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Parce qu’elle est bien située, Tanguay pourrait rouvrir

Publié le 11/05/2018
par Alain Martineau

La prison Tanguay, sur la rue du même nom (Photo: archives jdv)

Le gouvernement québécois pourrait rouvrir la célèbre prison Tanguay pour femmes, située dans Ahuntsic-Cartierville, après qu’elle ait été jugée insalubre, il y a à peine deux ans.

Sa localisation y est certes pour quelque chose; le  ministère de la Sécurité Publique (MSP) ne nie pas qu’il puisse à nouveau investir les lieux à la lumière de l’implantation d’un nouveau «modèle» en ce qui a trait à la détention des femmes en milieu carcéral.

« Pour le moment, confirme Pierre-Luc Lévesque, relationniste de presse au ministère, en entrevue à journaldesvoisins.com, différentes options sont encore à l’étude. À cet effet, un comité consultatif réunissant entre autres le MSP et la Société Elizabeth Fry du Québec poursuit activement les travaux visant à proposer un modèle en matière de gestion de l’incarcération qui répond aux besoins spécifiques des femmes à plus long terme et qui servira à soutenir l’élaboration de scénarios préliminaires d’infrastructures carcérales notamment en ce qui concerne l’avenir de la Maison Tanguay », a-t-il ajouté.

En bout de piste, alors que plusieurs scénarios sont encore à l’étude, ce sont les autorités du ministère qui feront la recommandation finale au gouvernement.

Le ministère a dans la mire plusieurs emplacements pour la nouvelle «Maison Tanguay»,  mais le complexe immobilier «désuet» situé un peu à l’est de l’Établissement de détention de Montréal (ou prison de Bordeaux, le plus important centre de détention au Québec), serait en première position.

Le média Le Devoir a affirmé récemment que le ministère envisageait d’agrandir et de rénover la vieille prison Tanguay, évacuée il y a deux ans.

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Transfert

Il y a deux ans, les 260 femmes détenues à Tanguay avaient été transférées à l’Institut Leclerc, à Laval (de juridiction fédérale) et l’opération déménagement dans une «vieille» prison avec ses problèmes en avait fait tiquer plusieurs.

Depuis, Québec explore tous les scénarios possibles pour aménager un nouveau centre de détention pour femmes dans la grande région de Montréal. Mais Tanguay a l’avantage d’être «fort bien située», plaident les intervenants au dossier.

L’emplacement est dans un secteur résidentiel, surtout non loin d’une station de métro, Henri-Bourassa. On peut s’y rendre en marchant ou en utilisant l’un des circuits d’autobus. Et l’institution est proche aussi des autoroutes 15 et Métropolitaine.

Élizabeth Fry – satisfaite

Ruth Gagnon, qui dirige la Société Elizabeth Fry du Québec, organisme communautaire qui épaule les femmes faisant face à la justice, voit d’un bon œil l’hypothèse de garder Tanguay.

Mme Gagnon fait partie d’un comité mis sur pied par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

Au Devoir, elle avait dit que l’accessibilité pour les détenues et leurs proches est un critère «crucial à considérer».

C’est que la majorité des femmes détenues sont issues de milieux modestes. La plupart n’ont pas les revenus pour  se déplacer en taxi ou se procurer un véhicule. La localisation de Tanguay sert bien. Pour comparer, à Leclerc, les accès sont beaucoup plus difficiles.

Projets – prisons

Le projet « d’agrandissement et de réaménagement de l’établissement de détention Maison Tanguay » se trouve toujours inscrit sous le vocable «en planification» dans le Plan québécois des infrastructures 2018-2028 (PQI), que l’on trouve dans le budget 2018 du gouvernement.

Pour le Québec, une somme de 420 millions de $ est prévue pour les établissements de détention.

Les trois-quarts du montant doivent permettre de maintenir «à niveau» ces établissements; 80 millions serviront à améliorer des installations des centres existants.

Par ailleurs, des projets de moins de 50 millions sont également «en planification» dans les établissements, notamment pour la restauration des murs de briques de la prison de Bordeaux.