École Louis-Colin (Photo: archives JDV)

Alors que les spécialistes en éducation plaident pour faire bouger les jeunes qui en ont bien besoin, la direction de l’école primaire Louis-Colin ordonne aux élèves de rester bien sages dans les corridors les jours de pluie, et non dans le gymnase, occupé parfois par des cours.

Plusieurs parents de l’école primaire de la rue Olympia, dans l’est d’Ahuntsic, déplorent vivement cette directive et l’affaire risque fort bien de rebondir en haut lieu si le statu quo est maintenu.

« C’est pour le moins contraignant, a affirmé un parent, Philippe Lévesque, joint par journaldesvoisins.com, qui voulait en savoir davantage sur cette pratique. On peut dire que c’est choquant, les élèves se retrouvent dans une situation indigne. C’est purement inefficace. On ne traite pas les enfants de cette façon »,  a-t-il ajouté.

M. Lévesque est intervenu à différents échelons (divers comités locaux et même auprès de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et tout tend dans la même direction pour expliquer cette façon de faire.

Il s’est fait dire que des griefs ont été déposés par des enseignants qui ne voulaient pas rester dans les classes (ou être payés plus s’il y avait obligation d’y demeurer).

La direction de l’école et des intervenants de la plus grande Commission  scolaire du Québec se sont tous rangés à l’unisson derrière la convention collective pour satisfaire les enseignants et éviter, dit-on, de gros «dédommagements».

Combien? A force de pousser la note, M. Lévesque s’est fait dire qu’il faudrait allonger quelques centaines de dollars par jour pour régler la situation.

Pour lui, cette affaire n’est pas sans rappeler le débat qui a fait rage au sujet des interventions musclées de la Commission de la construction du Québec (farouchement appuyée par la FTQ-Construction) contre des parents bénévoles qui ne peuvent pas, même sous supervision d’un expert, passer le rouleau de peinture pour rafraîchir les murs d’une école de la Montérégie.

Réactions CSDM

Mais à la CSDM, la décision est justifiée par le fait que tous les élèves ne peuvent pas envahir le gymnase au complet par temps très froid ou les jours de pluie.

«Vous comprenez, a expliqué le porte-parole des communications, Alain Perron, qu’il ne serait pas sécuritaire de laisser tous les élèves d’une l’école jouer à des jeux (par exemple au ballon) alors qu’ils sont 250 ou plus dans un gymnase. Nous laissons les élèves trouver d’autres occupations : lire, jouer à des jeux de société, dessiner, jouer aux blocs Lego, prendre leur collation, etc. et ces activités peuvent se dérouler soit dans les corridors, soit au gymnase (si le gymnase est disponible) », a-t-il précisé.

M. Perron a ajouté que Louis-Colin n’est pas la seule école primaire à composer avec cette situation.

« Dans certaines écoles – dont Louis-Colin -, les récréations se déroulent pendant que d’autres élèves sont en classe et utilisent le gymnase » a-t-il conclu.

 Parents d’Ahuntsic

Sur le site Parents d’Ahuntsic (Facebook), plusieurs ont donné leurs points de vue sur cette pratique à Louis-Colin, une école qui  a été agrandie (en enlevant de l’espace dans la cour d’école) et  qui accueille plusieurs centaines d’élèves.

« Une chance que la récréation est faite pour permettre aux enfants de bouger et de s’aérer! », a ironisé une mère de famille.

Une autre personne, dont l’enfant fréquente une autre école, a suggéré d’aller aux diverses instances qui existent dans la hiérarchie de la CDSM (avec les comités de parents, notamment) pour tenter de faire changer les choses.

« Ainsi, a indiqué cette mère de famille, il y aurait une discussion pour tenir compte du point de vue et des contraintes de chaque partie.  À mon école, lorsqu’il pleut, chaque groupe reste dans son local et les surveillants, normalement à l’extérieur, font la tournée des classes pendant toute la durée de la récré. Comme il y a deux récrés, les enseignants ont une affiche qu’ils mettent à côté de la porte qui indique: Récré intérieure, élèves à surveiller. Comme ça les profs qui ne surveillent pas sont libres de prendre leur pause »  a-t-elle précisé.

Faut faire bouger!

Récemment, un article du journal Le Devoir faisait état des démarches de Marie-Claude Lemieux, qui forme des enseignants, afin qu’ils fassent bouger les écoliers dans le cadre du programme Actifs au quotidien dans la région de Québec. Malgré le succès du projet, Mme Lemieux a dit avoir été surprise par les réticences de certains professeurs, plus soucieux de l’ordre et de la sécurité.

Au Québec, seulement un jeune sur six âgé de 6 à 11 ans se trouve à faire  de l’activité physique pendant leur temps libre.

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a lancé il y a quelques semaines la Politique de l’activité physique, du sport et du loisir, dont l’objectif est d’ajouter une heure d’activité physique par jour à l’école. Mais plusieurs se demandent comment on pourrait libérer une heure de temps par jour pour les écoliers dans le programme scolaire.

Le motivateur Pierre Lavoie a récemment suggéré aux écoles de commencer par utiliser les deux périodes de récréation (15 minutes chacune), mais cela ne se fera pas à Louis-Colin et dans d’autres écoles, en tout cas pas les jours de pluie…

 

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Poulette
5 Années

Pffff…. C’est bien dommage que la population pour laquelle un service est créé ne soit plus au cœur des décisions…

Jason Haas
Jason Haas
5 Années

Mon fils qui fréquente Louis Colin en 5e ne s’en plein pas. Une journée de pluie de temps à autre (ormis notre mois de Mars 😉 pour faire de la lecture et jouer à des jeux de société de temps à autre ne devrait pas faire l’objet d’une remise en question excessive sur le manque d’activités physiques… Et un peu de retenu et discipline des les corridors c’est bon non? Il me semble que ce débat soit un peu exagéré… Je veux souligner que nous sommes prévilégié d’avoir l’école Louis Colin dans notre quartier et je veux souligner l’excellent travail qu’effectue son équipe de prof, auxilières, et direction.

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