La députée d’Ahuntsic-Cartierville rencontrant des citoyens de sa circonscription. (Photo: archives JDV)

En cette rentrée parlementaire, quelles sont les priorités de Mélanie Joly, députée d’Ahuntsic-Cartierville et ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles? Journaldesvoisins.com a fait le point avec elle le 29 janvier.

La COVID-19 pèse encore très lourd dans le quotidien des élus.

« Mon bureau a fait une ronde de 20 000 appels ces derniers jours et rejoint 10 000 citoyens, explique Mélanie Joly. La priorité des gens, c’est clairement la pandémie. »

La députée se réjouit que plus de 2 400 personnes aient déjà été vaccinées dans la circonscription, mais déplore qu’Ahuntsic-Cartierville présente un taux de positivité aux tests de la COVID parmi les plus élevés au pays.

« J’en déduis que les gens ne se font pas suffisamment tester ou attendent trop longtemps, notamment ceux qui ont des membres de leur entourage qui ont été testés positifs, explique-t-elle. Et notre comté abrite une grande proportion de travailleurs de la santé ou des secteurs essentiels, qui sont très exposés au virus. »

Mme Joly ajoute que plusieurs personnes hésitent à se faire tester et à se mettre en quarantaine, de peur d’affecter leur situation financière. Même quand ils présentent des symptômes de la COVID.

« Ils ne devraient pas hésiter, car ils peuvent bénéficier des programmes d’aide gouvernementaux, dit-elle. Je les encourage à téléphoner à mon bureau pour avoir plus d’informations. »

Mélanie Joly, qui fait partie du comité du cabinet fédéral de la COVID-19, ne s’en fait pas avec les retards de livraisons des vaccins, notamment ceux de Pfizer, dont l’usine belge, qui approvisionne le Canada, a dû interrompre sa production pour s’agrandir.

« J’ai pleinement confiance que nous pourrons vacciner toutes les personnes qui le désireront, d’ici septembre 2020, dit-elle. D’ici là, il faut maintenir les mesures sanitaires et la distanciation sociale pour atteindre l’immunité collective… »

Allocation canadienne pour enfant

Nombreux sont les parents de jeunes enfants, lecteurs du Journaldesvoisins, qui s’inquiètent de ne pas avoir touché la première tranche de la prestation additionnelle de 1 200 $ de l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) promise par le gouvernement Trudeau pour 2021, l’automne dernier.

Ottawa avait en effet annoncé en novembre un premier versement de 300 $ de ce supplément aux trois mois, avec l’allocation habituelle du mois de janvier 2021 et ainsi de suite durant l’année. Ce qui ne s’est jamais produit, à la grande déception de certaines familles du territoire, notamment.

« La mesure est budgétée et je suis en contact constant avec la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, qui gère ces prestations, reprend Mme Joly. On a besoin de l’appui des partis de l’opposition pour voter cette mesure. La Chambre des communes a repris ses travaux le 25 janvier et la bonification de l’ACE fait partie des priorités du gouvernement. Mais nous sommes minoritaires : il faut l’appui des partis de l’opposition pour aller de l’avant. »

Dès que la mesure sera adoptée, Ottawa mettra les bouchées doubles pour que les chèques soient envoyés rapidement, mais Mme Joly n’a pas précisé d’échéance :

« Les gens en ont besoin, on le reconnaît. On a mis sur pied l’ACE, qui a fait une énorme différence au pays, dit-elle. Rien que dans Ahuntsic-Cartierville, cette allocation a hissé plus de 3 000 familles hors de la pauvreté. On a promis une bonification, elle va se faire. »

REM et ligne orange

Au sujet du prolongement du REM vers l’aéroport, Mélanie Joly ne veut pas négocier sur la place publique. D’autant plus que le gouvernement Legault décline fermement, depuis des mois, toute contribution supplémentaire à la portion aéroportuaire, arguant que l’infrastructure est de juridiction fédérale. Mme Joly maintient que les négociations se poursuivent quand même avec Québec et Montréal, et que le REM va se rendre coûte que coûte à l’aéroport.

Elle ajoute qu’il se développera un quartier autour de la station Bois-Franc du REM. Que c’est un de ses engagements électoraux. Et qu’elle travaille activement à la prolongation de la ligne orange du métro vers la gare Bois-Franc.

« Le dossier avance rondement; j’en discute constamment avec tous les élus impliqués », dit-elle, sans avancer de date pour une annonce.

