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Capsule ornithologique

Le Pic maculé: tout couvert de taches!

Publié le 25/03/2018
par Jean Poitras

Pic maculé femelle (Photo: Jean Poitras)

(Yellow-bellied Sapsucker)         (Sphyrapius varius)

La majorité des pics nichant au Québec sont des résidants permanents, donc ne migrent pas en hiver. Tout au plus se déplacent-ils au gré de la disponibilité de leur nourriture. Il y a toutefois trois exceptions notoires: le Pic flamboyant, le Pic à tête rouge et le Pic maculé.

Le Pic maculé possède une tête striée de noir et blanc sur laquelle on trouve une tache rouge sur le front, des joues jaunâtres et une nuque jaunâtre aussi, mais tachetée de noir. Il porte sur la poitrine une bavette noire qui délimite une gorge rouge chez le mâle et blanche chez la femelle.

Le dos et le dessus de la queue sont noirs tachetés de blanc, parfois avec une teinte jaunâtre, et les ailes sont noires avec une large bande blanche. La poitrine sous la bavette noire est jaune tachetée de noir et le bas ventre blanc est lui aussi tacheté en noir. Toutes ces taches qui parsèment le corps de l’oiseau lui ont valu son nom « maculé ».

Pic maculé mâle (en automne) – photo: Jean Poitras

Vous remarquerez sur l’une des photos que sa patte se prolonge de quatre longs doigts griffus, deux tournés vers l’avant et deux autres vers l’arrière.

Noël 2018 sur Fleury Ouest

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Distribution et migration

On retrouve ce pic en été dans les régions boisées de toutes les provinces canadiennes, au Yukon et dans la partie ouest du Nunavut. En Colombie-Britannique, il ne s’y trouve que  dans la région nord et il est absent de la majeure partie du Labrador.

Au Québec, on peut l’observer au sud d’une ligne qui va de la Baie James jusqu’à Fermont. Il est absent de la basse Côte-Nord.

En hiver, il se réfugie dans les  états du sud et du centre-sud des États-Unis à l’est des Rocheuses et aussi en Amérique Centrale et du Sud, d’où il nous revient en mai pour nicher.

Dans Ahuntsic-Cartierville, cherchez-le dans nos grands parcs urbains comme ceux de l’Île-de-La-Visitation, le Boisé de Saraguay, le Parc des Bateliers ou le Boisé de Liesse.

Il est assez abondant sur l’ensemble de son territoire.

Habitat et nidification

Le Pic maculé niche dans les forêts ou boisés de feuillus matures ou les forêts mixtes, là où les feuillus dominent. Il préfère un endroit où il y a une éclaircie ou un plan d’eau.

Son nid est creusé dans un tronc d’arbre d’un diamètre de plus de 25 cm, à une hauteur de moyenne à élevée, et il en est très souvent le premier utilisateur puisqu’il a tendance à en creuser un nouveau à chaque année. Il en tapisse le fond de brindilles, d’herbes ou de petites feuilles et y pond environ cinq œufs.

Alimentation et comportement

Ce pic a pour habitude notoire de creuser des petits trous équidistants sur plusieurs lignes parallèles, ce qui cause un écoulement de sève dont il se nourrit grâce à une langue en forme de pinceau. Ça lui a valu son nom anglais de « Sapsucker ». Si vous apercevez ces trous sur le tronc d’un arbre, c’est un signe qu’un Pic maculé fréquente ou a fréquenté l’endroit. Contrairement à une croyance populaire, il semble que ce comportement ne cause que peu de dommage aux arbres.

Cet écoulement de sève attire aussi des insectes, fourmis, mites et autres, dont le pic se régalera lors de ses visites. Il ne dédaigne pas les insectes qu’il peut capturer au vol ou sur le sol, et aussi les petits fruits de la saison estivale.

Comme certains autres espèces de pics, notre Maculé aime bien tambouriner sur des poteaux, des structures d’habitation, que les surfaces soient en bois ou métalliques, en autant que ça résonne fort! Cette façon de marquer le territoire agace parfois profondément les résidants propriétaires ou voisins de ces structures, car les pics s’y adonnent avec ferveur de l’aube au couchant.

À l’instar des autres pics il ne chante pas, mais il émet une succession de cris à la fois plaintifs et agressifs qui peuvent ressembler à un « miaouw » ou un « piaouw ». C’est une autre façon de marquer un territoire.