Monique Sicotte et sa chienne Haskad. (Photo : courtoisie)

Très active physiquement, mais aussi sur le plan humain, Monique Sicotte est une jeune septuagénaire qui mène plusieurs causes de front. En commençant par l’accueil d’une réfugiée ukrainienne.

Elle nous reçoit dans son appartement du quartier Saint-Sulpice (Ahuntsic) en s’excusant que Maryna ne puisse se joindre à nous : cette dame de 52 ans, arrivée le 30 septembre chez Monique, a commencé ses cours de francisation à raison de cinq jours par semaine, de 8 h 30 à 16 h 30.

« Quand la guerre en Ukraine a commencé, je me suis sentie très stressée », raconte celle qui a fait sa carrière dans le domaine médical, comme technologue et enseignante en imagerie médicale au Collège Ahuntsic durant plus de 30 ans. Elle a réfléchi à ce qu’elle pourrait faire pour diminuer son stress et aider la population ukrainienne. Elle a alors pris la décision d’aider une personne obligée de quitter son pays en guerre.

Plusieurs étapes 

Monique Sicotte nous décrit les démarches entreprises pour accueillir une personne venant d’Ukraine, un pays en guerre depuis le 20 février dernier avec la Russie. Elle a d’abord rempli une inscription auprès du Congrès ukrainien canadien, section de Montréal, pour définir son offre d’hébergement. L’organisme l’a fait suivre au BINAM (Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal), qui a transmis ses coordonnées à la GRC (Identification Canada) pour procéder à une enquête de dossier criminel. 

« En l’absence de dossier criminel, mes coordonnées ont été transmises à une personne de chaque organisme à Montréal qui s’occupe d’accueillir les réfugiés ukrainiens, continue Monique. […] C’est l’organisme Bienvenue NDG qui m’a confié Maryna. Elle ne parle ni le français ni l’anglais. Nous communiquons par traducteur vocal. J’ai dû l’aider à remplir la demande pour les cours de francisation – un formulaire en ligne en français, d’une longueur de 10 pages! –, et celle pour l’obtention d’une carte d’assurance-maladie auprès de la RAMQ. »

Le processus est très long et ardu, estime Monique, qui a commencé les démarches à la fin mars, six mois avant l’arrivée de sa protégée. « Le défi a été de connaître les organismes qui viennent en aide aux réfugiés et ce à quoi ils ont droit, une fois arrivés. » 

Entraide dans le voisinage

Monique discute souvent avec les promeneurs de chiens qu’elle croise avec sa petite chienne Haskap. Au fait de la situation de Maryna, un voisin a généreusement offert de lui payer l’examen à la clinique d’optométrie. 

Une autre dame du voisinage, ancienne enseignante de français langue seconde, a proposé de soutenir l’Ukrainienne dans son apprentissage du français. Une amie lui a offert un pupitre pour lui procurer du confort lorsqu’elle étudie. Autour d’elle, Monique apprécie ce bel effet d’entraînement de l’entraide. 

« Maryna dit que je suis une magicienne, un cadeau du ciel », glisse avec humilité l’Ahuntsicoise, ravie de faire la différence dans la vie de sa protégée. « Ces gens-là ont besoin d’aide et ils le méritent. Maryna est très courageuse d’être venue seule au Québec; elle voulait immigrer avec son petit-fils et sa belle-fille, mais celle-ci a décidé de rester auprès de son mari en Ukraine et de ne pas changer son enfant d’école. »

S’activer, c’est dans sa nature

Depuis sa retraite à l’âge de 55 ans, Monique Sicotte s’est occupée de sa mère qui était atteinte d’Alzheimer, a été tutrice de français langue seconde au centre d’aide en français au Collège Ahuntsic et a travaillé comme vaccinatrice contre la COVID-19 : « 700 personnes vaccinées en 7 mois! Mais quand j’ai eu 70 ans, il a fallu que j’arrête, mon permis de vaccination devenait automatiquement expiré… ». 

Elle est aussi tricoteuse depuis trois ans pour le Centre d’action bénévole de Bordeaux-Cartierville. « Le CABBC aide des familles en leur remettant des vêtements tricotés par des bénévoles, explique-t-elle. Il a aussi une popote roulante et cherche toujours des chauffeurs volontaires. » Avis aux intéressé-e-s!

Monique Sicotte, à vélo à Caraquet. (Photo : courtoisie)

Monique est membre de Monovie Ahuntsic, un groupe de plein air avec lequel elle fait des sorties de vélo. « Je faisais en moyenne 1 500 à 2 000 km de vélo par année, mais les deux derniers étés, ça a été plutôt 600 km », dit-elle. 

L’hiver, elle fait du ski alpin et du ski de fond. Elle aime aussi voyager, surtout en Europe (France, Espagne), mais aussi au Québec, notamment dans le Bas-Saint-Laurent dont elle vante les couchers de soleil à Cacouna. 

Monique est allée chercher sa chienne Haskap (mot signifiant camerise) qui vient de la Nouvelle-Écosse, à mi-chemin, au Nouveau-Brunswick. « Je voulais un chien pour aller marcher », raconte-t-elle. Et se faire un réseau d’entraide parmi les promeneurs, pourrait-on ajouter!

Ce texte de la chronique Aînés actifs a été publié dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier de décembre 2022, à la page 23.

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Nathalie Choquette
Nathalie Choquette
20 Jours

Très inspirante, cette dame ! Merci Anne Marie pour le bel article à son propos.

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