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Un dossier brûlant que le chauffage au bois...

« Fais du feu dans la cheminée ?…»

Publié le 05/10/2018
par Christiane Dupont

Depuis lundi 1er octobre, les résidants d’Ahuntsic-Cartierville et ceux de tous les arrondissements à Montréal ne peuvent plus se servir de leur équipement désuet (10 ans et plus) de poêles ou foyers au bois, ou à autres particules solides, au risque de recevoir une amende salée. Ce nouveau règlement a été annoncé en 2016 par la Ville-centre.

Adopté en août 2015, le nouveau règlement prévoyait d’abord que tous les poêles et foyers devaient être interdits de fonctionnement en cas d’épisode de smog dans les 19 arrondissements de Montréal. Les avertissements de smog sont émis par Environnement et Changement climatique Canada via le programme Info-Smog.

Mais ce qui apparaît le plus important, compte tenu de la date-butoir du 1er octobre, c’est que depuis quelques jours, l’utilisation d’appareils à combustibles solides –sauf s’ils n’émettent pas plus de 2,5 g/h (gramme / heure) de particules fines dans l’atmosphère– est interdite.

Et les anciens équipements (c’est à dire, ceux qui comptent plus de 10 ans), poêles et foyers, ne sont généralement pas conformes à cette nouvelle norme.

Mais, du coup, le règlement adopté en 2015 autorisait et autorise toujours l’utilisation de tous les appareils à combustibles solides, lors de pannes d’électricité d’une durée de plus de trois heures.

Coincidence ou non, l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville annonçait récemment que les futurs restaurants utilisant bois ou charbon pour la cuisson n’auraient plus droit de cité sur le territoire de l’arrondissement. 

Pourquoi cette norme?

Après les émissions polluantes des véhicules, ce sont les combustibles solides, tels que le bois, le charbon, qui émettent le plus de fines particules polluantes dans l’atmosphère. Cette pollution est dommageable pour la santé car  ces particules sont aspirées par les humains –notamment– et se logent dans nos poumons.

Depuis 2012, l’Organisation mondiale de la santé a classé les particules polluantes émises par le bois brûlé comme une substance cancérigène.

Selon l’Institut national de santé publique du Québec, environ 900 décès prématurés par année à Montréal seraient attribuables à ces particules fines de pollution émises par les foyers et poêles désuets. En outre, plus de cas de bronchites, de crises d’asthmes et de visites à l’urgence sont dues à ce polluant.

En 2011, l’INSPQ, en collaboration avec l’Agence de santé publique de Montréal, a réalisé une étude qui démontrait que dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies, qui compte un nombre important de résidences qui sont chauffées au bois, les statistiques tendaient à prouver une augmentation des décès prématurés et autres maladies des poumons.

De nombreuses villes importantes à travers le monde ont conclu elles aussi que de permettre l’utilisation du chauffage au bois ne tenait pas la route dans des villes densément peuplées.

Ce qu’il faut faire…

Les citoyens qui possèdent un foyer ou un poêle au bois ou combustible solide doivent en informer la Ville, que leur équipement soit de confection récente ou non.

Si vous possédez un de ces vieux appareils, il est maintenant illégal de s’en servir en tout temps, sauf si l’électricité vient à manquer pour plus de trois heures consécutives et que votre appareil est toujours en bon état de marche.

Mais en temps normal, si vous chauffiez avec un vieil équipement en utilisant du bois, du charbon, des bûches dites écologiques, vous ne pouvez plus continuer, au risque de recevoir une amende importante qui peut aller jusqu’à 2000$ si vous êtes pris en flagrant délit, la troisième fois et les suivantes.

En revanche, si votre poêle et votre foyer fonctionnent au gaz propane ou au gaz naturel, vous n’êtes ni tenu de déclarer votre équipement, qu’il soit vieux ou récent, ni tenu de le laisser rouiller… Vous pouvez vous en servir!