Les automobilistes appréhendent le boulevard O’Brien, une artère importante située dans le secteur de Cartierville. Les ralentissements y sont monnaie courante et les feux de signalisation, nombreux. Les conducteurs coupent donc par des rues résidentielles parallèles pour sauver du temps, au grand désarroi des résidants du quartier.Â
Les enjeux de circulation dans Cartierville sont multiples. Premier au banc des accusés: la circulation de transit sur les rues locales qui est le fait –en majorité– de banlieusards contournant la circulation sur les artères en passant par d’autres rues moins achalandées. D’ailleurs, le JDV suit l’évolution de ce phénomène depuis plusieurs années déjà .

D’autres facteurs aggravants, comme la distance entre les sorties d’autoroute de la 15 et l’afflux du boulevard Laurentien rendent la circulation encore plus complexe.
Dans le cas du boulevard O’Brien, on doit ajouter le chantier de la gare du ruisseau du REM, qui réduit le passage à niveau à une seule voie.
Conséquemment, les automobilistes tentent de prendre des raccourcis.Â
Cette circulation de transit, Catherine Legault la voit quotidiennement puisqu’elle réside sur une voie parallèle à O’Brien.
« La situation a toujours été problématique, mais la circulation a empiré ces dernières années », remarque celle qui habite sur la rue Lavigne depuis maintenant 13 ans.Â
La résidante affectée par ces problèmes de circulation ajoute:
« Étant donné la difficulté à tourner sur O’Brien à partir de Salaberry, il y a beaucoup de voitures qui vont tourner sur Lavigne juste avant pour éviter les feux de signalisation sur O’Brien. »Â
Sur Lavigne, pas question de mettre deux buts de part et d’autre de la rue pour jouer au hockey balle, ce serait trop risqué pour les enfants.
« Moi j’ai des enfants de huit et onze ans. Ils vont à l’école à pied ou à vélo. Quand les voitures arrivent rapidement, c’est plus dangereux », dit Mme Legault.
Pour sa part, Daniel Rochefort, un résidant qui s’est jadis engagé sur les questions de mobilité au sein d’un comité citoyen dans Cartierville, explique:
« La rue O’Brien bloque souvent, les gens prennent par Lavigne, et Lavigne devient une autoroute, comme un raccourci pour éviter les feux de signalisation et le trafic de O’Brien »
M. Rochefort identifie plusieurs sources au problème.
« Une partie de la circulation est engendrée par le gros pôle d’emploi que représente l’hôpital [Sacré-Coeur], donc du monde qui vient de l’extérieur et qui vont travailler à l’hôpital. Il y a aussi une grosse partie de la circulation qui est le lot des écoles privées, comme Sourp Hagop qui est fréquentée par des gens qui viennent de la banlieue », dit-il.
D’ailleurs, cette organisation citoyenne communique ses idées aux administrations municipales. C’est ce même comité qui a convaincu la mairie d’installer un panneau d’arrêt à l’intersection de la rue Dudemaine et Fillion.
Pistes de solution
Mme Legault s’inquiète de la vitesse des véhicules sur la rue Lavigne. Selon la résidante, les bollards de rétrécissement doivent être installés plus tôt par l’arrondissement, soit dès la fin de l’hiver. Ces dispositifs d’apaisement de la circulation servent à rappeler aux automobilistes qu’ils se trouvent dans un secteur résidentiel ou scolaire.Â
La possibilité de dos d’âne divise cependant Mme Legault et M. Rochefort. Ce dernier souligne que l’accélération entre chaque dos d’âne crée d’autres problèmes, comme la vitesse et du bruit.   Â
« On ne peut pas reprocher aux gens de vouloir aller à leur destination. C’est pareil à côté de [l’école Sourp Hagop], je ne peux pas accuser les parents de venir porter leurs enfants », convient M. Rochefort, qui travaille actuellement sur les questions de mobilité chez Équiterre.
Pour Daniel Rochefort, le problème fondamental c’est qu’il y a trop de voitures.
« À un moment donné, il faut accepter qu’il y ait des voitures, mais il faut essayer de civiliser tout ça avec des mesures plus contraignantes », suggère-t-il.Â
L’aménagement de pistes cyclables ininterrompues par des stationnements pour voitures sur toute la longueur de Dudemaine et O’Brien pourrait donner d’autres options de déplacement aux résidants, pense M. Rochefort.










