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Étudiants: vivre dans les résidences du Collège Ahuntsic

Vue extérieure, l’hiver, de la résidence étudiante du Collège Ahuntsic (Photo: jdv M. Meloche-Holubowski)

La rentrée, c’est déjà maintenant ! Au Collège Ahuntsic, comme dans plusieurs autres cégeps du Québec, les cours commencent mardi 21 août. Parmi les étudiants qui fréquenteront cette année l’établissement de la rue St-Hubert, environ 429 d’entre eux  cohabitent dans les résidences étudiantes, sur la rue Saint-Hubert, à quelques pas du Collège Ahuntsic et du Centre Claude-Robillard. Des résidences neuves, propres et conviviales qui sont loin des idées qu’on peut se faire de résidences vétustes et bruyantes.

La résidence peut accueillir jusqu’à 429 étudiants; on y trouve 110 studios individuels, 151 logements pour deux personnes, 166 pour trois personnes et deux studios pour personnes handicapées. Le loyer coûte entre 415 $ et 620 $ par personne par mois – tout compris (électricité, eau chaude, électroménagers, Internet et téléphone). Les chambres comprennent une salle de bain individuelle et une petite cuisinette. « C’est beaucoup moins cher que de louer un appartement ailleurs dans le quartier », disait au jdv l’un des résidents de l’époque, Maxime Julien.

Depuis 2001, le gouvernement n’octroie plus de subventions aux collèges pour pouvoir maintenir un service d’hébergement.

« Le mandat premier d’un collège est d’offrir des cours, pas l’hébergement. Mais si tu veux attirer une clientèle, il faut aussi que tu offres des services », expliquait Rachel Therrien, alors gestionnaire de la résidence en 2016. Depuis octobre 2017, la titulaire du poste est Marie-Lou Pearson.

Le besoin pour une résidence étudiante a été grandement ressenti lors de la crise du logement à Montréal en 2007 et 2008. Plusieurs étudiants ne trouvaient pas de logement abordable. Le Collège a pris l’audacieuse décision d’investir plus de quatorze millions de dollars. L’argent des loyers sert à payer les coûts de construction, d’entretien et d’administration de la résidence. Le Collège n’en tire aucun profit.

Concurrencer les logements du quartier

Lorsque la résidence a ouvert ses portes, plusieurs propriétaires à proximité ont réduit le coût de leur loyer.

« Les propriétaires environnants nous appelaient et nous demandaient combien on chargeait », racontait Rachel Therrien.

L’ouverture de la résidence a, en quelque sorte, contribué à rétablir le marché locatif du quartier, ajoutait Mme Therrien.

« Les étudiants ont maintenant un choix ».

Aujourd’hui, environ 15 % des chambres sont inoccupées, en partie à cause du changement démographique qui entraîne une baisse de la population étudiante. De plus, les collèges en région offrent de plus en plus de cours, permettant aux étudiants de rester chez eux, plutôt que de venir à Montréal. « Toutes les résidences étudiantes au Québec ont ce problème. Mais, nous atteignons toujours notre seuil de rentabilité », précisait Rachel Therrien.

Au début, seulement des étudiants du Collège Ahuntsic étaient admis; maintenant des étudiants des collèges environnants et même certains universitaires peuvent y louer un logement.

En 2016, interviewé par le jdv, Matorea Navarro, un étudiant en chimie analytique originaire de Polynésie française, songeait à rester à la résidence lorsqu’il commencerait ses études universitaires en septembre.

« J’ai regardé ailleurs : c’est cher et je n’ai pas le goût d’habiter seul », disait-il.

Par ailleurs, en juin et juillet, il est aussi possible pour des particuliers de louer une chambre. Des équipes de sports utilisent la résidence comme pied-à-terre pendant leurs camps d’entraînement et à l’été 2016, des organisateurs du centre sportif Claude-Robillard ont habité à la résidence pendant 10 jours pour préparer les festivités du 375e de Montréal.

« Ça nous permet aussi d’avoir un peu plus de revenus », expliquait Rachel Therrien.

La vie en résidence

Le rez-de-chaussée est le centre névralgique de la résidence; on y trouve un gym, la buanderie, une cuisine collective, une salle de cinéma maison, une table de ping-pong et de billard.

« C’est rare qu’il n’y ait personne en bas. On peut toujours rencontrer quelqu’un », disait Maxime.

Danver Coursolle, originaire de Saint-Lin-Laurentides, est étudiant et joueur de football au Collège André-Grasset en 2016. Il aimait tellement son expérience en résidence qu’il a convaincu son frère de venir habiter avec lui la session suivante.

« C’est tranquille, mais il y a aussi plein d’activités », dit-il.

Les animaux ne sont pas acceptés, mais certains résidants comme Maxime ont eu des poissons rouges, et un étudiant a son chien Mira.

Un étudiant par étage est nommé responsable; il doit organiser des activités, offrir un soutien aux étudiants et maintenir la paix et la propreté sur l’étage en échange d’un rabais de 25 à 75 % sur le loyer.

Une certaine quiétude

Oui, il y a des partys et un peu d’alcool, mais tout est supervisé pour garder une certaine quiétude dans la résidence. Il y a toujours un employé sur place et un gardien de sécurité peut intervenir, au besoin.

« Les jeunes apprennent à vivre en appartement, en communauté. Ils font des expériences et nous sommes là pour les guider », disait Mme Therrien.

Vivre en résidence, c’est vivre l’expérience de cohabitation et ce n’est pas toujours facile. Parfois le voisin fait un peu trop de bruit ou son colocataire n’est pas propre.

« Tu vis en communauté, tu dois avoir une tolérance pour les autres », disait Rachel Therrien, en ajoutant qu’il est rare que les situations de conflit dégénèrent.

Pour en savoir plus sur les résidences étudiantes du Collège Ahuntsic, cliquez ici.

Cet article a été publié dans notre mag papier d’avril 2016, et mis à jour en août 2018 par Christiane Dupont.