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Nouvelle formule d'habitation communautaire à Ahuntsic-Cartierville

Aînés, et adultes avec déficiences intellectuelles, en bons voisins

Publié le 02/12/2016
par Hassan Laghcha

 

Inauguration de la maison Rêvanous (Photo : Philippe Rachiele)

Inauguration de la maison Rêvanous (Photo : Philippe Rachiele)

Grâce au programme gouvernemental AccèsLogis et à la collaboration de plusieurs acteurs et organismes, le projet de logements communautaires à but non lucratif Rêvanous vient d’aboutir dans Ahuntsic-Cartierville. Sa spécificité : réunir dans un même milieu de vie, des personnes de 55 ans et plus et des adultes vivant avec des déficiences intellectuelles légères. Ce projet unique a été célébré lors de l’inauguration officielle vendredi dernier.

Il a fallu une mobilisation soutenue et une grande persévérance pendant plus de 12 ans de la part de familles d’adultes vivant avec un handicap mental pour que le projet des logements Rêvanous voit le jour.

« Au départ, l’idée du projet était une initiative de parents d’enfants vivant avec des déficiences intellectuelles légères. Ces parents se préoccupaient du devenir à long terme de leurs enfants, quand ils ne seront plus là ou ne seront plus en mesure de les assister », dit Jean-Pascal Beaudouin coordonnateur de la charge de projets à l’entreprise d’économie sociale Bâtir son quartier.

Cet organisme a accompagné, par ses ressources techniques, la réalisation du projet en partenariat avec l’organisme à but non lucratif Rêvanous, dont la mission est de « favoriser l’accès à un logement à loyer modique, à des adultes vivant avec un diagnostic de déficience intellectuelle légère ».

L’immeuble, sur la rue Laverdure, près du métro Sauvé, à proximité de l’école secondaire Mari-Anne, comporte, en plus des logements conventionnels, une salle communautaire et un local multi-usages, une salle informatique, deux bureaux pour l’intervention communautaire, une cour extérieure et des stationnements.

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Photo : Philippe Rachiele

« Autant d’espaces propices à la rencontre et à la solidarité entre résidants, autant de points de contact dans un milieu de vie géré avec la contribution de ses usagers », note le communiqué publié à l’occasion de l’inauguration, le 25 novembre dernier.

Une convivialité inédite

« Cohabiter avec des personnes qui ont des déficiences intellectuelles, non seulement, ça ne me pose aucun problème, mais je trouve que cette idée est tout à fait géniale! » affirme Raynald Michaud, l’un des locataires des logements réservés aux personnes de 55 ans et plus, en entrevue à journaldesvoisins.com.

M. Michaud s’estime, en effet, « bien heureux de pouvoir vivre cette belle expérience humaine ». Il témoigne de la profonde convivialité qu’il ressent au contact quotidien avec ses nouveaux voisins. « Vous ne pouvez pas imaginer combien, ils sont affables, gentils, communicatifs et très souriants! » s’exclame-t-il, soulignant l’ambiance chaleureuse et très animée due à cette cohabitation singulière et également à la présence au quotidien des intervenants qui s’occupent des personnes qui ont des déficiences intellectuelles.

« Je ne me sens pas seul, dit-il, contrairement à ce que l’on peut vivre dans les grands blocs. C’est un projet magnifique! »

En fait, ce projet, confirme, selon la directrice générale de l’organisme Bâtir son quartier, Edith Cyr, l’importance sociale des projets immobiliers avec soutien communautaire. « L’habitation communautaire offre une réponse pérenne et structurante qui va au-delà d’un simple toit sur la tête », a-t-elle relevé, à l’occasion de l’inauguration.

Yves Marcotte Président de Rêvanous

Yves Marcotte Président de Rêvanous

De son côté, le président de Rêvanous, Yves Marcotte, a indiqué que « l’accès à un logement autonome pour des personnes ayant une déficience intellectuelle légère, lorsqu’elles sont prêtes à quitter le domicile familial, est essentiel dans notre société. Cela leur garantit une qualité de vie, une prise en charge personnelle de leur destin ».

Soulignons que plusieurs acteurs et organismes, entre autres, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord de Montréal, Solidarité Ahuntsic et la Commission scolaire de Montréal (CSDM) ont, également, contribué à ce projet cofinancé par la la Société d’habitation du Québec et la Ville de Montréal à raison de 50 % des coûts de la réalisation. Le reste (50 %) est financé par un prêt hypothécaire.

« Les subventions accordées dans le cadre du programme AccèsLogis permettent de réduire sensiblement les coûts du prêt hypothécaire, et, donc, de mettre à la disposition des personnes à faible revenu des logements économiques », dit M. Beaudouin. À signaler que les deux organismes Rêvanous et Bâtir son quartier pensent à développer une deuxième phase de ce projet, compte tenu des besoins constatés et les demandes insistantes de citoyens en ce sens.

À noter aussi que Bâtir son quartier compte à son actif environ 10 000 logements communautaires réalisés depuis sa création en 1976.

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