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Dans Ahuntsic-Cartierville et à Montréal

Se mouiller pour le climat…

Publié le 13/03/2019
par Christiane Dupont

Des trottoirs plein d’eau, en plein hiver… (Photo: jdv P. Rachiele)

Plusieurs élus municipaux du Québec se mettront au diapason des recherches et expériences concernant les changements climatiques, à Gatineau le 21 mars prochain. Un colloque  est organisé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en collaboration avec Ouranos. 

[Mise à jour 2019-03-15] D’ailleurs, le responsable du dossier du déneigement à la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau, maire de l’arrondissement de Verdun et membre du comité exécutif de la Ville-centre, prendra la parole au nom de la Ville de Montréal à l’occasion du panel de l’après-midi dans le cadre de cet événement, a confirmé au jdv Patrick Lemieux,  conseiller aux communications et aux relations médias à l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

«Le thème de l’adaptation des communautés aux changements climatiques et les outils et bonnes pratiques à la disposition des municipalités en la matière seront au cœur des échanges qui animeront ce colloque», peut-on lire sur le site de l’UMQ.

Ce sujet est dans l’air du temps, et pour cause.

À cause des changements climatiques, les saisons que nous connaissons sont et seront différentes. Cette différence a déjà commencé à se manifester depuis quelques années, un peu partout sur la planète, et notamment à Montréal et bien sûr dans Ahuntsic-Cartierville.

Cet hiver, le choc a été encore plus rude pour les Montréalais que nous sommes…et pour les services publics qui sont mis à contribution pour  permettre aux citoyens de pouvoir circuler sur le territoire qui entoure leur logis durant la morte saison.

Il y aura moins de neige qu’avant au sol, mais plus de tempêtes extrêmes; plus de précipitations liquides allant  parfois jusqu’aux inondations plus fréquentes et abondantes; une météo qui chute d’une extrême à l’autre dans la même journée en hiver; la glace qui s’invite conséquemment et qui rend rues et trottoirs dignes des plus belles patinoires : bref l’hiver et les autres saisons sont et seront différentes.


CYCLES DE GEL-DÉGEL pour MONTRÉAL

(si les GES ne sont pas réduits au cours des prochaines années)

Source: OURANOS. (Mais c’est journaldesvoisins.com qui a entouré le nombre de jours pour Montréal)


Et si nos habitudes de vie à l’échelle planétaire ne se modifient pas, il y aura de plus en plus d’émissions de gaz à effet de serre (GES) qui auront comme conséquence d’amplifier les changements climatiques au fil des ans et, notamment, d’augmenter le nombre d’épisodes de gel-dégel durant les mois d’hiver, soit décembre, janvier et février.

Selon Nathalie Bleau, coordonnatrice du programme Environnement bâti chez Ouranos, et co-pilote du partenariat Ville de Montréal-Ouranos, –qui sera présente au colloque à Gatineau– il y a eu –pour Montréal– en moyenne 24 jours de cycle gel-dégel de 1976 à 2005.

Les changements climatiques ne sont donc pas une vue de l’esprit et ses conséquences en hiver, notamment, à l’échelle locale, sont nombreuses, selon la coordonnatrice du programme Environnement bâti d’Ouranos.

Si on laisse aller les choses, dit la chercheure d’Ouranos, les scénarios du pire en termes de précipitations liquides durant les mois d’hiver et d’épisodes de gel-dégel doivent être envisagés [illustration plus haut].

Infrastructures/conséquences

Nathalie Bleau explique que les conséquences de l’augmentation des cycles gel-dégel en milieu urbain, et donc sur le territoire d’Ahuntsic-Cartierville, seront nombreuses.

Elle énumère notamment le fait qu’il y aura plus d’eau [que de neige] durant les mois d’hiver [décembre, janvier, février] , et donc plus de possibilités d’infiltration dans la chaussée (par les fissures).

