Corridor Henri-Bourassa : un conseil sous tension

La salle du conseil, récemment rénovée, était bondée pour la séance du conseil d’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville du 14 septembre. Photo: Amine Esseghir / JDV

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Entre rejet massif et appui pour le moins isolé, le Corridor de mobilité durable sur le boulevard Henri-Bourassa a été au centre d’un conseil d’arrondissement exceptionnellement couru.

« Cela va prendre combien de temps pour qu’on l’enlève (le Corridor de mobilité durable Henri-Bourassa) ou du moins en attendant qu’on l’enlève qu’on retire le virage à gauche obligatoire parce que ça, c’est l’enfer ? Qu’on remette des stationnements dans la voie réservée. Elle n’est pas obligée d’être 24/7. Merci. »

Jean-François Thibault, résident d’Ahuntsic, a résumé ainsi le contenu de la pétition de 3200 signatures qu’il devait déposer au conseil d’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, le 14 septembre.

Son intervention a d’ailleurs failli ne pas avoir lieu. Elle était la quatrième enregistrée lors de cette rencontre. La règle de régie interne ne permet de poser que trois questions sur un même thème.

Appel à la sérénité

Le rejet de ce corridor sur le boulevard Henri-Bourassa était un des sujets au centre de cette rencontre tendue.

La mairesse Maude Théroux-Séguin a, dès le début de la séance, appelé au calme. Dans une allocution de plus de huit minutes, empreinte d’une certaine gravité, elle a souligné que le dialogue et la critique sont toujours bienvenus. Elle a insisté sur la nécessité de préserver des discussions respectueuses.

Maude Théroux-Séguin 14 septembre 2026
Maude Théroux-Séguin lors de son allocution d’ouverture appelant à la sérénité. Photo : Amine Esseghir/JDV

« Je vais essayer de faire appel à ce qu’il y a de plus sensible et de plus intelligent en nous. Je vais essayer de comprendre d’où viennent les gens. Pas seulement ce qu’ils vont demander au micro, pas seulement ce qu’ils disent, mais ce qui se trouve derrière. Qu’est-ce qui les inquiète ? Qu’est-ce qui leur fait peur ? Qu’est-ce qu’ils veulent protéger ? Qu’est-ce qu’ils ont peur de perdre ? », a-t-elle déclaré.

Elle a prononcé ces mots devant plus de 200 personnes réparties entre deux salles, et beaucoup de gens debout.

Les diverses interventions sur les aménagements du boulevard Henri-Bourassa ont été majoritairement contre le projet, dont les travaux arrivent à la fin.

Une voix pour les aménagements

M. Dallaire, accompagné de son bébé Louis — qui aura en partie réussi à détendre un peu l’atmosphère — a été le seul à porter la voix de ceux qui sont pour les aménagements cyclables et la voie réservée pour bus sur le boulevard Henri-Bourassa. Était-il seul faute de temps ou par manque d’équilibre entre les interventions ? On ne le saura pas.

« L’objectif de ce projet, c’était d’en faire un projet inclusif qui faisait en sorte que tout le monde se sentait en sécurité pour circuler sur cet axe qui est vital dans le nord de Montréal », a -t-il souligné.

Il a plaidé pour une amélioration et a demandé si la piste cyclable rejoindra la station du REM du Ruisseau. Un souhait, a-t-il dit. Il ne sera pas exaucé. Du moins pas dans un avenir proche, a rétorqué la mairesse.

L’autre demande est un renforcement des stations de BIXI. Ce serait, selon l’intervenant, un moyen de démocratiser l’usage de la piste cyclable, considérée par de nombreux détracteurs comme désertée par les vélos. Un combat selon Mme Théroux-Séguin pour tous les arrondissements. Pour Ahuntsic-Cartierville, ce serait un peu plus difficile. L’arrondissement aurait connu le plus de vandalisme des stations BIXI.

La mairesse et les élus ont-ils perdu le contrôle de la salle ? Difficile à dire. Des agents de sécurité supplémentaires et des policiers discrètement présents attestaient toutefois de l’atmosphère tendue qui régnait.

Le plus gros dérapage aura été plutôt bénin. Les applaudissements nourris après les interventions des opposants au Corridor de mobilité durable.

Souvent, la mairesse a rappelé que la sérénité dans un conseil d’arrondissement est d’usage.

« Je vais vous demander de ne pas applaudir, s’il vous plaît. Je comprends que vous êtes emballés, que vous voulez montrer votre soutien à l’un ou à l’autre. »

Un appel qui était difficile à entendre dans le vacarme de l’enthousiasme.

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