Circonscription de l’Acadie (source: DGEQ)

Une étude révèle que les deux tiers des entreprises de fabrication et grossistes dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, surtout dans le secteur Chabanel, ont une forte propension à mettre l’anglais en évidence, comme page d’accueil, ou à n’avoir que la langue de Shakespeare à des fins de transaction.

Des militants péquistes de l’Acadie ont mis la main à la pâte pour voir ce qui en est de l’utilisation du français sur le site Web des entreprises d’ici.

Un premier exercice avait été fait l’an dernier dans la circonscription de Saint-Laurent et les résultats en avaient étonnés plus d’un; des centaines de plaintes ont été acheminées à l’Office québécois de la langue française (OQLF) qui a commencé à intervenir auprès des récalcitrants.

Plus à l’est, dans ce qui correspond à la circonscription provinciale de L’Acadie, la situation n’est pas rose non plus, notamment dans la Cité de la mode et du design, où le français ne fait pas figure de proue.

En se référant aux chiffres officiels des gouvernements, notre arrondissement compterait  166 entreprises de fabrication et 191 entreprises grossistes; 236 ont pu être joints pour l’étude, des entreprises avec un site Web de présentation ou un site Web transactionnel.

« Notre étude confirme cette présence massive de l’anglais sur les sites Web des entreprises de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, a affirmé le militant souverainiste, Jean Archambault. Globalement 66,5 % des entreprises utilisent un site Web unilingue anglais ou un site Web  affichant d’abord la page d’accueil en anglais. Cette proportion est légèrement moins élevée que celle que nous retrouvions dans notre étude des sites Web de l’arrondissement Saint-Laurent (69,2 %). Nous identifions cette constante autant dans le domaine de la fabrication (70,1 %) que des grossistes (64 %). La proximité du milieu francophone expliquerait que les grossistes soient plus sensibilisés à inclure du français dans leur site Web, mais il reste que ce pourcentage de sites Web unilingues français et de sites Web affichant d’abord une page d’accueil en français représente moins du quart des grossistes », a-t-il vivement déploré, à quelques jours de la Fête nationale des Québécois.

En somme, comme dans Saint-Laurent, la part des sites Web unilingues anglais (25,4 %) dépasse celle de toutes les plateformes unilingues françaises et des sites Web affichant d’abord la page d’accueil en français (23,7 %).

Plaintes OQLF

Le 15 novembre dernier,  423 plaintes concernant des entreprises de Saint-Laurent ont  été déposées auprès des autorités, de préciser M. Archambault. L’OQLF ayant statué que plus de 92 % des plaintes étaient fondées, par conséquent l’ensemble des entreprises fautives feront l’objet d’une intervention spécifique.

Concernant la circonscription de L’Acadie, les plaintes seront expédiées à l’OQLF en septembre.

« Certaines compagnies sont chez nous au moins depuis les années 1950 et ont leur siège social à Montréal, a poursuivi Jean Archambault. Les ministres Christine Saint-Pierre (Libéral-L’Acadie) et Mélanie Joly (Libéral-Ahuntsic-Cartierville) ont largement choyé financièrement ce secteur. Si ces deux ministres dénoncent facilement l’islamophobie, pourquoi elles n’en font pas autant contre des compagnies que nous pouvons dire qu’elles sont francophobes », a-t-il martelé.

Le militant souverainiste a cité en exemple l’entreprise Lamour Ltée (sur Louvain) qui a son siège social à Montréal depuis les années 1950; elle compte une centaine de travailleurs et possède  un site unilingue anglais.

Il a aussi parlé de la compagnie 123 Compute (dans St-Laurent) qui a maintenant un site en français après une dure lutte. L’entreprise, a-t-il mentionné, ne voulait rien savoir du français en allant jusqu’à faire circuler une pétition en anglais demandant rien de moins que l’abolition de l’OQLF.

Le Français à respecter

Joint par journaldesvoisins.com, le bureau des  communications de l’OQLF a été clair sur la réglementation en vigueur sur notre territoire.

« La Charte reconnaît notamment aux personnes le droit d’être informées et servies en français par les entreprises établies au Québec, a rappelé Julie Létourneau, conseillère en communication. Lorsqu’ils servent à diffuser de la publicité commerciale d’une entreprise établie au Québec, les sites Web sont soumis à l’application de la Charte. Lorsqu’une entreprise a un établissement au Québec et qu’elle est en activité dans la province, elle doit rédiger au moins en français toutes ses communications de nature commerciale, comme un site Web. L’utilisation d’une autre langue n’y est toutefois pas interdite, mais cette autre langue ne doit pas l’emporter sur le français », a-t-elle précisé au jdv.

La démarche de l’Office consiste d’abord à tenter de ramener les entreprises à la raison.

Il communique d’abord avec elles pour faire les vérifications d’usage.

« Si le site est jugé non conforme à la Charte, l’OQLF demande à l’entreprise de procéder à sa traduction. L’accompagnement que l’Office effectue auprès des entreprises permet de régler la presque totalité des plaintes avec leur collaboration sans avoir recours aux tribunaux. Ce sont d’ailleurs les tribunaux, et non l’Office, qui ont compétence pour imposer des amendes. Ce moyen n’est utilisé qu’en dernier recours  », a conclu Mme Létourneau.

 

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Alain Querry
Alain Querry
5 Années

Excellente sortie. Les lois existent, le gouvernement doit les faire respecter

Claude Morissette
Claude Morissette
5 Années

Encore un excellent travail de M. Archambault, et un autre excellent article de notre Journal dea voisins.

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