Piscine au parc Gabriel Lalemant (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Les résidants d’Ahuntsic-Cartierville qui souhaitent se rafraîchir dans les piscines extérieures de l’arrondissement cet été seront heureux d’apprendre que, contrairement à ce que connaîtront d’autres arrondissements, il n’y aura pas de fermetures ou d’heures réduites dans ses installations en raison de la pénurie de maîtres-nageurs qui frappe le Québec. Encore une fois, en 2022, Ahuntsic-Cartierville tire bien son épingle du jeu, comme l’an passé. 

Selon Éric Brazé, régisseur des services aquatiques dans l’arrondissement, plusieurs facteurs expliquent cela.

D’abord, Ahuntsic-Cartierville compte sur moins d’installations que les arrondissements voisins comme Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension ou Montréal-Nord. Le besoin d’embaucher des sauveteurs est donc moins grand.

M. Brazé explique aussi que le recrutement en pleine pandémie les a aidés cette année :

« Dans les deux dernières années, on a surembauché parce qu’on avait des mesures Covid à faire appliquer. On avait besoin de plus de personnel. Normalement, on embauche une quinzaine de personnes par année, mais cette année, j’ai eu besoin d’en embaucher moins puisqu’on avait des surplus des saisons précédentes. »

Cette année, le seul secteur qui a été affecté par la pénurie de main-d’œuvre est celui des pataugeoires. En effet, lorsque les maîtres-nageurs commencent leur carrière dans le domaine, ils sont souvent affectés à ce type d’installation puisqu’elle requiert une surveillance moins demandante (moins de risque de noyade!). Puisque les employés des services aquatiques se trouvent à être de plus en plus jeunes, des étudiants du secondaire ont dû être embauchés.

Bien que les pataugeoires aient ouvert lors de la fin de semaine du 18 et 19 juin, elles ont dû refermer la semaine suivante puisque l’école n’était pas encore terminée. Les écoles secondaires terminent généralement le ou vers le 24 juin, tandis que cégeps et universités libèrent leurs étudiants beaucoup plus tôt. Ce n’est donc que depuis le 24 juin que les pataugeoires sont ouvertes sept jours par semaine. Il s’agit d’une nouvelle réalité à laquelle l’arrondissement fait face.

Cursus scolaire pour devenir maître-nageur?

L’école secondaire Sophie-Barat offrait auparavant un cours de sauvetage pour devenir maître-nageur à même le programme scolaire. Il s’agissait d’une excellente pépinière pour le recrutement puisque les élèves n’avaient ensuite qu’à compléter leur cours de sauveteur national pour travailler dans les piscines d’Ahuntsic-Cartierville.

Toutefois, M. Brazé explique que la pandémie a eu raison de ce programme :

« Depuis la Covid, malheureusement, le programme n’a pas eu lieu. On commence à sentir le coût de ça. Il ne reviendra pas l’année prochaine non plus puisqu’on manque d’inscriptions. Les jeunes qui font ce programme ont besoin d’une certaine compétence en natation avant de le faire, mais après les essais cette année, il n’y avait pas assez de gens qualifiés. »

Il assure cependant que des efforts seront mis de l’avant afin que l’arrondissement offre de nouveau cette possibilité à l’avenir.

Un enjeu à l’échelle provinciale

La pénurie de main-d’œuvre touche tous les secteurs, mais elle affecte particulièrement celui des services de sécurité aquatique.

En mai dernier, Raynald Hawkins, directeur général de Sauvetage Québec, avait estimé qu’il manquait 2000 préposés à la surveillance dans la province.

Certaines régions, comme la Mauricie, ne pourront pas ouvrir toutes leurs piscines puisque plusieurs postes n’ont pas été comblés. À Montréal, un phénomène similaire pourrait aussi avoir lieu dans certains arrondissements.

Selon Geneviève Barrière, directrice générale de l’Association des responsables aquatiques du Québec, plusieurs facteurs expliquent pourquoi ce domaine a été particulièrement touché :

« Avec les arrêts d’activités sportives pendant la pandémie, il n’y a pas de cours de natation qui se sont donnés. On n’a pas pu former la base des sauveteurs, c’est-à-dire les cours de natation. Ça a eu un gros impact. »

Comme ce fut le cas à Sophie-Barat, plusieurs jeunes n’ont pu avoir les qualifications nécessaires pour passer le cours de sauveteur national, un prérequis pour cet emploi.

Dans un contexte où l’offre d’emploi sur le marché est si grande, les formations pour être sauveteur, qui incluent des centaines d’heures de cours, en découragent certains. Selon Mme Barrière, il y a du travail à faire :

« Il faut recréer l’intérêt. Beaucoup de gens ont décroché des cours de natation. »

Mme Barrière se réjouit par ailleurs de l’annonce récente de la ministre Isabelle Charest sur la gratuité des formations pour maîtres-nageurs.
En effet, une aide de 21,5 millions $ a été annoncée mardi dernier (21 juin) pour que ces cours deviennent gratuits alors qu’ils coûtent près de 1000 $ normalement, ce qui décourage souvent les jeunes de les entreprendre.

Créativité de mise

À plusieurs endroits, tels que sur la rive sud de Montréal, des services aquatiques ont dû faire appel à des retraités pour combler des postes.

Ces gens, très en forme, offrent une solution de rechange intéressante aux employeurs qui ont des besoins criants en matière de recrutement.

Bien qu’il assure que cela n’a pas été nécessaire dans Ahuntsic-Cartierville, M. Brazé se dit ouvert à l’idée :

« On ne dirait pas non à ça, par contre. »

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