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Un avenir pour les ruines des moulins?

Publié le 15/06/2018
par Joran Collet

(Photo: jdv P. Rachiele)

Alors que plusieurs sites patrimoniaux bénéficient de financement du gouvernement du Québec et du Canada  dans plusieurs villes pour des travaux de réfection –notamment le moulin à eau de l’Île-aux-Coudres– un lieu culte d’Ahuntsic-Cartierville et de Montréal devra encore attendre. Les ruines du site des moulins au parc-nature de l’Île-de-la-Visitation, dans le Sault-au-Récollet. devront prendre leur mal en patience avant de bénéficier de travaux de réfection nécessaires, mais peut-être plus pour très longtemps.

Cela fait maintenant 10 ans que le site des ruines des moulins dans le Sault-au-Récollet est fermé au public. En novembre de l’année dernière, Anik de Repentigny, chargée des communications à la Ville de Montréal, avait soutenu à journaldesvoisins.com. qu’un travail de caractérisation des lieux, commencé sous la dernière administration, était terminé. Aucun résultat ne pouvait toutefois être dévoilé à ce moment, dans l’attente d’un possible appel d’offres.

Bien que le document soit encore gardé confidentiel, les choses pourraient bouger sous peu.

Selon Gabrielle Fontaine-Giroux, relationniste à la Ville de Montréal, le dossier devrait progresser à partir de l’an prochain.

«Le service des grands parcs de la Ville de Montréal (SGPVMR) présentera le projet au Conseil du patrimoine de Montréal au cours de 2019 pour obtenir un avis. Le projet sera présenté ensuite aux élus municipaux et à un comité de citoyens», souligne-t-elle.

Peu de détails

Les tenants et aboutissants de ce projet sont encore pour le moment un mystère.

Il s’agit toutefois d’une première étape vers une prise en charge des ruines qui attendent, patiemment, depuis maintenant 10 ans.

L’objectif de la Ville est toujours de permettre l’accès au site par les visiteurs. Il faudra toutefois attendre les recommandations de la firme mandatée en 2016 pour savoir s’il sera possible ou non de rouvrir le site aux visiteurs. Même si l’intention de la Ville est de permettre à la population de se réapproprier les lieux, la sécurité des éventuels visiteurs demeure la priorité.

La Ville-Centre semble vouloir s’appuyer sur diverses normes et bonnes pratiques en matière de conservation des éléments du patrimoine dans le cadre de cette mise en valeur.

«Elle doit s’inspirer de ICOMOS, la Charte internationale pour la gestion du patrimoine archéologique, des normes et des lignes directrices pour la conservation des lieux patrimoniaux du Canada (2010) et des textes sur la préservation et la mise en valeur des « ruines » publiés par le Building conservation de Grande-Bretagne. », souligne la relationniste de la Ville-Centre.

Fermé au public

À la suite de travaux de réfection majeurs, en 1997 et 1998, le site avait été ouvert au public;  les visiteurs pouvaient librement se promener sur le site seuls ou faire une visite guidée des lieux.

Mais, depuis 2008, l’accès y est interdit, des barrières et des chaînes empêchant le passage.

Selon les informations fournies par Mme de Repentigny, en novembre de l’année dernière, la structure était considérée dangereuse pour les visiteurs. Des rambardes installées une décennie plus tôt devenaient instables et des morceaux des ruines tombaient, menaçant la sécurité des visiteurs.

Depuis lors, l’endroit est devenu le repaire d’explorateurs urbains ou de promeneurs nocturnes. Un vidéoclip de rap y a notamment été tourné en 2017 par le chanteur Fouki.

Reconnaissance patrimoniale

Rappelons qu’une demande de caractérisation du Sault-au-Récollet, incluant le site des moulins, comme  »Lieu historique national » avait été faite par Héritage Canada. Toutefois, aucune décision n’a encore été rendue dans ce dossier par la ministre de l’Environnement et du changement climatique, Catherine McKenna.

«Nous travaillons actuellement à la finalisation du procès-verbal de la réunion pour l’examen de la ministre», souligne Audrey Champagne, agente aux relations avec les médias à Parcs Canada.

Selon Parcs Canada, il faut attendre parfois plus de deux ans et demi  avant qu’une décision ne soit rendue à partir du dépôt d’une demande. Les conclusions de cette commission doivent aussi rester secrètes et la ministre responsable du dossier est libre d’aller à l’encontre de la décision de la Commission. Rien n’est donc joué sur la question.

Bref, autant du côté de la Ville-centre, que de Québec, ou d’Ottawa, rien n’est joué. Il faudra plus que de l’eau au moulin pour faire fonctionner ce dernier et éblouir les visiteurs de passage sur le site.