Bernard Lavallée et un des tournesols qu’il a fait pousser (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Journaldesvoisins.com rapportait récemment que plusieurs saillies de trottoir d’Ahuntsic-Cartierville manquaient de végétation. Un citoyen de l’arrondissement n’a pas attendu que la Ville vienne végétaliser la saillie devant chez lui, il s’en est occupé tout seul. Le résultat : une expérience d’agriculture urbaine remarquable et un très joli potager!

Bernard Lavallée est nutritionniste, conférencier, bloggueur et auteur du livre Sauver la planète une bouchée à la fois. Son travail consiste à rendre la saine alimentation accessible et simple d’approche. Il s’intéresse depuis le début de sa carrière à l’agriculture urbaine.

« Pour moi l’agriculture urbaine est une façon de reconnecter les gens aux aliments de base comme les fruits et légumes et de les faire voir sous un angle différent. Quand on cultive notre premier plant de tomate, on comprend l’effort que ça prend et on développe une relation particulière avec notre plant puisqu’on en a pris soin », dit-il.

Bernard Lavallée et un des tournesols qu’il a fait pousser (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Genèse du projet

Confiné chez lui comme tous les Québécois en raison de la COVID-19, Bernard Lavallée avait beaucoup de temps libre. Il a remarqué que les quatre saillies de trottoir construites il y a deux ans sur sa rue n’avaient jamais été entretenues par la Ville et qu’on n’y avait rien planté. Armé d’une simple cuillère à soupe, qu’il utilisait normalement pour jardiner sur son balcon, il a donc entrepris de cultiver une saillie.

À la base, il plantait surtout des fleurs pour embellir la saillie et attirer les pollinisateurs. Au fur et à mesure qu’il faisait des semis pour son balcon, il allait planter ses restes de semis dans la saillie. On y retrouve maintenant une variété de plantes. Les voisins viennent d’ailleurs se servir eux-mêmes dans le jardin, cueillant notamment des courgettes et du basilic.

« Allez planter! »

« Si les gens déplorent le manque de végétation près de chez eux, je les encourage à aller planter des semences et à les regarder fleurir. On peut décider nous-mêmes de végétaliser nos saillies de trottoir comme citoyens. C’est un passe-temps agréable. La Ville ne serait que gagnante si tout le monde se mettait à cultiver ces endroits », croit-il.

M. Lavallée a observé que plusieurs autres personnes le font dans la ville mais qu’il y a «encore de la place pour végétaliser et planter dans plein d’autres endroits. »

Pendant la plus grande partie de l’été, la saillie qu’il a cultivée était la seule de sa rue où il y avait des plantes entretenues. Vers le milieu de l’été, la Ville est venue cultiver les autres saillies. Elle n’a pas détruit son jardin, au contraire, elle y a même planté deux amélanchiers, des arbres à fruits comestibles, un geste que le jardinier a trouvé très gentil de la part des employés de la Ville puisqu’ils enrichissent son jardin et s’accordent avec la philosophie derrière son projet.

Bernard Lavallée et des tournesols qu’il a fait pousser (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Nombreux avantages

« Les gens s’arrêtent toujours devant mon jardin pour prendre des photos avec mes tournesols, qui en sont la pièce maîtresse. Sans m’en rendre compte, j’ai créé un lieu attractif pour les gens. Ça ajoute de la beauté dans la ville », se réjouit le nutritionniste.

En plus de l’embellissement de l’espace public, Bernard Lavallée voit plein d’autres bénéfices à ce genre de projet. Ces initiatives permettent notamment de combattre les îlots de chaleurs, de découvrir de nouveaux aliments et de souder les communautés.

« J’ai créé des liens avec des personnes à qui je n’aurais probablement jamais parlé. Je ne connaissais pas beaucoup mes voisins avant de commencer mon potager. Maintenant je les connais et on se parle car à chaque fois que je sors cultiver mon jardin, des gens s’arrêtent pour me parler », témoigne-t-il.

Bernard Lavallée aspire à ce que son projet devienne plus gros l’an prochain. Il aimerait cultiver les quatre saillies de sa rue avec l’aide de ses voisins.

« Si l’on pouvait se partir une brigade jardinage, ce serait vraiment génial! », s’enthousiasme-t-il.

Bernard Lavallée et quelques tournesols qu’il a fait pousser (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

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5 commentaires
  1. C’est génial! J’ai demandé la permission à la ville pour enlever l’asphalte d’une partie de mon trottoir et y faire pousser toutes sortes de vivaces et légumes. Malheureusement, je n’ai même pas reçu un accusé de réception après 2 envois 🙁 Si vous savez comment faire bouger les choses, ce serait un espace d’environ 8 m*2 plein soleil! Sur St-Hubert, en face d l’annexe Sophie-Barat.

    1. On vous suggère de déposer une requête au 311, et gardez votre numéro de dossier. Parallèlement, écrivez au conseiller ou à la conseillère de votre district. En principe, d’un côté ou de l’autre, vous devriez avoir des résultats.

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