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Une nomination de plus pour Émilie Thuillier

Publié le 13/04/2018
par Alain Martineau

La mairesse Émilie Thuillier (Photo: archives jdv)

C’est la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier,  qui a été désignée pour représenter la Ville de Montréal au sein du Comité consultatif sur le climat sonore d’Aéroports de Montréal (ADM) qui s’occupe de la gestion de ce qu’on appelait autrefois l’aéroport de Dorval.

Quant à lui, le groupe de pression Les Pollués de Montréal-Trudeau s’interroge sur la véritable influence de cette entité regroupée sous le chapeau d’ADM.

Selon sa définition officielle, « le comité s’appuie sur les travaux d’un comité technique formé de spécialistes et constitue un forum efficace d’échange d’information, de discussion et de consultation sur toute question relative au climat sonore et particulièrement sur toute proposition de changement aux critères acoustiques d’utilisation et aux procédures d’atténuation du bruit ».

Émilie Thuillier, désignée en décembre dernier, avait elle-même exprimé son intérêt pour être la porte-parole de la métropole au sein du comité en question.

« Comme le réclament les gens, notamment dans l’arrondissement, a indiqué Mme Thuillier en entrevue au journaldesvoisins.com, je souhaite  que l’on fasse montre de transparence dans la diffusion de données fiables sur le niveau du bruit », a-t-elle indiqué.

Le comité comprend aussi des représentants de villes voisines et de l’arrondissement voisin de Saint-Laurent, de Transports Canada et du  gouvernement du Québec, entre autres.

En campagne électorale, Valérie Plante de Projet Montréal avait réclamé la mise en place  d’un observatoire du bruit (avec bureau dans Ahuntsic/Cartierville), question de cartographier les endroits les plus bruyants de la ville et de permettre aux autorités municipales de mieux cibler les sources de bruit.

Mais le groupe les Pollués dit douter de son efficacité réelle, comme il déplore la lenteur de nos élus « à faire bouger les choses » pour atténuer le bruit provenant du ciel et qui nuit à bon nombre de citoyens du nord de Montréal entre autres.

 

Réaction des Pollués

Invité à commenter la nomination de Mme Thuillier, le président des Pollués de Montréal, Pierre Lachapelle, semblait peu surpris.

« Madame Thuillier était la responsable du dossier aéroportuaire, au sein du groupe des élus de Projet Montréal à l’Hôtel de ville de 2013 à 2017. Un observateur indépendant pourrait dire que sa présence au sein du comité consultatif est une suite logique » a-t-il indiqué.

Mais il va sans dire que le groupe de pression, qui a attiré une quarantaine de personnes à sa deuxième assemblée générale annuelle, fin février, attend avec impatience des mesures concrètes de la part de nos élus et responsables.

Au sujet du Comité consultatif sur le climat sonore, le comité a obtenu diverses infos provenant d’élus de l’arrondissement Saint-Laurent ayant  participé à ce comité dans le passé.

« Ces informations, affirme les Pollués,  et sur la base du tapis de décibels (comme dans tapis de bombes en situation de guerre aérienne)  qui s’abat sur Montréal depuis sa création, ce comité pour nous est aussi intéressant qu’une coquille vide », a ajouté Pierre Lachapelle.

Jusqu’ici, le groupe se dit déçu des résultats obtenus dans la défense de milliers de citoyens affectés, de jour comme de nuit, par la pollution par le bruit et par la pollution de l’air, toutes deux générées par les avions.

« Comment ces gens peuvent-ils voir une amélioration substantielle de la qualité de la vie dans le ciel et dans les quartiers de Montréal, comme celle de pouvoir profiter d’une nuit de sommeil réparatrice? », souligne le président des Pollués.

Pour les Pollués, qui plaident pour l’implantation d’un couvre-feu complet sans égard au poids des avions de 23 h à 7 h, chaque niveau de gouvernement ou d’administration publique a une certaine part de responsabilité dans ce dossier, le fédéral un peu plus, compte tenu de la juridiction en transport aérien.

« Il faut le dire sérieusement, martèle Pierre Lachapelle, sans rire de l’état de nos institutions dites démocratiques, si les députés et les ministres à Ottawa faisaient leur travail, face à un problème qui ne s’évanouira pas de sitôt, ils seraient à préparer une nouvelle loi sur le transport aérien au pays et un meilleur bail pour la location de nos aéroports internationaux. Comme le proposait il y a quelques années une députée libérale, Mme Marlene Jennings.»

Mais à son avis, la Ville de Montréal devrait aussi intervenir en prenant une position forte, même si l’économie est aussi une priorité.

« Si l’économie est une facette importante, l’économie sans l’environnement et sans la santé publique, c’est le désordre, c’est la loi de la jungle ! Est-ce cela que l’administration de Projet Montréal souhaite pour les Montréalais, la loi de la jungle ?

Le président des Pollués a par ailleurs confirmé que 70 personnes ont déposé en février dernier des requêtes à la Direction de la santé publique de Montréal afin qu’une étude épidémiologique soit réalisée cette année.