Par ses recommandations, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) s’est montré favorable à un meilleur accès à l’eau et également à une promenade riveraine sur la rivière des Prairies. Il a suggéré que la ville de Montréal, l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville et Hydro-Québec travaillent de concert sur ce projet, même si cela devait prendre du temps.
Le rapport, rendu public le 14 octobre, a marqué la fin des travaux du BAPE menés cet été à Ahuntsic-Cartierville. Les consultations s’étaient déroulées du 2 juin au 8 juillet à l’église Notre-Dame-des-Anges, à Cartierville.
Hydro-Québec doit entamer la phase 2 du renforcement du mur de soutènement en amont du barrage Simon-Sicard, dans l’est de l’arrondissement.
On peut effectivement dire que l’accès à l’eau avait été la raison d’être de cette consultation. Elle a toutefois exploré un large éventail d’aspects du projet. Le rapport du BAPE comprend des approches détaillées sur plusieurs sujets.
« Dans une perspective de développement durable, la commission d’enquête est d’avis que, tout comme pour l’accès à la rivière des Prairies et ses berges, la Ville de Montréal et l’Arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville devraient évaluer avec Hydro-Québec, en concertation avec les propriétaires riverains, la possibilité que les remblais projetés et les lots riverains appartenant à la société d’État puissent accueillir ultérieurement une promenade continue, et ce, dans le respect des exigences techniques requises pour le projet de réfection du mur de soutènement du barrage Simon-Sicard — Phase 2. », est-il écrit à la page 54 du document.
Soulagement
« Les travaux d’Hydro sont une occasion unique pour agir, car une telle occasion ne se représentera probablement plus avant des dizaines d’années », a souligné Daniel Gaudry dans un courriel adressé au JDV. Ce citoyen d’Ahuntsic-Cartierville est très engagé pour la réalisation d’une promenade riveraine.
Pour Jocelyn Duff, architecte à la retraite et riverain du mur de soutènement, le rapport du BAPE est un point de non-retour au sujet de la promenade riveraine. Elle devrait se réaliser et elle passerait par des terres publiques.
« La concertation souhaitée avec les propriétaires riverains ne devrait plus être interprétée par Hydro-Québec comme un droit de veto empêchant la réalisation de ce projet réclamé depuis longtemps par la population d’Ahuntsic. »

La Fondation Rivières a elle aussi réagi au rapport et assurait qu’il lui donnait raison, comme il appuyait les citoyens.
« Il est inacceptable qu’en 2026, on se contente d’entasser des roches sur une berge publique en pleine ville au lieu de prévoir des aménagements respectueux des attentes de la population », a observé la Fondation dans un communiqué.
Pour cet organisme, le BAPE a confirmé que la conception des ouvrages n’était pas une fatalité. Il a aussi dit que l’accès aux berges devait être pensé comme une valeur ajoutée, même lors d’une réfection de barrage.
Histoire compliquée
Depuis la fin de la première étape de consolidation du mur en 2018-2019, les résidents militaient pour un réaménagement qui facilite son intégration dans le paysage et, surtout, qui ne restreigne pas l’accès à l’eau.
Le mur de soutènement, long de 1 300 mètres, longe la rivière des Prairies du côté de Montréal. Construit en 1929, il présentait des signes de détérioration. Hydro-Québec souhaitait un renforcement par la technique de stabilisation par remblai en paliers. Elle s’appliquerait aux secteurs du parc Louis-Hébert, de la Résidence étudiante Ignace-Bourget et de l’église de la Visitation. Le coût des travaux était estimé à 86 millions de dollars.








