Élections
Élections, une centaine de personnes ont assisté au débat entre les candidat.e.s de Maurice-Richard co-organisé par le JDV et Solidarité Ahuntsic au Collège Ahuntsic, le 21 septembre 2022. (Photo : François Robert-Durand, JDV).

Cinq candidats aux élections provinciales du 3 octobre dans la circonscription de Maurice-Richard ont pu aborder durant deux heures, devant public, les problématiques portées par le milieu communautaire d’Ahuntsic et des citoyens.

La rencontre, organisée le 21 septembre au Collège Ahuntsic par journaldesvoisins.com, Solidarité Ahuntsic, Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville (MÉAC), Solon et le Comité de pilotage de la démarche citoyenne pour le redéveloppement de Louvain Est, a réuni une centaine de citoyens.

Devant eux, les candidates et candidats aux élections Audrey Murray de la Coalition Avenir Québec (CAQ), Chantal Jorg du Parti québécois (PQ), Haroun Bouazzi de Québec solidaire (QS), Gilles Fournelle du Parti vert (PVQ) et Jonathan Marleau du Parti libéral (PLQ) ont pu s’expliquer sur les six thèmes choisis pour la soirée.

Toutefois, le logement et les difficultés à se trouver un toit auront eu droit à trois moments durant la rencontre. La première fois, quand les prétendants au siège de député de Maurice-Richard se sont exprimés par eux-mêmes. La seconde fois, quand ils ont dû répondre aux questions de deux représentants du Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC).

Haroun Bouazzi a rappelé que le sujet de l’abordabilité du logement s’est imposé à l’Assemblée nationale avant les élections, quand un député de QS, Andrés Fontecilla, s’était exprimé.

« Nous n’avons pas découvert la crise de logement ou le manque d’appartements à 500 $ à louer dans Ahuntsic ou ailleurs sur l’île de Montréal, l’année dernière », a-t-il déclaré.

Pour lui, il faudrait absolument mettre fin à la hausse vertigineuse des loyers. « Nous voulons mettre un registre national sur les loyers pour arrêter ces augmentations. »

Pour ce qui est de la construction de logements sociaux et abordables sur le site Louvain Est, « nous en serons un partenaire, nous allons nous battre pour son financement », a-t-il assuré.

Audrey Murray de la CAQ a d’abord rappelé que le besoin en logements sociaux et abordables dans la circonscription est évalué autour de 1 500 à 1 700 unités. Quant au développement de Louvain Est, elle a promis d’agir auprès du gouvernement.

« Comme députée, pour moi, ce sera de m’assurer qu’on est capable d’aller chercher le soutien pour réaliser ce nouveau quartier qui aura probablement besoin d’une gouvernance intégrée pour tous les programmes gouvernementaux du Québec qui vont être sollicités pour le réaliser. »

Chantal Jorg du PQ a rappelé que le programme qui permet de construire des logements à bas coûts, AccèsLogis « est un héritage de Monsieur [Lucien] Bouchard. Donc on veut continuer ce programme-là. »

Le candidat du PVQ, Gilles Fournelle a rappelé que lui-même fait face aux difficultés de se loger. «Je suis dans un quatre et demi à 1 000 $. Quelles sont mes options pour pouvoir devenir propriétaire? Il n’y en a pas. Ce qu’on propose, c’est que les gens puissent avoir des options.»

Jonathan Marleau du PLQ, candidat à ces élections, a lui aussi indiqué qu’il était frappé par la crise. « Avant je restais à côté d’ici et puis à cause de la crise du logement, j’ai été obligé de déménager plus au sud. On n’a plus les mêmes options. »

Le milieu communautaire, à travers le Comité logement Ahuntsic-Cartierville a demandé, en prévision des élections, si AccèsLogis serait maintenu pour construire des logements sur le site Louvain Est. Ce terrain, qui appartient à la Ville, doit connaître un important développement pour la construction d’un écoquartier de 800 à 1 000 logements dont la moitié seraient sociaux ou abordables.

M. Marleau soutient le projet, mais il veut surtout être porteur du message auprès des instances gouvernementales. « On ne veut pas dire aux gens comment construire le site Louvain, mais on veut s’inscrire en partenariat », a-t-il insisté.

M. Fournelle du PVQ a apporté un appui franc au projet même s’il l’inscrit plus largement dans le programme de son parti.

« Comme députée, c’est sûr que je ferais vraiment des représentations, parce que lorsqu’on est un élu politique, c’est vraiment une lutte de pouvoir dans un rapport de force et pour faire avancer ces dossiers. Il faut aller chercher toutes les subventions. Il faut parler avec tous les gouvernements », a précisé pour sa part Mme Jorg du PQ, tout en soutenant le projet.

