Entre rejet massif et appui pour le moins isolé, le Corridor de mobilité durable sur le boulevard Henri-Bourassa a été au centre d’un conseil d’arrondissement exceptionnellement couru.
« Cela va prendre combien de temps pour qu’on l’enlève (le Corridor de mobilité durable Henri-Bourassa) ou du moins en attendant qu’on l’enlève qu’on retire le virage à gauche obligatoire parce que ça, c’est l’enfer ? Qu’on remette des stationnements dans la voie réservée. Elle n’est pas obligée d’être 24/7. Merci. »
Jean-François Thibault, résident d’Ahuntsic, a résumé ainsi le contenu de la pétition de 3200 signatures qu’il devait déposer au conseil d’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, le 14 septembre.
Son intervention a d’ailleurs failli ne pas avoir lieu. Elle était la quatrième enregistrée lors de cette rencontre. La règle de régie interne ne permet de poser que trois questions sur un même thème.
Appel à la sérénité
Le rejet de ce corridor sur le boulevard Henri-Bourassa était un des sujets au centre de cette rencontre tendue.
La mairesse Maude Théroux-Séguin a, dès le début de la séance, appelé au calme. Dans une allocution de plus de huit minutes, empreinte d’une certaine gravité, elle a souligné que le dialogue et la critique sont toujours bienvenus. Elle a insisté sur la nécessité de préserver des discussions respectueuses.

« Je vais essayer de faire appel à ce qu’il y a de plus sensible et de plus intelligent en nous. Je vais essayer de comprendre d’où viennent les gens. Pas seulement ce qu’ils vont demander au micro, pas seulement ce qu’ils disent, mais ce qui se trouve derrière. Qu’est-ce qui les inquiète ? Qu’est-ce qui leur fait peur ? Qu’est-ce qu’ils veulent protéger ? Qu’est-ce qu’ils ont peur de perdre ? », a-t-elle déclaré.
Elle a prononcé ces mots devant plus de 200 personnes réparties entre deux salles, et beaucoup de gens debout.
Les diverses interventions sur les aménagements du boulevard Henri-Bourassa ont été majoritairement contre le projet, dont les travaux arrivent à la fin.
Une voix pour les aménagements
M. Dallaire, accompagné de son bébé Louis — qui aura en partie réussi à détendre un peu l’atmosphère — a été le seul à porter la voix de ceux qui sont pour les aménagements cyclables et la voie réservée pour bus sur le boulevard Henri-Bourassa. Était-il seul faute de temps ou par manque d’équilibre entre les interventions ? On ne le saura pas.
« L’objectif de ce projet, c’était d’en faire un projet inclusif qui faisait en sorte que tout le monde se sentait en sécurité pour circuler sur cet axe qui est vital dans le nord de Montréal », a -t-il souligné.
Il a plaidé pour une amélioration et a demandé si la piste cyclable rejoindra la station du REM du Ruisseau. Un souhait, a-t-il dit. Il ne sera pas exaucé. Du moins pas dans un avenir proche, a rétorqué la mairesse.
L’autre demande est un renforcement des stations de BIXI. Ce serait, selon l’intervenant, un moyen de démocratiser l’usage de la piste cyclable, considérée par de nombreux détracteurs comme désertée par les vélos. Un combat selon Mme Théroux-Séguin pour tous les arrondissements. Pour Ahuntsic-Cartierville, ce serait un peu plus difficile. L’arrondissement aurait connu le plus de vandalisme des stations BIXI.
La mairesse et les élus ont-ils perdu le contrôle de la salle ? Difficile à dire. Des agents de sécurité supplémentaires et des policiers discrètement présents attestaient toutefois de l’atmosphère tendue qui régnait.
Le plus gros dérapage aura été plutôt bénin. Les applaudissements nourris après les interventions des opposants au Corridor de mobilité durable.
Souvent, la mairesse a rappelé que la sérénité dans un conseil d’arrondissement est d’usage.
« Je vais vous demander de ne pas applaudir, s’il vous plaît. Je comprends que vous êtes emballés, que vous voulez montrer votre soutien à l’un ou à l’autre. »
Un appel qui était difficile à entendre dans le vacarme de l’enthousiasme.










