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Bois-de-Saraguay

Montréal doit y mettre, en partie, «la hache»

Publié le 13/12/2018
par Christiane Dupont

Sentier du Bois-de-Saraguay (Photo: jdv P. Rachiele)

Le couvert forestier du boisé patrimonial de Saraguay subira à son tour des coupes importantes au cours des prochains mois, notamment à cause de l’agrile qui attaque les frênes de Montréal depuis quelques années. Le parc-nature sera fermé au public pendant ces travaux.

Le 10 octobre dernier, journaldesvoisins.com découvrait qu’un appel d’offres avait été lancé par la Ville pour l’abattage de frênes dépérissants au Boisé de Saraguay. L’avis était publié dans Le Devoir du jour.

Deux mois plus tard, on apprend que des travaux d’abattage de plus de 6 300 frênes seront réalisés dans le parc-nature du Bois-de-Saraguay, de janvier à mars prochain. Ces travaux, qui coûteront plus 1,3 M$, font partie du plan de lutte à l’agrile du frêne.

C’est l’entreprise Serviforêt qui a obtenu le contrat.

Arbres touchés, arbres épargnés

Outre l’abattage des frênes dépérissants ou morts, la firme retenue enlèvera également quelque 150 arbres jugés dangereux pour les visiteurs.

Au final, ce seront 10 % à 20 % des arbres du Boisé qui seront abattus, mais seulement les frênes attaqués par l’agrile, et les arbres morts ou dépérissants. La forêt de ce parc-nature étant bien régénérée naturellement, la restauration nécessitera peu de plantation, selon la Ville-centre.

Mélanie Gagné, relationniste au service des communications de la Ville-centre, a précisé ceci à journaldesvoisins.com:

«Parce ce qu’ils présentent des signes évidents d’affaiblissement de leur structure (pourriture, maladie, champignons, etc.) et menacent la sécurité des usagers ou des infrastructures, d’autres essences que les frêne seront abattus.»

Jointe par journaldesvoisins.com, la présidente du Comité pour la mise en valeur du Bois-de-Saraguay, Jocelyne Leduc-Gauvin, précisait à l’époque:

«Oui, nous sommes au courant. Malheureusement, ça semble la seule chose à faire pour éviter la destruction de l’ensemble des frênes de la forêt par l’agrile du frêne. Le fait que ce sera un abattage manuel me semble un bon point.»

Vérification faite, Mélanie Gagné, apporte un bémol:

«Quatre-vingt-dix pour cent des frênes à abattre le seront manuellement avec des scies mécaniques et 10% le seront de façon mécanisée avec des engins spécialisés, notamment une abatteuse-groupeuse.»

Tous les frênes ne seront pas abattus, a souligné Mme Gagné, en réponse à une question du jdv.

«L’agrile touche surtout les frênes ayant un diamètre supérieur à 15 cm et c’est pourquoi ils seront priorisés. Sur le terrain, si l’on constate la présence de frênes ayant un diamètre inférieur à 15 cm qui sont dépérissants ou morts, ceux-ci pourraient être abattus.»

Parc-nature inaccessible quelques mois

D’une superficie de 93 hectares, la forêt patrimoniale du Bois-de-Saraguay, devenue un parc-nature ouvert au public en 2016, est délimitée par la rivière des Prairies, le boulevard Gouin Ouest, l’avenue Joseph-Saucier, l’avenue Jean-Bourdon et une voie ferrée. Il s’agit de l’un des derniers sites de végétation caractéristique de Montréal.

Trois sentiers totalisant 1,8 km parcourent le secteur Est de la forêt. Les arbres qui seront coupés durant l’hiver sont répartis sur la superficie accessible du parc-nature.

Mélanie Gagné précise par courriel, à une question du jdv, ce qui arrivera du bois des frênes et du bois des autres essences d’arbres qui doivent être abattus:

«Le bois abattu doit être débité et disposé selon les spécifications du devis technique afin de permettre la valorisation des bois (principalement en copeaux et planches, ajoute-t-elle). Dans le cas du bois provenant de frênes, l’entrepreneur doit en disposer en conformité avec l’Arrêté ministériel sur les lieux infestés par l’agrile du frêne émis par l’Agence canadienne d’inspection des aliments et la réglementation de la Ville de Montréal. La plupart des arbres dangereux seront effectivement laissés au sol puisqu’ils ne contiennent pas de larves d’agrile (il s’agit d’arbres d’autres essences que le frêne).»

Concernant la fréquentation du parc durant la saison hivernale et le renouvellement du couvert forestier du site à la suite de l’abattage des arbres concernés, le communiqué souligne:

«La forêt de ce parc-nature étant bien régénérée naturellement, la restauration nécessitera peu de plantation. Le parc-nature sera fermé au public pendant les travaux.»

Le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, responsable du dossier des Grands parcs à Montréal, Luc Ferrandez, a tenu à préciser:

« Les travaux d’abattage se feront dans un esprit de conservation du patrimoine et du développement durable. Ainsi, tout sera mis en œuvre pour préserver le riche écosystème du parc-nature du Bois-de-Saraguay. Les travaux de coupe seront ainsi planifiés et exécutés en tenant compte des périodes de nidification des diverses espèces d’oiseaux qui l’habitent. »

Autres données intéressantes…

Fait à noter: selon Mélanie Gagné, Montréal serait la ville qui traite le plus grand nombre de frênes au Canada.

En outre, selon la relationniste de la Ville-centre, ce n’est pas la première fois que des arbres dangereux sont abattus dans ce parc-nature.

Finalement, le jdv a appris que les frênes du Bois-de-Saraguay n’ont pas été plantés par des propriétaires-fermiers à qui ont déjà appartenu les terrains qui le composent, mais qu’il s’agit d’arbres qui on poussé naturellement sur le site.