Pour M. Bouazzi de QS, Louvain Est s’inscrirait dans un programme plus large à l’échelle de toute la province. « On parle de la construction de 25 000 logements sociaux dans un premier mandat. Dans un horizon de 10 ans, la moitié seraient des HLM et l’autre moitié seraient des coopératives. »

Mme Murray de la CAQ a indiqué qu’AccèsLogis n’a permis de construire que 2 000 logements par année et le programme veut encore consolider son financement au niveau fédéral. « En fait, on a un enjeu de volume dans un contexte aussi de manque de main-d’œuvre dans le secteur de la construction. »

Sophie-Barat

Quand a été abordée la question de l’éducation, le cas de l’école secondaire Sophie-Barat s’est vite imposé dans ces discussions avant les élections. Cet établissement, dont une aile est fermée à cause des risques d’effondrement, a dû délocaliser en urgence en 2020 une partie de ses élèves à Saint-Michel dans un bâtiment prêté par la Commission Scolaire English-Montreal. Cela a provoqué une véritable crise de confiance entre les parents et la direction de l’école.

Mme Murray de la CAQ a qualifié la situation d’histoire d’horreur. « Là on est dans une situation où l’argent a été dégagé pour faire les travaux d’urgence et faire la rénovation. Évidemment, on ne peut pas éviter une transition sur plusieurs années. À mon avis, de façon transparente et rapide, il faut clarifier ces éléments de transition. Il y a beaucoup d’insatisfactions en ce moment », a-t-elle reconnu.

M. Fournelle du PVQ et M. Marleau du PLQ ont plaidé pour une deuxième école secondaire dans la circonscription.

Mme Jorg du PQ a rappelé qu’en tant qu’ancienne commissaire scolaire, elle avait travaillé pour agrandir presque toutes les écoles primaires du quartier. « Sophie-Barat était ma dernière école à agrandir. Mais j’ai été abolie par le gouvernement », a-t-elle regretté.

« Je suis content qu’on reconnaisse la situation catastrophique de l’école Sophie-Barat qui est due à une accumulation, gouvernement après gouvernement, parce qu’il faut plus qu’une décennie pour avoir des murs qui tombent », a affirmé M. Bouazzi de QS.
Il a plaidé pour plus de transparence et d’imputabilité.

« En tant que député, je contacterais toutes les personnes pour s’assurer que le projet avance. Il n’est pas normal qu’on ne sache pas quand ce projet va finir. On parle même de 10 ans. »

Sur la rive

Sujet d’actualité s’il en est, La promenade du Sault a été amenée à la rencontre des candidats aux élections par Jocelyn Duff, un citoyen actif d’Ahuntsic.

Ce projet imaginé par des citoyens, soutenu par les élus de l’arrondissement et même la députée fédérale, permettrait de créer un parcours le long des berges de la rivière des Prairies, là où Hydro-Québec a procédé à un enrochement massif pour retenir le vieux mur de soutènement en amont du barrage Simon-Sicard.

Mme Murray de la CAQ a assuré qu’elle était pour la promenade. « C’est magnifique, on a un joyau naturel tout du long de la rivière des Prairies et bien sûr, comme dans tous les projets, il faut des démarches claires pour aller chercher l’adhésion », a-t-elle soutenu.

Pour M. Fournelle du PVQ faire de la politique c’est appuyer les gens quand ils ont une proposition claire et réaliste. « Devant des citoyens qui s’impliquent, on ne peut pas fermer les yeux. On ne peut pas regarder ailleurs. On doit faire le projet. »

Un point de vue similaire chez M. Marleau du PLQ. « Je me suis impliqué pendant 10 ans avec des groupes communautaires et j’ai vraiment côtoyé l’appareil public de différentes façons. Et puis j’ai trouvé que j’avais une certaine limite au niveau de l’implication communautaire. C’est ce qui m’a motivé à me présenter en politique pour dépasser cette limite-là en tant que candidat pour permettre à ce que des projets comme celui-ci puissent se réaliser. »

Mme Jorg du PQ appuie La promenade du Sault à 100 %. « Quand ça vient des citoyens, quand les gens sont mobilisés, on n’a pas besoin d’aller les chercher. »

M. Bouazzi de QS a indiqué avoir parlé du projet avec la mairesse de l’arrondissement.

« Comme élu, je serais l’huile dans tous les rouages. Je suis ingénieur de formation, j’espère que ça va aider aussi dans nos relations avec Hydro-Québec. Il y a aussi Mélanie Joly, avec qui je travaillerais parce qu’il y a probablement de l’argent à aller chercher de Patrimoine Canada. Je pense que tout le monde peut mettre de l’eau à la pâte et encore une fois, c’est tout à fait aligné avec notre projet pour que cela [les berges] soit accessible au public. »

Le débat a été diffusé en direct sur Facebook.

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