8 Responses
Un autre exemple de décision incompréhensible dans un autre secteur:
Sur Fleury coin St-Laurent côté sud est, quelques places de stationnement en face de la nouvelle pharmacie Jean Coutu. Vous laissez débarquer de votre voiture une personne et elle se retrouve dans un bac de fleurs. Très dangereux selon moi et bien mal pensé. Entre autres, une belle aberration que d’avoir fermé l’entrée du stationnement pour le CLSC Ahuntsic lorsque vous arrivez de l’ouest sur Henri-Bourassa et qu’il y’a une bande centrale maintenant en continue. Pendant que des voies s’élèvent, l’administration continue plus à l’Est de procéder à des travaux du même ordre. Pourquoi ne pas suspendre et revoir ce projet tellement controversé.
Dans quelques années, la reconstruction du Boulevard Métropolitain sera nécessaire, imaginée vous l’enfer sur Henri-Bourassa qui deviendra une route importante pour les camions de traverser l’île d’est en Ouest.
Nous avons combiné en un seul commentaire, vos trois contributions. Merci de nous lirs.
Je suis entièrement d’accord avec les gens qui sont contre la piste cyclable sur HB. Premièrement il y a presqu’aucun cycliste qui emprunte cette piste. Deuxièmement je plains amèrement les très nombreux locataires qui ont perdu une place de stationnement. On ne leur a jamais demandé leur avis.
Aussi tous les changements de circulation sur HB entre Boul. St-Michel et le boul L’Acadie sont très frustrants. Par exemple moi qui habite sur la rue Rancourt, nous ne pouvons plus tourner à gauche et monter dans notre quartier entre de Lille et Saint-Firmin. Quand je descends chez Maxi faire mon marché je me tape tout un détour pour revenir chez moi. C’est sans mentionner combien de temps il faut attendre à la lumière pour finalement traverser de Lille pour tourner à gauche sur HB, Christophe Colomb, et bien d’autres rues. Tout ça pour laisser les cyclistes passer. C’est de la folie et ça cause de la rage au volant!
Avant l’aménagement du corridor de mobilité durable, les usagers du transport en commun (bus 48, 49, 69…) étaient prisonniers de la circulation. Quant à la voie cyclable, elle sera plus utilisée lorsque complétée… et que certains commerces riverains (notamment entre Papineau et Saint-Michel) cesseront d’y laisser des rebuts de toutes sortes. J’ai retrouvé le plaisir de rouler à vélo en ville grâce à la multiplication des voies cyclables. Et je ne suis certainement pas la seule.
Qu’on ne puisse pas stationner À LA PORTE d’un commerce n’a rien de dramatique: quelques minutes de marche n’ont jamais tué personne… (La mauvaise foi de certains est absolument effarante en cette matière).
Une chose est certaine: on s’en va dans le mur. Il est temps qu’on prenne les moyens pour amortir le choc! La mobilité durable fait partie de la solution. Reculer là-dessus serait un désastre!
Le corridor cyclable sur Henri-Bourassa est pourtant essentiel comme lien de déplacement dans le quartier. Gouin est idéal pour les balades, mais la voie fait beaucoup de détours. Sinon, Prieur ou Sauriol ne sont pas des rues qui traversent tout le quartier. Pour les plus grandes distances, il n’y a qu’Henri-Bourassa qui traverse d’est en ouest le Nord de l’ile.
Puis à ceux qui disent que la voie est vide, il faut savoir qu’elle n’est pas encore terminée.
À mon avis, c’est un terrible manque de vision de ne pas travailler à connecter le REV H-B à la station du REM et de ne pas connecter les pistes est et ouest. Une énorme proportion du budget va dans les aménagements favorisant les déplacements en voiture, la gratuité des stationnements, etc. Un petit peu plus d’équilibre pour favoriser d’autres modes de déplacement ne ferait pas de tord. D’autant que souvent, ces aménagements sont nécessaires justement parce qu’il y a beaucoup de voiture. Ce ne sont pas tous les ménages dans lesquels chaque personne a une voiture. Beaucoup de gens se déplacent d’une autre manière.
Beaucoup de travail a été fait pour le REV. Laissons nous un peu de temps pour évaluer et peut-être corriger un peu les aménagements planifiés par des spécialistes. Le REV nord-sud peut nous servir d’exemple de ce qui devrait se produire dans les prochains mois ou prochaines années. C’est certain que malheureusement les détracteurs se font plus bruyants que ceux qui y voient un projet très structurant pour les quartiers impliqués. Oublions un peu le passé et regardons vers l’avenir.
Le corridor de mobilité durable est essentiel pour la sécurité de tous les usagers de route, particulièrement les cyclistes et les piétons.
Regardons devant, une ville pour tous, et non derrière, une ville pour les « chars ».