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Capsule ornithologique

Le Pigeon biset: un mal-aimé urbain

Publié le 11/02/2018
par Jean Poitras

Une variation de plumage – photo: J. Poitras

( Rock Dove   –  Columbia livia)

Présent dans presque toutes les villes nord-américaines, le Pigeon biset a été introduit en Amérique, depuis l’Europe, par les premiers colons. La majorité des individus que l’on retrouve, tant ici qu’en Europe, sont issus d’oiseaux domestiqués retournés à la vie sauvage. Il existe encore en Europe et Asie des colonies de pigeons souche mais celles-ci sont de plus en plus métissées avec leurs congénères domestiques à un point tel que la différenciation en devient très ardue.

Le pigeon des villes n’a pas bonne réputation. Ses fientes et son roucoulement incessant causent préjudice à l’Homo Urbanis et si on ajoute à cela sa réputation surfaite à l’effet qu’il soit un vecteur de maladies, en voilà assez pour que certains prônent son éradication.

La domestication du Pigeon biset par l’homme date de l’Antiquité. En effet, attiré par les constructions en hauteur des bâtiments, l’oiseau trouva rapidement un allié en l’homme qui lui fit des niches, les colombiers, pour pouvoir avoir de la viande fraîche et des œufs sous la main. De plus, sa propension à retourner facilement à son colombier natif en fit l’objet d’une utilisation de communication que les militaires ont su mettre à profit, jusqu’à la Première Guerre mondiale, avant l’apparition des communications radio.

Son look

Voyons d’abord à quoi ressemble l’animal.

Le plumage original (en avant plan) – photo: J. Poitras

Il a la tête et le cou foncés avec une iridescence violacée ou verdâtre, un corps en différentes teintes de gris, les ailes et le bout de la queue marqués de bandes noires, et un croupion blanc surtout visible à l’envol. On note aussi une tache blanche à la base du bec et des pattes rosées. Sa taille est d’une trentaine de centimètres, son envergure d’ailes atteint environ 65 centimètres et son poids avoisine les 500 grammes.

Des siècles d’hybridation sélective ont produit des oiseaux allant du blanc presque pur jusqu’à une forme foncée en passant par une variété de formes mouchetées. On observe souvent l’une ou l’autre de ces variétés dans les groupes de pigeons croisés au hasard de nos randonnées.

Son roucoulement, un doux « Rrrou-crou-couuu » est familier de tous. On voit souvent le mâle, en mode séduction, pencher la tête vers le sol et se gonfler la gorge pour ces vocalises.

Logement

Originalement, le Pigeon biset nichait dans les parois de falaises abritées d’où le nom anglais de Rock Dove. Comme mentionné plus haut, il sut vite tirer parti de la présence de constructions humaines en s’installant sur les corniches ou les alcôves de celles-ci. Il est grégaire et donc niche en colonies plus ou moins importantes selon le lieu. Il se nourrit et se déplace en groupe.

Il est présent sur tous les continents sauf l’Antarctique. En Amérique du Nord, on le trouve au sud d’une ligne partant du Labrador, passant sous la Baie James et aboutissant au Pacifique à Prince Rupert. Il est par contre absent des Rocheuses.

À Montréal, il est omniprésent et profite des ponts et viaducs de la ville, notamment dans Ahuntsic sous le Pont Papineau-Leblanc ou près du site des moulins (hélas négligé).

Il ne migre pas mais se déplace au gré des possibilités alimentaires.

Nidification et alimentation

Ce colombidé aime les corniches, rebords de fenêtres, greniers et autres structures pour y installer son nid fait de brindilles grossièrement assemblées. Il y pond un ou deux œufs blancs et peut avoir plusieurs nichées par année, parfois même en hiver. Les deux parents s’occupent de l’élevage des oisillons.

Le Pigeon biset se nourrit au sol de graines et céréales, qu’il complète quelquefois de miettes de nourriture, en milieu urbain, laissées volontairement ou non par l’homme. À cet effet, il est fréquent de voir des gens nourrir les pigeons dans les parcs, mais cette pratique n’est pas recommandée.