Les Pollués de Montréal-Trudeau sont une fois de plus très déçus de l’attitude du gouvernement fédéral dans la bataille contre la pollution sonore dans les quartiers du nord de Montréal, dont Ahuntsic-Cartierville.

En début de semaine, journaldesvoisins.com a tenté en vain d’en savoir plus sur les intentions du gouvernement central dans cet épineux dossier du bruit «incessant» des avions passant au-dessus des têtes des citoyens de plusieurs quartiers montréalais.

Au début de la semaine, journaldesvoisins.com a demandé en vain une entrevue à la députée d’Ahuntsic-Cartierville, Mélanie Joly. Il y a quelques mois, lorsque journaldesvoisins.com avait tenté d’interviewer la députée-ministre sur le sujet, on nous avait répondu que l’on ne commentait plus à cause du recours collectif.

Au bureau de Marc Garneau, on se contente de rappeler que depuis 1992, Aéroport de Montréal (ADM) est responsable de la gestion, de l’exploitation et du développement de l’aéroport Montréal-Trudeau, conformément à un bail à long terme de 60 ans signé avec Transports Canada.

«ADM est responsable de la gestion du bruit à l’aéroport Montréal-Trudeau, nous a indiqué Delphine Denis, du bureau de M. Garneau, rappelant que l’entité avait mis sur pied le Comité consultatif sur le climat sonore qui comprend des représentants des villes et arrondissements de Pointe-Claire, Dorval, St-Laurent et Montréal ainsi que des représentants de NAV Canada et du gouvernement du Québec».

Aux abonnés absents

À ce jour, le groupe de pression Les Pollués n’a pas encore obtenu une rencontre avec le ministre des Transports, Marc Garneau. L’été dernier, trois de ses dirigeants ont fait un pèlerinage à Ottawa, mais pour discuter avec le personnel du bureau du ministre, pendant 30 minutes.

«Ils se sont fait dire que le gouvernement mettait l’accent sur l’objectif de diminuer les gaz à effets de serre», a indiqué le président du groupe d’intérêt, Antoine Bécotte. Et tout récemment, lors d’un souper spaghetti des libéraux fédéraux dans Ahuntsic-Cartieville, la députée-ministre Mélanie Joly aurait évité les deux représentants des Pollués de Montréal-Trudeau.

Mais l’attaché de presse de Mme Joly, Pierre-Olivier Herbert, a tenu à répliquer.

«Il y avait plus de 400 convives au souper spaghetti de Mme Joly et elle a passé toute la soirée à discuter avec les résidants qui se sont déplacés. C’est très important pour elle de pouvoir prendre le temps de saluer chaque personne présente», a-t-il insisté.

Dossier bruyant

Pourtant, la pollution sonore due au bruit des avions est au cœur des préoccupations de nombreux résidants de Villeray, Ahuntsic, Cartierville et Saint-Laurent.

Lors de la dernière campagne électorale, la députée fédérale d’Ahuntsic-Cartierville a pourtant promis de livrer bataille avec ceux et celles qui en ont assez du bruit.

Au sujet du différend concernant les unités servant à mesurer le bruit entendu au sol quand un avion passe au-dessus de nos têtes, Mme Joly a déjà dit qu’elle se fiera à la science (au sujet des niveaux de décibels).

Or, rien ne nous a été dit au bureau de M. Garneau cette semaine sur l’hypothèse voulant que Santé Canada puisse éventuellement installer des capteurs sonores pour trancher le débat afin que tout le monde ait l’heure juste; car il y a des écarts entre les données recueillies par Aéroports de Montréal (ADM) et celles des Pollués au sujet des moyennes de décibels recueillies au sol.

Journaldesvoisins.com aurait aimé savoir si le gouvernement fédéral était prêt à suivre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans ce dossier.

Juridictions

Il faut dire que le fédéral a, en bout de piste, une responsabilité. Il y a quelques semaines, un jugement de la Cour supérieure venait nous rappeler que l’aéronautique est de compétence fédérale et peu importe que les citoyens se plaignent du bruit excessif, a renchéri lundi dernier l’éditorialiste du quotidien Le Devoir, Brian Myles, alors qu’il  commentait une cause au sujet du petit aéroport de Lévis.

Les juristes se réfèrent souvent à l’arrêt Johannesson du début des années 1950 qui affirmait que l’aéronautique est un champ exclusif au gouvernement fédéral. ADM est sous gestion fédérale mais n’est pas le gouvernement fédéral….

Quoi qu’il en soit, Antoine Bécotte signale que sur terre, le gouvernement québécois et l’administration municipale de Montréal ont leur mot à dire mais, à son avis, «ils laissent traîner les choses».

«S’ils ne veulent rien faire, les citoyens sont cuits», a averti le leader des Pollués de Montréal-Trudeau.

Du succès à Toronto

À Toronto, plusieurs ont salué la décision du ministre Garneau d’interdire aux avions à réaction d’atterrir à l’aéroport Billy-Bishop, sur Toronto Island, en face de la capitale ontarienne. Mais est-ce que les propriétaires de Bay Street, ayant une vue superbe sur le lac Ontario, pèsent plus lourd que les simples citoyens de Montréal dans ce débat?

Les Pollués de Montréal-Trudeau sont toutefois en attente des suites de leur demande visant à exercer un recours collectif contre Transport Canada et Nav Canada.

Ils veulent obtenir notamment des fonds quand des proprios se voient obligés d’investir pour isoler leurs maisons contre le bruit. Des dommages punitifs sont aussi demandés si les autorités ne font rien pour diminuer le bruit.

Bref, le groupe rappelle qu’il ne veut pas fermer l’aéroport de Dorval-Trudeau, mais trouver des solutions…

 

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