et Maria Mourani, au fédéral. Les citoyens habitant à proximité ont été appelés à voter, à savoir s’ils souhaitaient voir les ruines voisines de l’école Sophie-Barat, se transformer en une Maison des arts et des lettres selon le plan proposé. Il n’en fallut pas plus pour que l’initiative tombe à l’eau, rejetée en majorité par le petit groupe.

Une défaite difficile à avaler pour les élus et les citoyens qui avaient récolté plus de 1000 signatures. Le Conseil du patrimoine de Montréal et le Comité spécial d’architecture et d’urbanisme de Montréal avaient également manifesté leur appui avant de voir naître les premiers coups de crayon du projet.

Renaissance?

Le citoyen Marc Coiteux, résidant d’Ahuntsic-Cartierville, a redoublé d’efforts à l’aube du 375e anniversaire de Montréal pour voir le projet renaître. C’est après avoir publié une lettre ouverte dans Le Devoir et effectué plusieurs appels infructueux auprès des élus qu’il a finalement inscrit le monument sur Héritage Montréal. Cette plateforme Web offre une chance de mettre en œuvre des actions pour préserver les sites historiques en danger, tout en permettant la recension de ces bâtiments patrimoniaux.

Bien que la loi ne laisse plus la possibilité de décider du sort d’un projet avec un taux de participation aussi faible qu’en 2012, le projet se trouvait encore, il y a quelques jours, sur la glace. La situation est imputable, notamment, au manque de budget de la CSDM qui peine à conserver ses écoles salubres et qui, à ce stade, ne pourrait débloquer de fonds à cette fin sinon appuyée substantiellement par les autres paliers de gouvernements d’une part, et sur le manque de propositions de projet d’autres parts.

Sur place dorment encore ces ruines de ce qui était auparavant un lieu d’éducation primaire et secondaire. L’état avancé de décrépitude se justifie par un incendie qui a ravagé le lieu en 1997.

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Des propositions variées

Agrandir l’école Sophie-Barat sur l’espace qu’abrite l’ancien externat Sainte-Sophie, dont la construction remonte aux années 1850, était un travail de taille pour les étudiants à la maîtrise en architecture.

 « Chaque année, on cherche un projet réel qui existe vraiment dans la communauté », lance Gilles Prud’homme, architecte invité à la faculté d’aménagement de l’Université de Montréal.

À la suite de discussions avec un professeur de l’école Sophie-Barat, son choix s’est arrêté sur ce projet.

« Pour moi, c’était très important de prendre ce projet-là. […] C’est super intéressant aussi puisqu’il y a une ruine, il y a eu un projet, mais abandonné depuis quelques années. […] Et on veut, avec eux, relancer ce projet-là », ajoute-t-il.

Une autre maquette présentée à l’exposition. (Photo: jdv S. Dupuis)

Les élèves avaient comme mandat à la fois d’imaginer la Maison de la culture et des arts tout en réhabilitant les ruines situées sur le boulevard Gouin Est.

« L’un des principaux défis était la ruine, comment faire intervenir une nouvelle construction avec une ruine », relate l’architecte de pratique privée.

Alors que les plans initiaux dévoilaient un bâtiment de quatre étages, quelques élèves proposent eux aussi un immeuble en hauteur, mais d’autres proposent plutôt de jouer sur la largeur.

« Il y a des projets qui sont très comprimés, et d’autres, très étendus. Il y a plusieurs similitudes, mais aussi beaucoup de variété dans ce qu’ont proposé les étudiants », explique le coordonnateur d’atelier au sujet des maquettes qu’il a dirigées.

Environ 35 des 68 projets produits en classe sont exposés. Certains montrent des maquettes proposant des terrasses extérieures, d’autres un lieu intérieur très vivant en plein cœur d’un bâtiment surélevé. Sautant de maquettes d’établissement d’enseignement d’un style moderne à plus traditionnel, les étudiants ont proposé des plans qui respectent et mettent en valeur le monument patrimonial.

Suffisant pour réanimer le projet ?

En entrevue avec journal des voisins en octobre 2015, Marc Coiteux disait vouloir voir naître un mouvement citoyen pour raviver le projet.

Qui sait ? Ces nouvelles maquettes de l’ancien externat Sainte-Sophie ont peut-être ouvert la porte au projet d’agrandissement de l’école annoncé vendredi par la députée Marie Montpetit. Et le mur qui ceinture le terrain fera peut-être partie du projet d’agrandissement, l’entrepreneur profitant des travaux pour le solidifier et le remettre en état, s’il a le feu vert de la CSDM.

L’exposition des étudiants à la maîtrise en architecture avait lieu en janvier dernier au pavillon de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal au 2940, chemin de la Côte-Sainte-Catherine.

Cet article a été publié en janvier 2017 et mis à jour le 1er juin 2018, par Christiane Dupont.

Photo-reportage des autres maquettes réalisées par des étudiants à la maîtrise en architecture de l’UdeM et présentées à l’exposition. (Photos: jdv S. Dupuis)