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Manque de mordant pour le projet «croque-glace»?

Publié le 28/02/2019
par Christiane Dupont

(Source: site Web de Gryb)

«Croque-glace», c’est le nom que leur donne la mairesse de Montréal, Valérie Plante. En fait, l’appareil se nomme un «brise-glace rotatif». L’an dernier, la Ville de Montréal a acheté une dizaine de ces appareils, au coût de 20 000$ chacun, en vue d’un éventuel déglaçage des rues de Montréal, plutôt que de déneigement. Depuis, elle en a également loué quelques autres. La Ville en a prêté aux arrondissements qui en ont fait la demande. Ahuntsic-Cartierville fait partie de ces arrondissements. Un brise-glace rotatif fait présentement l’objet de tests autour du métro Sauvé et dans quelques rues résidentielles du territoire.

Selon Marlène Ouellet, chargée de communication de l’arrondissement, il s’agit d’un dispositif fourni par le Service du matériel roulant et approvisionnement de la Ville-centre à l’arrondissement pour évaluation.

Juste un, pas assez

En entrevue avec journaldesvoisins.com, la semaine dernière, le directeur des Travaux publics de l’arrondissement, Dominique Paquin, avait d’ailleurs mentionné que l’arrondissement possédait un seul de ces appareils.

«Un seul n’est pas assez, dit-il. Il faut encore les tester. C’est un projet qui démarre. On ne peut pas s’attendre à des miracles.»

Également questionnée à ce sujet, la semaine dernière, la porte-parole de la Ville-centre, Marilyne Laroche-Corbeil, avait déclaré au jdv:

«La Ville est propriétaire de 10 croque-glace [9 croque-glace pour les trottoirs et 1 croque-glace pour les rues et ruelles] et en a loué 10 supplémentaires afin de faire face aux conditions particulières qui prévalent cet hiver. Les croque-glace ont été répartis dans les arrondissements qui en ont fait la demande, et sont utilisés depuis le début de l’hiver, lorsque les conditions le permettent. Afin d’être efficaces et de ne pas abîmer les trottoirs, les croque-glace doivent être utilisés lorsque l’épaisseur de la glace et la largeur du trottoir sont suffisantes. »

Épaisseur minimale requise

En fait, l’épaisseur de la glace recommandée pour l’utilisation de ces appareils serait de 1 pouce.

Selon Marlène Ouellet, chargée de communication, l’arrondissement dispose actuellement d’un dispositif croque-glace qui est mis à l’essai pour déglacer des trottoirs notamment à proximité des stations de métro.

«Oui, nous avons fait plusieurs tests dans différentes situations. La phase de test se poursuivra jusqu’à la fin de l’hiver notamment dans les secteurs résidentiels de l’arrondissement et une évaluation sur la performance du dispositif sera transmise aux décideurs de l’arrondissement. Pour l’instant l’équipe des travaux publics arrive à la conclusion que cet équipement fonctionne bien (…) Le résultat est bon, ajoute-t-elle, mais le rythme de l’opération est très lent.».»

Marlène Ouellet précise:

«(…) le croque-glace est un accessoire qui doit être installé -et retiré- sur un appareil de déneigement des trottoirs qui est également utilisé lors des opérations de déblaiement et de chargement de la neige. La lenteur de l’appareil muni d’un croque-glace de même que l’opération d’installation et d’enlèvement du dispositif, soit approximativement deux heures, pose un important défi opérationnel aux équipes de déneigement.»

Toujours selon Mme Ouellet, le dispositif croque-glace sert à affaiblir la glace se trouvant à la surface des trottoirs. L’opération nécessite plusieurs passages de l’appareil (souvent plus de cinq, dit-elle) et l’appareil muni du croque-glace doit être suivi d’un autre appareil qui retire la glace dégagée par le croque-glace.

Un produit québécois

C’est l’entreprise Gryb, de Victoriaville, qui a mis au point cet appareil innovant. Déjà, semble-t-il, les commandes affluent d’un peu partout en provenance du Québec, de certains états américains, et pays d’Europe.

Dans un article publié sur le portail Constructo par le journaliste Michel Bouchard, le directeur des Travaux publics de la ville de Victoriaville –Michel Lachapelle– qui utilise ces appareils, affirmait ce qui suit:

«La Ville de Victoriaville utilise le système de brise-glace rotatif depuis un moment déjà. Le rouleau s’attache devant des véhicules qui n’étaient pas destinés à cet usage auparavant. Plutôt que de tout faire le travail avec une seule niveleuse sur la route, nous avons un arsenal de quatre véhicules supplémentaires pour venir à bout rapidement de la glace. Le brise-glace offre un excellent rendement, nous n’avons pas à passer deux fois au même endroit, le travail est vite fait et bien fait. »

Et concernant la flexibilité d’installation de l’appareil brise-glace, contrairement à un autre appareil auquel on doit ajouter une partie dentelée pour la glace, M. Lachapelle de préciser:

« Pour procéder au déglaçage, il faut munir la niveleuse d’une gratte dentelée, ce qui se fait dans les garages par des mécaniciens. Or, le brise-glace s’installe en quelques secondes grâce au système d’attache rapide. L’opérateur peut le faire tout seul en un clin d’œil. »

Achat critiqué

L’achat de croque-glace a été critiqué par l’Opposition officielle de Montréal, et par les cols bleus, reprochant à l’administration Plante d’en faire une «opération de relations publiques» et ajoutant que le produit ne serait pas efficace sur des surfaces de trottoirs comme à Montréal, par exemple. Évidemment, l’entreprise Gryb défend son produit.

Parlant de produits différents pour s’attaquer à la glace, TVA Nouvelles rapportait le 20 février dernier que certains arrondissements montréalais testent une nouvelle machine pour briser la glace. Il s’agirait d’un appareil que ses inventeurs –Steve Charbonneau et son père– surnomment le «Ice Eater». Cet appareil qui se vend 35 000$ fonctionne, attelé à un tracteur, avec des couteaux en rotation qui broient la glace. Le croque-glace, lui, est plutôt un rouleau muni de pics pour perforer la glace.

Voir le vidéo qui présente le brise-glace rotatif. Ce vidéo a été fourni par la Ville et a été publié sur le site du journal Le Devoir.

Pour en savoir plus sur les brise-glace rotatifs, voici un article de Michel Bouchard à lire sur le Portail constructo.