Les Actualités de la semaine

Abonnez-vous gratuitement ici pour recevoir un courriel de rappel chaque semaine!

Poubelles/bacs bruns: le bout du tunnel, au 1er décembre?

Publié le 26/09/2018
par Alain Martineau

Des bacs bruns en attente d’être vidés (Photo: jdv P. Rachiele)

Le problème de la collecte des déchets jetables (poubelles) et des résidus alimentaires (bacs bruns) dans certains secteurs de l’arrondissement persiste et tout porte à croire qu’il perdurera jusqu’à la fin du contrat — signé en 2014 avec la précédente administration– avec l’entrepreneur Ricova, le 1er décembre.

Le conseiller municipal de Sault-au-Récollet, Jérôme Normand, a été clair; d’autres ratés dans les opérations de  cueillette ne sont pas exclus dans les prochaines semaines, soit jusqu’à l’expiration du contrat actuel, qui avait été signé en 2014 avec la précédente administration. Par la suite, c’est un autre gros joueur de l’industrie, le concurrent RCI, qui prendra la relève dans l’arrondissement.

Des impairs à la pelle

La transnationale Ricova, de la Montérégie, spécialisée dans la gestion des déchets, a multiplié les impairs au cours des derniers mois, notamment depuis qu’elle a appris que sa soumission pour des opérations futures n’avait pas été retenue. Plusieurs de ses travailleurs, ayant eu vent de la mauvaise nouvelle, ont tout simplement préféré larguer leur employeur pour joindre les rangs de concurrents.

En conséquence, l’entreprise s’est retrouvée avec un  problème de rétention de personnel, entraînant du même souffle des sérieux manquements au respect de son contrat ici, dans Ahuntsic-Cartierville, et aussi ailleurs dans d’autres arrondissements où elle a des contrats, notamment dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Dans Ahuntsic-Cartierville, l’entreprise a «sauté» plusieurs tronçons de rue à la fin du printemps et au cours de l’été.

L’arrondissement a dû intervenir à maintes reprises, comme nous l’a signalé Jérôme Normand, conseiller du district du Sault-au-Récollet.

Promenade Fleury

Publicité

Et cette  semaine, dans une missive aux résidants (via son site Web), la Direction des travaux publics de l’arrondissement, a reconnu les «nombreux retards» dans les collectes depuis le début de l’été. Elle a affirmé avoir mis en place un plan de redressement afin d’assurer un suivi serré des opérations entreprises par l’entrepreneur. Les résidants sont pour leur part invités à laisser un jour de de plus leurs poubelles en cas de non-collecte.

« Les résidents sont invités à déposer leur contenant d’ordures ou de résidus alimentaires, à compter de 7h, le matin de la collecte, a rappelé l’arrondissement. Mais advenant que votre contenant ne soit pas ramassé le jour de la collecte, vous devez laisser les contenants sur la rue pour une période de 24 heures. Au-delà de cette période, si vos contenants sont toujours sur la rue, contactez le 311 », a-t-on averti.

Pénalités-Ricova

Des pénalités ont été infligées à la transnationale par les autorités municipales qui souvent, en pleine période de chaleur, voire de canicule, ont dû dépêcher des équipes d’urgence de cols bleus pour ne pas «laisser pourrir la situation».

« Au 28 mai, la compagnie avait reçu pour quelque  22 000$ de pénalités,  a indiqué le conseiller municipal de l’est d’Ahuntsic. Ou 43 000$ depuis l’obtention du contrat par l’entrepreneur en 2012. La situation s’était «légèrement améliorée»  (de la mi-août à la mi-septembre), mais l’entreprise a encore de la difficulté à rencontrer ses objectifs », a-t-il poursuivi.

M. Normand nous a fait part d’une longue liste de rencontres avec des responsables de l’entreprise depuis juin. A chaque fois, on parlait de plans de redressement et d’améliorations qui devaient être apportées.

A la mi-juillet, Jérôme Normand s’était engagé à rétablir la situation « rapidement». On avait donné les autorisations pour que les collectes se poursuivent jusqu’à 21 heures,  jusqu’au début du mois d’août.

« Nous avons eu la  collaboration de l’entreprise, mais celle-ci doit former de nouveaux travailleurs », a-t-il plaidé.

Pluie de plaintes

Quoi qu’il en soit, les plaintes ont été fort nombreuses. Les gens en ont fait part en appelant au 311 ou en intervenant sur divers sites Facebook touchant des activités dans Bordeaux-Cartierville ou dans le Sault.

Sur Fleury Ouest, la semaine dernière (en fait pendant neuf jours), les sacs remplis d’ordures n’ont pas été ramassés, y compris à l’arrière des commerces et restaurants, parce que, dit-on, le camion de Ricova était brisé. Les résidants et les commerçants s’étonnaient alors qu’il n’y ait pas de plan B…  Certains ont vu des rats…

Aux Habitations Hélène-Desportes (intersections des rues Prieur et Sacré-Coeur), six plaintes formelles ont été déposées au service 311 pour non-cueillette des rebuts. Une fois sur deux, la correction n’avait pas été effectuée.

Dans l’ouest de l’arrondissement, une résidante a affirmé via les réseaux sociaux que des opérateurs n’étaient pas passés pour le compost.

« Après maintes plaintes et beaucoup de patience, a notamment affirmé une citoyenne, j’abandonne le projet», alors que l’opération cueillette des déchets alimentaires est toute jeune dans Bordeaux-Cartierville.

Une autre intervenante avait aussi dit avoir abandonné….

Et un autre problème pourrait s’ajouter.

Coyotes, poubelles et compost

La mairesse de l’arrondissement, Émilie Thuillier, dans une entrevue récente au journaldesvoisins.com en format vidéo, mentionnait justement que le compost, «c’est mieux parce que les coyotes ne peuvent pas s’attaquer aux bacs bruns».

Or, si plusieurs citoyens retournent au dépôt des seuls déchets (en abandonnant le projet compost), cela pourrait permettre à des coyotes de «s’en donner à cœur joie». (NDLR: Journaldesvoisins.com a également un dossier sur les coyotes.)

Enfin, signalons que toute entente avec un entrepreneur affecté à la cueillette prévoit, outre des pénalités financières, des poursuites civiles en cas de «bris de contrat». On ignore pour l’instant si l’arrondissement optera aussi pour cette option.