De même, il y aura plus de cycles gel-dégel et donc, des mouvements du sol et des dommages aux infrastructures. Il y aura aussi plus d’écarts de température et donc, encore plus de mouvements du sol et de dommages aux infrastructures.

Compte tenu des précipitations liquides qui gèleront, il y aura des risques de blessures pour les piétons, notamment sur les trottoirs glacés [ndlr: il y a d’ailleurs eu une nette augmentation d’accidents de cette nature au cours des derniers mois à Montréal].

En outre, il y aura des risques de bris pour les véhicules; plus d’utilisation de sel de déglaçage, lequel est nocif pour l’environnement;  plus d’opérations d’entretien, et, au final, une augmentation des coûts d’entretien.

À la question: doit-on s’attendre à pire que ce que l’on a connu cet hiver, par exemple ?, Mme Bleau nuance:

«Ça dépend de la réduction des émissions de GES mondiales pour réduire le problème à la source. [Ça] dépend de plusieurs facteurs socio-démographiques, des avancées technologiques et des prises de décision – individuelles, mais surtout gouvernementales.»

Et faisant référence aux individus, au pouvoir que l’on peut exercer sur les changements, et à l’influence conjugués des communautés, elle précise :

«Ça dépend également de la capacité et la volonté de s’adapter des collectivités.»

Pouvoir des municipalités

Que peuvent faire les municipalités pour limiter les dégâts?

«Réduire les émissions de GES pour réduire le problème à la source , soit [offrir] plus de transport en commun et favoriser le transport actif. Analyser les opérations, les façons de faire passées, mais aussi celle d’autres villes qui vivent un peu les mêmes changements pour les modifier en fonction des changements climatiques. Travailler avec des équipes de chercheurs (universitaires, privés) pour intégrer des nouveaux produits, des nouvelles technologies, des nouveaux processus. Et, ajoute Nathalie Bleau: Communiquer, comuniquer, communiquer.»

Et chacun d’entre nous…

Et comment les citoyens peuvent-ils y faire face ?

Il faut, dit Nathalie Bleau, d’Ouranos, réduire les émissions de GES pour réduire le problème à la source et donc, utiliser le transport en commun plutôt que la voiture quand c’est possible.

Mme Bleau mentionne aussi l’utilisation des crampons pour se déplacer l’hiver sur les trottoirs glacés.

Par ailleurs, pour la coordonnatrice d’Ouranos, les individus ne devront pas faire preuve de négligence quand il y a des précipitations, neige ou pluie, autant autour des résidences que des commerces: il faudra dégager rapidement.

«Bien déneiger, dit-elle, entretenir les escaliers, allées extérieures, etc. et cela, au fur et à mesure que les précipitations tombent pour éviter des accumulations qui vont geler quand le mercure chute», précise-t-elle.

Études et recherche

Un projet est présentement soumis à une analyse scientifique dans le cadre d’une entente entre la Ville de Montréal et le consortium de recherche Ouranos pour la mise en place d’un projet spécial sur le climat. Si le tout se concrétise, il s’agira d’un projet-pilote.

La Ville de Montréal collabore déjà depuis plus de sept ans avec le consortium Ouranos, un réseau reconnu mondialement et regroupant plus de 450 chercheurs et experts en adaptation aux changements climatiques et en climatologie régionale.

À lire aussi: «De l’importance de repenser l’hiver» dans la chronique Sur la route du journal Le Devoir du 2019-02-25

Et pour ceux et celles que le sujet intéresse, deux conférences intéressantes à venir:

Le 8 avril, 19 h, une soirée Relations, au Centre Justice et foi de la maison Bellarmin, 25, rue Jarry Ouest : «Montréal face aux changements climatiques». Entrée libre. 

Le 17 avril, à la Grande Bibliothèque: «Changements climatiques / Subir passivement ou réinventer nos sociétés?» L’événement organisé par l’École Polytechnique de Montréal et l’Institut de l’énergie Trottier est gratuit, mais l’inscription en ligne est requise.