(Photo: jdv P. Rachiele)

À moins d’un changement, le bâtiment de la Ville de Montréal au coin nord-est des rues Louvain et St-Hubert devrait être recyclé pour accueillir de nouveaux locataires, des organismes du quartier probablement, selon le plan de match prévu par les autorités. Mais «avant de crier ciseaux», plusieurs étapes doivent être franchies sur le plan réglementaire, notamment par le biais d’un «urbanisme transitoire»Si tout va bien d’ici la fin de l’année, ce serait alors la première intervention concrète en lien avec le projet du site Louvain Est, propriété de la Ville, qui devrait à terme recevoir près de mille unités de logement dans un écoquartier.

La coordination des opérations pour développer harmonieusement cet emplacement stratégique est assuré par le Bureau de projet partagé, composée de la Ville de Montréal, de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville et de l’organisme Solidarité Ahuntsic (SA).

Quelques étudiants épaulent aussi ceux qui travaillent à élaborer la stratégie de développement sur le terrain de huit hectares pour faire un écoquartier exemplaire, non loin de la station de métro Sauvé.

Récemment, on a dévoilé un rapport d’étape à la suite de la consultation en personne et en ligne menée du 17 octobre au 17 novembre dernier (après des assemblées citoyennes et consultations). Sans surprise, on a noté un appui «général» à la vision et à la proposition de plan d’ensemble présenté aux citoyens et divers intervenants, mais avec quelques réserves (hauteur des édifices, circulation locale, disponibilité de stationnement), ont écrit les auteurs du document.

Un Comité de bon voisinage a aussi été créé à la suite de craintes exprimées par des gens demeurant dans le secteur.

Quoi qu’il en soit, le processus (long et complexe) se poursuit.

Premier jalon

Ghislaine Raymond,  présidente du comité de pilotage  pour SA, s’est récemment félicitée qu’une démarche d’«urbanisme transitoire» (ou temporaire) a été mise en place pour expérimenter ce qu’on appelle «de nouvelles formes d’appropriation du site par la communauté».

Sur le site internet www.realisonsmtl.ca/louvainest, on peut d’ailleurs suivre l’évolution du projet auquel s’intéressent d’éventuels résidants (via coops ou OSBL entre autres) mais aussi divers groupes d’intérêt qui ont à cœur la faisabilité de ce nouveau quartier, qui bouclera la partie Nord du Domaine St-Sulpice.

En attendant que l’on rase les vieux bâtiments de la ville et que l’on décontamine le vaste terrain pour qu’on puisse enfin procéder à une première pelletée de terre, les autorités municipales poursuivent sur le plan urbanistique leur travail au chapitre de la révision du cadre réglementaire, pour remplacer des affections liées autrefois à la voirie et à la fourrière municipale.

Deux bâtiments, jugés «modernes et solides» resteront bien ancrés dans le sol, mais auront une «nouvelle vie», dont un probablement dès cet été.

« Nous sommes en quête d’une autorisation globale pour l’ensemble du site, mais aussi en démarche pour pouvoir amorcer des activités sur le site à l’intérieur de l’un des deux bâtiments, le 9515 St-Hubert. On demande un usage transitoire à cet endroit n attendant une vocation définitive du bâtiment en question », a-t-elle ajouté.

Présentement, une équipe travaille pour valider certaines données. Par exemple, est-ce que le bâtiment est sécuritaire, pour ne citer que ce point avant de passer à une autre étape.

La mairesse de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier, a tenu à préciser à journaldesvoisins.com (jdv) les étapes qui doivent être franchies avant de confirmer une nouvelle réaffectation de bâtiment.

« D’abord, à Montréal, pour la première fois, a indiqué Mme Thuillier, nous avons prévu une somme d’un million de dollars dans le présent budget afin de développer un programme d’urbanisme transitoire. Nous sommes en train d’élaborer ce programme et des projets-pilote sont prévus dès cette année, dont sur le site Louvain pour les bâtiments qui pourraient avoir une vocation pour une période temporaire, en attendant une réaffectation permanente. On est en train d’établir les balises du programme. Alors comme on est ambitieux, on vise 2020 pour nos projets de réaffectation de bâtiments ».

Parallèlement, le Bureau de projet partagé doit déterminer les bâtiments qui resteront bien en selle.

« On ne peut entrer comme ça dans un bâtiment et prévoir faire un travail quotidien 5 jours sur 7 sans d’abord constater les conditions de l’immeuble, quels types de travaux à faire au minimum pour avoir une occupation quotidienne. Le processus est en train d’être fait », a mentionné Mme Thuillier.

Mais pour que le tout se fasse en 2020, il faudra que les astres soient bien alignés, a-t-elle averti, comme s’assurer que des travaux mineurs peuvent être faits rapidement et voir aussi si des organismes communautaires sont prêts à faire le saut au 9515, St-Hubert.

Projections – Rue St-Hubert

Selon ce qui a été soumis lors d’assemblées citoyennes, l’on prévoit, pour le 9515, St-Hubert, accueillir des groupes communautaires et une bibliothèque, qui serait complémentaire à celle en gestation (tout près des boulevards Henri-Bourassa et Saint-Michel, bibliothèque qui dans les faits desservira l’extrême Est d’Ahuntsic et l’extrême Ouest de Montréal-Nord).