Avions, bruit, et fenêtres

Mélanie Joly est surprise qu’on lui demande son opinion sur les nuisances causées par le bruit généré par le trafic aérien, alors qu’il a diminué de plus de 90 % depuis le début de la pandémie. Mais nombreux sont les lecteurs qui contactent le JDV sur le sujet, car ils redoutent que leur qualité de vie soit durement affectée quand le transport aérien redécollera.

« C’est une préoccupation et je travaille avec toutes les parties impliquées pour trouver une solution, notamment avec la direction d’Aéroports de Montréal, dit-elle. Il faut trouver un équilibre entre les réalités d’exploiter un aéroport et la qualité de vie citoyenne. »

À ce sujet, elle retient qu’Ottawa a budgété un programme d’aide à la rénovation résidentielle avec des matériaux verts, une mesure qui attend son approbation aux Communes.

« Les gens pourront en profiter pour installer des fenêtres ayant de meilleures propriétés écoénergétiques et qui, en même temps, seront davantage résistantes au bruit », dit-elle.

 

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Céline Racicot
Céline Racicot
2 Mois

Oui l’aéroport MONTRÉAL-TRUDEAU est une véritable nuisance sur l’Ile de Montréal, il faudrait que le premier ministre Trudeau admette que c’est une erreur de développement urbain et le transférer à Mirabel-Trudeau. Les voyageurs qui sont prêts à parcourir le monde n’auraient qu’à faire quelques kilomètres de plus avant de s’envoler. Oui comme le disait Carole Charbonneau, c’est une préoccupation de santé publique et qui est très bien documentée par les meilleurs scientifiques. Et s’il vous plait, si vous êtes obligés de prendre l’avion, à défaut de votre voilier, ne partez pas entre 11h00 et 8h00 le matin, laissez-nous dormir.

Denis Riverin
Denis Riverin
2 Mois

C’est un copié-collé de la réponse de ADM au bruit: fermez-vos fenêtres 24h sur 24. C’est ce que répondais Marc Garneau aussi. Difficile maintenant de faire du télé-travail quand 400 avions passent au dessus de nos maisons. Ahuntsic est devenu invivable, d’ailleurs, dans ma rue on ne dit plus qu’on habite Ahuntsic-Cartierville, on dit qu’on habite le quartier 06G-24D.
Denis Riverin

Pierre-Jean Cano
Pierre-Jean Cano
2 Mois

Voilà la preuve qu’elle est parachutée et qu’elle n’habite pas son quartier. La pollution du bruit ne se combat par les plantes et les arbres mais par une reconnaissance des faits. La pollution aérienne de cet aéroport en ville ne s’arrêtera pas avec ses fenêtres écolo. Je suis déçu de cette ministre, j’espère qu’elle sera battu à la prochaine élection. Nous méritons une personne qui se soucie des véritables problèmes de notre quartier qui résonneront à plein volume de nouveau lorsque nous serons tous et toutes vaccinés.

Valerie Benard
Valerie Benard
2 Mois

Quelle arrogance de la part de Madame Joly que de nous suggérer à nous, modestes citoyens, de prévoir notre budget en fonction et d’installer des fenêtres « ayant de meilleures propriétés écoénergétiques et qui, en même temps, seront davantage résistantes au bruit » pour préserver notre santé en tentant de combattre le bruit incessant des avions qui sont le résultat de l’immobilisme des politiciens fédéraux. Dois-je également faire fenestrer ma cour en entier pour pouvoir en profiter lorsqu’il y aura le « retour à la normale »?! Quel équilibre peut-on trouver entre les réalités d’exploiter un aéroport au cœur même de la ville la plus densément peuplée du Québec et la qualité de vie citoyenne?
Et quelle lâcheté des politiciens fédéraux que de refuser systématiquement d’imposer un couvre-feu de 23h à 7h et d’exiger une enquête publique sur l’impact de ce trafic aérien sur la santé des citoyens et de l’environnement, afin de corriger les erreurs du passé.
En autorisant l’ADM à faire voler à toutes heures du jour et de la nuit des avions au-dessus de zone fortement peuplée, à mon humble avis, les politiciens cautionnent sans réserve cette organisation cavalière qui s’en prend maintenant aux organisateurs de groupes de citoyens, qui lutte contre cette nuisance, en exigeant le paiement de 20 000$. C’est révoltant!

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