Les écoles d’Ahuntsic-Cartierville seront gérées par des centres de services

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Après 178 ans, la fin semble imminente pour les commissions scolaires au Québec. Dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, ce sont 25 écoles publiques qui seront touchées par la réforme à venir.

En effet, les commissions scolaires seront remplacées par des centres de services, d’après un projet de loi déposé à Québec par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Ce sont des conseils d’administration, composés de 16 bénévoles, dont huit parents d’élèves, qui succéderont aux conseils des commissaires.

Les membres des conseils d’administration de ces centres de services seront élus par les parents siégeant au sein des conseils d’établissement de leur école.

Point de vue de la commissaire Jorg

Cette situation pose problème à l’actuelle commissaire scolaire de Cartierville–Ahuntsic-Ouest, Chantal Jorg.

« Quand on fait une élection au suffrage universel, ce sont 52 000 électeurs qui ont le droit de vote dans une circonscription, explique-t-elle. Avec la nouvelle loi, c’est seulement une poignée de gens qui vont pouvoir voter pour les membres du conseil d’administration. Les payeurs de taxes perdent donc leur droit de vote lié aux taxes scolaires. »

Chantal Jorg (Photo: archives jdv)

Jusqu’à l’arrivée du nouveau projet de loi, les élections scolaires se tenaient à tous les sept ans. Les dernières ont eu lieu en 2014.

Dans Cartierville–Ahuntsic-Ouest, le taux de participation avait été de 5,43%, 2 828 électeurs se prévalant de leur droit de vote. D’après Chantal Jorg, ce sont environ 320 personnes qui pourront maintenant élire les membres du conseil d’administration.

Un nouveau système plus économique, mais à quel prix?

La semaine dernière, le ministre Roberge annonçait notamment que 160 professionnels pourraient être embauchés au Québec grâce aux économies réalisées avec la réforme.

D’après les données recueillies dans le cadre de ce reportage, il y a présentement 2 738 écoles publiques au Québec.

Lorraine Pagé (Photo: archives jdv)

Selon les calculs du jdv, il y aurait donc un nouveau professionnel pour 17 établissements. Dans Ahuntsic-Cartierville, cela équivaudrait vraisemblablement à seulement un ou deux spécialistes de plus pour tout l’arrondissement.

De plus, tous ne sont pas d’avis que les économies réalisées en enlevant le salaire des commissaires soient vraiment une bonne chose. C’est le cas de l’ancienne présidente de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), Lorraine Pagé, interrogée par le jdv.

« Les économies qu’on fait, c’est parce qu’on cesse de payer les gens à qui on va confier des responsabilités, commente Lorraine Pagé. Quand on siège à un conseil d’administration, le travail ne se fait pas seulement lors des réunions. »

La chose est peu connue du grand public, mais les commissaires scolaires font régulièrement des heures supplémentaires, la cause de l’éducation étant un «engagement prenant», selon la commissaire Jorg.

Les écoles moins bien nanties souffriraient

Un autre enjeu soulevé en lien avec cette réforme est le fait que les écoles auront davantage de responsabilités, engendrant ainsi certaines inégalités. Avec le système actuel, les commissions scolaires redistribuent leurs profits parmi les établissements afin de favoriser la parité.

« On remet tout [le pouvoir] aux écoles, dit Lorraine Pagé. Les écoles défavorisées vont en souffrir, car elles ont moins de ressources que les écoles favorisées. »

Les parents de différents milieux devront aussi participer au sein du conseil d’administration pour représenter les points de vue de leur école. C’est une tâche qui n’est pas accessible à tout le monde.

« Ce ne sont pas tous les parents qui pourront s’impliquer, déplore Chantal Jorg. Les parents de milieux défavorisés n’ont pas nécessairement le loisir de s’impliquer bénévolement pour pouvoir défendre leurs intérêts. »

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Le présent avis est publié le 12 06 2026, par Me Chantal Houde, juge administratif

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