D’aucuns voient les groupes se retrouvant sous le parapluie Solidarité Ahuntsic, présentement en fin de bail sur la rue Laverdure, déménager sur St-Hubert, peut-être  plus que temporairement, mais il ne faut pas brûler d’étape, a averti Ghislaine Raymond.

« On ne peut pas dire ça, que cela serve de tremplin pour un centre communautaire permanent à cet endroit. Mais pour l’autre bâtiment, au 999 Louvain, on doit encore procéder à des vérifications alors qu’il y a encore des activités de la ville à cet endroit. Nous partons de l’hypothèse que les deux bâtiments seraient conservés avec des usages à définir. On parle bien sûr de services à la collectivité, de pôle alimentaire en lien avec le marché public de l’été (aux stations de métro et face au pavillon d’accueil du parcours Gouin). On doit valider certaines choses pour déterminer le genre d’activités à y mettre », a-t-elle ajouté.

Depuis trois ans, le groupe SA planche pour trouver un autre établissement que l’ancienne école qu’elle occupe depuis plus de dix ans rue Laverdure (les autorités scolaires l’ont averti d’une éventuelle reprise pour répondre aux besoins). SA est aussi confronté à des hausses de loyer; l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville donne un coup de pouce financier annuel de 50 000$ pour compenser.

 

« Est-ce ce serait pour SA, ou encore des artistes ayant besoin de locaux ou d’autres groupes, a dit Ghislaine Raymond. Il faut aussi voir comment on peut intégrer des groupes sans argent pour y tenir des activités. On devrait le savoir dans un avenir prochain, d’ici le printemps. Idéalement, on souhaiterait réaliser le tout dès cet été. Mais il faut valider les règlements, être conformes au niveau de l’urbanisme », a ajouté la représentante de Solidarité au sein du Bureau de projet partagé.

Jusqu’en mai, quatre stagiaires en urbanisme et en design urbain participent à la bonification du projet dans le cadre d’un partenariat conclu entre SA et la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal. À cette contribution, s’ajoute celle d’un groupe d’étudiants en innovation sociale de HEC Montréal.

Rapport des consultations

Le rapport de consultation sur le projet Louvain renferme les points positifs et négatifs, faisant suite aux consultations menées l’an dernier, notamment à la mi-octobre. Un premier scénario de développement avait été présenté plus tôt dans l’année.

Des participants (sur 160) ont plaidé pour réduire le stationnement et la commission scolaire (à l’époque) avait demandé une réserve pour une école primaire, qui pourrait jouxter une garderie prévue sur Louvain. D’autres participants ont fait part de craintes relatives à la hauteur des édifices, la circulation locale, ou la disponibilité de stationnement.

Pour leur part, certains résidants du secteur disent craindre les côtés négatifs d’un secteur qui comprendrait beaucoup de logements sociaux, se référant aux HLM situés de l’autre côté de la rue, sur Louvain.

« La proportion de logements sociaux et communautaires projetée suscite des questions, en particulier chez les personnes habitant à proximité immédiate du site, exprime le rapport de consultation, sorti en janvier dernier. À cet égard, on observe des incompréhensions quant aux différents types de logements (sociaux, communautaires, coopératifs et abordables) et aux profils des ménages ciblés. (…) Des groupes communautaires du milieu ont une perspective autre et voient dans le développement du site Louvain Est l’occasion de créer une offre additionnelle de logements sociaux et communautaires afin de répondre à des besoins urgents en matière de logement locatif et de cohésion sociale dans le secteur », ont plaidé les auteurs du rapport, voulant ainsi mettre le couvercle sur la marmite.

Par ailleurs, le plan d’ensemble soumis l’an dernier prévoit aussi une démarche pour démolir les bâtiments et décontaminer le site.

« Au chapitre de la décontamination (et des travaux à faire pour préparer le terrain), ce n’est pas aussi important que ce qu’on aurait pu pressentir », a tenu à rassurer Mme Raymond. Mais nous sommes à remettre à jour les analyses de la ville (certaines ont près de dix ans) au niveau des services municipaux et  on est en train de valider les  démarches et étapes à franchir. Entre temps,  les analyses techniques et aussi les analyses sur le plan financier se poursuivent. Le plan doit être consolidé à l’automne pour proposer des modifications au cadre réglementaire. Une consultation devrait suivre à l’automne pour qu’en 2021, il y ait préparation du site », a-t-elle avancé.

Mais personne ne s’avance sur une date où l’on verra la première pelletée de terre pour un premier immeuble d’habitations.

Enfin, soulignons que l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville a renouvelé pour une autre année un appui financier de 75 000 $ à Solidarité Ahuntsic qui s’assure notamment de la « mobilisation citoyenne »  pour le site Louvain Est.

 

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1 commentaire
  1. Il y a déjà de nombreux logements sociaux dans le domaine st-sulpice. Il faudra réfléchir sur la scolarisation des enfants de familles défavorisées qui côtoient des familles bien nanties. Et aussi des enseignants qui seront appelés à œuvrer dans cette nouvelle école. L’école St-Isaac-Jogues déjà installée depuis les années ‘60 dans le quartier et scolarisant des jeunes issus de familles TRÈS favorisées et des jeunes de HLM (2) nécessite de se pencher sur cette réalité. Surtout de rassembler les parents souvent des milieux favorisés sur les conseils d’établissement, des enseignants qui ont une mission particulière en regard de ces deux groupes d’enfants avec des soutiens différents.

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