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Au cours de l’été dernier, en l’espace de deux semaines, deux jeunes femmes dans la vingtaine ont été heurtées et écrasées à mort, chacune par un camion, l’une à Montréal et l’autre à Ottawa. D’autres incidents tout aussi graves, mais qui ne se sont pas soldés par un décès, sont également arrivés à des cyclistes de Montréal et d’ailleurs.

 

 

Il paraît que les choses changent toutefois, que les différents interlocuteurs en transport essaient ensemble de trouver des solutions. Tant mieux. Mais comme le soulignait un animateur de radio récemment, ça ne semble pas aller très vite, alors même que l’administration municipale s’est empressée de pondre un règlement assez costaud de contrôle animalier à la suite de l’attaque mortelle d’une dame de l’est de Montréal par un chien. Deux morts à Montréal, récemment, deux réactions différentes.

 
Parallèlement, alors que certains automobilistes tolèrent tout juste les cyclistes, les toisant parfois d’un mépris évident, d’autres conducteurs de véhicules, plus hargneux, vont jusqu’à s’en prendre à eux, faisant passer tous ceux qui roulent sur quatre roues pour des ennemis des cyclistes, alors qu’on sait que c’est la minorité. D’un autre côté, tandis que des cyclistes désinvoltes brûlent les feux rouges ou zigzaguent entre les voitures, ne font pas leurs arrêts et roulent à contresens, faisant passer ainsi tous les cyclistes pour des irresponsables, la majorité des cyclistes se « conduit » bien.
On sent dans l’air des relents d’intolérance de part et d’autre. Bon, l’air se refroidit ces jours-ci, me direz-vous, et la plupart des cyclistes vont remiser leurs vélos pour l’hiver. Pas nécessairement, quand ils peuvent rouler sans danger. D’autres pays qui ont également un hiver qui ressemble au nôtre voient les cyclistes rouler à l’année, puisque c’est leur mode de déplacement. Le transport actif, on y prend goût.

 
Mais leurs autorités ont pris le taureau par les cornes et ont permis que naisse cet engouement bénéfique pour la santé de sa population et antipollution. Ici, à Montréal, notre maire a récemment annoncé qu’il avait un « plan » : Vision Zéro Accident, programme né en Suède en 1994.
Toutefois, l’Opposition s’est empressée de dire que la plupart des idées énoncées dans ce « plan » dataient d’un programme mis sur pied par la Ville en… 2008. Il faut croire que les bonnes idées prennent du temps à faire leur chemin!

 
Quand les automobiles ont côtoyé les voitures à cheval au tournant du siècle, il y a eu du brasse-camarade. Pourtant, peu de gens ont fait cette analogie récemment, compte tenu des incompréhensions qui existent entre les adeptes inconditionnels de la voiture et les amoureux de la bécane.

 
On entend souvent dire « on n’arrête pas le progrès! ». Pour les générations qui nous ont précédées, le progrès c’était l’automobile, fruit de la révolution industrielle. Certains vont dire qu’on ne peut pas revenir en arrière! Non, mais on peut apprendre de nos erreurs.

 
Et si le progrès, aujourd’hui, c’était de réaliser que la pratique du vélo est meilleure pour la santé, que si on veut remplacer le pétrole un jour, il faut essayer toutes les avenues (et pas seulement les moteurs électriques). Et si le progrès aujourd’hui, c’était, pour nos élus, d’essayer d’intégrer des voies pour les cyclistes quand on refait les artères de notre ville à grands coups de millions pris dans les poches des contribuables, incluant ceux qui utilisent le transport actif? Ce serait un bon début, non?

 
Mais pour ça, il faudrait peut-être que ceux qui planifient la trame urbaine – les fonctionnaires ou les consultants embauchés – soient très sensibilisés à la chose (à défaut d’être eux-mêmes des adeptes du cyclisme et du transport actif) et sachent convaincre les élus que c’est par là que viendra la solution aux décès inutiles, à la pollution, et à la ville réfractaire aux cyclistes et aux piétons.

 
Il y a eu des progrès, c’est vrai. Tablons là-dessus et sur les améliorations à venir. La mode est aux « accommodements raisonnables », aux actions « inclusives » et au « vivre ensemble ». Bravo!

 
Ça vaut aussi pour le transport actif qui veut prendre sa place en ville. Qu’on se le dise! JDV

 

Pour voir le magazine complet de 32 pages du journaldesvoisins.com de l’automne 2016, cliquez-ici.

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