Il n’y a pas que la crème glacée qui a tendance à se liquéfier à la chaleur. Quand le soleil tape dur, l’asphalte ramollit. Par les temps qui courent, ce phénomène est particulièrement visible aux intersections de grandes artères comme Henri-Bourassa et Sauvé.

À certains coins de rue, la chaussée est nettement déformée, de larges sillons parallèles au trottoir étant creusés sur une bonne longueur. Des traces de pneus témoignent des nombreux passages de véhicules lourds, notamment sur Henri-Bourassa, boulevard qu’empruntent plusieurs circuits d’autobus.

De nombreuses couches d’asphalte ont été superposées aux endroits affaissés, leur donnant l’allure de vêtements rapiécés.

À l’intersection des rues Laverdure et Sauvé, par exemple, on n’a pas lésiné sur le bitume et d’épaisses tartines noires peu esthétiques débordent même sur le trottoir nord-est. De quoi consolider le tout pour un bout de temps, pourrait-on croire. Eh bien non, les ornières se sont reformées comme si de rien n’était!

« Cette situation se retrouve presque exclusivement aux arrêts d’autobus », explique la chargée de communication de l’arrondissement, Marlène Ouellet. Il y a deux facteurs en cause, expose-t-elle, « soit le poids des autobus, articulés ou non, en plus du poids des usagers, et le temps chaud de l’été combiné à l’état de la chaussée (fondation et asphalte) ».

Par temps chaud, poursuit-elle, « l’effet des arrêts et des départs multiples des autobus fait en sorte que l’asphalte devient plus malléable. Le poids des autobus et leurs mouvements créent à l’usage ces ornières importantes. »

Pas du ressort de la STM

Ce problème n’est pas du ressort de la Société de transport de Montréal, affirme la relationniste Isabelle Tremblay.

«Nous, notre travail, c’est de transporter les gens. On a des circuits sur Henri-Bourassa depuis toujours. Nous, on circule, on est un usager de la route. »

Si les travaux d’asphaltage semblent bâclés, « il ne s’agit pas de réparations hâtives », s’empresse de préciser Mme Ouellet. Mais à l’évidence, l’ajout d’asphalte ne peut tenir lieu de solution permanente. Montréal prévoit «reconstruire certains arrêts d’autobus en béton », révèle la porte-parole. La Ville centre a proposé un programme spécifique aux arrondissements et attend confirmation des endroits visés.

« Si l’endroit vu sur les photos n’est pas dans les mises à niveau cette année, il sera réparé temporairement », assure-t-elle.

Est-ce que ces sillons peuvent nuire au travail des chauffeurs d’autobus? À l’heure de tombée, Mme Tremblay n’avait pu nous le préciser.

*Air connu il y a plusieurs décennies, d’une contine pour enfants, « Ainsi font font font », de Maman Fonfon (Tante Lucille.:-)



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