Le bâtiment principal de l’Institut Pacifique sera réhabilité, mais la section à l’ouest sera démolie. (Photo: Mélanie Meloche-Holubowski)
Le bâtiment principal de l'Institut Pacifique sera réhabilité, mais la section à l'ouest sera démolie. (Photo: Mélanie Meloche-Holubowski)
Le bâtiment principal de l’Institut Pacifique sera réhabilité, mais la section à l’ouest sera démolie. (Photo: Mélanie Meloche-Holubowski)

La période de questions du dernier conseil d’arrondissement a été largement monopolisée par l’agrandissement de l’Institut pacifique, sur Gouin est. Tandis que les voisins s’inquiètent des impacts du projet, l’organisme à but non lucratif fait des pieds et des mains pour modifier de nouveau leurs plans afin « d’être un bon voisin. »

Le projet devait être soumis en deuxième lecture lors du conseil mardi, mais a été retiré de l’ordre du jour, afin de donner plus de temps à la réflexion. « On essaie de trouver un terrain d’entente, en tenant compte des appréhensions que le projet peut causer aux résidants immédiats », a expliqué la conseillère du Sault-au-Récollet, Lorraine Pagé.

« Les gens de l’Institut sont à travailler des modifications. Laissons travailler nos ressources techniques avec eux », a-t-elle ajouté pour tenter d’apaiser les citoyens venus se faire entendre sur le sujet.

Le projet d’agrandissement de ce vieux bâtiment, construit autour de 1910, comprend la démolition d’une partie de l’immeuble actuel, l’agrandissement de celui-ci vers l’arrière ainsi que le réaménagement du stationnement.

 Historique du bâtiment

Le bâtiment principal été construit en 1910 sur l’ancienne propriété de la famille de Louis Dagenais. Elle a été achetée par l’Épiscopat de Montréal en 1956 pour y implanter un orphelinat nommé Foyer de Mariebourg. Puis, de 1966 à 1976, l’Université de Montréal y a implanté son Centre de psychoéducation. En 1976, la propriété passe entre les mains de l’Institut Pacifique (alors le Centre Mariebourg). Entre 1976 et 1980, on y permet un agrandissement du côté ouest.

Journaldesvoisins.com a visité l’Institut cette semaine afin de mieux comprendre l’ampleur du projet.

En entrant dans le bâtiment, il est clair que l’immeuble a besoin d’importantes rénovations. Le bâtiment est un dédale de petites salles disparates pour les jeunes et les employés, l’entreposage d’équipement et un minuscule gymnase entrecoupé par un poteau de béton. Le système de chauffage n’est plus fiable et le bâtiment centenaire a subi des problèmes d’infiltration d’eau.

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Le petit gymnase de l’Institut pacifique (Photo : Mélanie Meloche-Holubowski)

« On respecte toutes les normes de sécurité, mais ce n’est clairement pas du luxe », dit la directrice de l’Institut pacifique, Shirlane Day.

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(Photo: Mélanie Meloche-Holubowski)

Le projet ne vise pas à accroître les activités du centre, tient à préciser Mme Day, mais simplement à obtenir des locaux plus modernes et fonctionnels.

Elle dit que plusieurs informations erronées circulent présentement à propos du projet et que l’Institut a tenté de corriger le tir lors d’une rencontre avec les citoyens le 28 septembre dernier.

« Par exemple, il n’a jamais été question d’un débarcadère d’autobus comme certains prétendent. Il n’y aura pas de grosse cafétéria – on parle d’une cuisine pour les employés et les enfants. Ce ne sera pas de la tôle laide comme pour un bâtiment industriel. Il n’y aura pas de turbines sur le toit. Nos bâtiments ne dépasseront pas les toits des voisins et la mezzanine ne seras pas un penthouse… »

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(Photo: Mélanie Meloche-Holubowski)

Plus de cinq ans de contestation citoyenne

Mme Day se dit consternée par toute cette contestation. Elle précise que plusieurs modifications ont été apportées au projet, à la suite des rencontres avec les voisins. De plus, elle rappelle que l’Institut tente de trouver une solution à leur problème de locaux depuis plus de cinq ans, mais est continuellement confronté à la contestation des citoyens.

Certains citoyens ont même suggéré que l’Institut déménage du lieu qu’il occupe depuis plus de 40 ans. « On a déjà essayé de vendre (en 2011). On a même eu une offre d’achat. » Mais les citoyens s’étaient alors opposés au projet de condominiums proposé par le promoteur. Ce dernier a choisi de retirer son offre d’achat, craignant de ne pouvoir jamais y construire un bâtiment. « On fait fuir tout le monde… », se désole Mme Day.

L’Institut a ensuite tenté de vendre à un particulier afin que toute construction sur le terrain ne dépasse par la grandeur d’un triplex. Les voisins s’y sont de nouveau opposés.

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(Photo: Mélanie Meloche-Holubowski)

« Les années passent et le bâtiment continue de se détériorer. Si on ne fait rien, on ne pourra plus rester et les voisins seront pris avec un bâtiment vide, barricadé et qui tombe en morceaux…  »

« On oublie dans toute cette contestation que nous allons améliorer le bâtiment et donc embellir le quartier. » – Shirlane Day

Lorsque ce dernier projet a été présenté en 2015 aux résidants, il y avait pourtant eu peu de contestation, selon Mme Day. « On pensait que les gens étaient d’accord avec les plans. Tout d’un coup, maintenant c’est un problème. »

Pourtant, le projet a reçu l’aval du conseil consultatif d’urbanisme et même du Conseil du patrimoine de Montréal. « Vous ne savez pas à quel point on a fait nos devoirs, à quel point on a étudié, tout considéré. »

Malgré tous les obstacles, Mme Day est convaincue que l’Institut sera capable d’apaiser les craintes des voisins et éviter la tenue d’un référendum, qui risque de créer encore plus de tensions entre les résidants.

Elle promet de bientôt informer les résidants des nouvelles modifications au projet. « Nous voulons rester. Nous voulons être de bons voisins. »

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