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Capsule ornithologique

La Paruline flamboyante, une habituée de nos parcs

Publié le 27/05/2018
par Jean Poitras

Paruline flamboyante mâle

(American Resdstart)    (Setophaga ruticilla)

La Paruline flamboyante est une habituée de nos parcs-nature. Chaque printemps elle nous arrive et passe l’été avec nous pour ne repartir que quand les insectes se font plus rares.

Le mâle ne passe pas inaperçu; une tête, un dos, une gorge, le bout des ailes et de la queue noirs contrastant avec les larges taches orange vif sur les épaules, les ailes et la queue. Un ventre blanc complète le tout.

La femelle bien que plus terne n’en est pas moins intéressante. Elle troque l’orangé du mâle pour un jaune citron et les parties noires pour des teintes de gris, plus pâle sur la tête, plus foncé sur le dos. La gorge varie du blanc sale au gris pâle, et le ventre est blanc.

Les jeunes mâles à leur premier printemps peuvent prêter à confusion. En effet, ils n’arboreront leur plumage

Mâle de premier printemps – photo: J. Poitras

caractéristique que vers leur deuxième automne. Dans l’intervalle, ils ont une coloration dorsale grisâtre et des taches jaunes sur la queue, semblable à celles de la femelle, un peu de gris qui apparaît progressivement sur la gorge, et des taches orangées sur les flancs.

Habitat et comportement

La Paruline flamboyante préfère les boisés de feuillus en régénération plutôt que les forêts matures. La présence de bosquets près de champs en friche ou en broussailles, ou à la lisière d’une forêt semble lui plaire.

Son chant est une variation de sons aigus ressemblant à « tschi-tschi-tschi-wit-tchi-tchi » ou « tschi-tschi-tschi-tchi ».

Les mâles adultes arrivent vers la mi-mai, quelques jours avant les femelles et s’accaparent d’un site propice à la nidification. Territoriaux et intolérants envers d’autres membres de leur  espèce, ils font montre de comportement agressif ce qui donne parfois lieu à des chasse-poursuites vocales et spectaculaires.  Ils doivent par contre subir le même traitement de la part de certaines autres espèces notamment le Moucherolle tchébec.

Nidification et alimentation

Paruline flamboyante femelle – photo: J. Poitras

La femelle construit seule le nid en forme de coupe à une hauteur d’environ 5m. Il est situé dans la fourche d’un jeune arbre ou d’un buisson et est constitué d’herbes, d’écorces de bouleau ou d’autres matériaux d’origine végétale. Elle y pond habituellement quatre œufs et les couve pendant une douzaine de jours. Tant le mâle que la femelle s’occupent de nourrir les petits.

La Paruline flamboyante attrape les insectes au vol à la manière des moucherolles ou alors en voletant près des branches et des feuilles et en y picorant ceux qui s’y trouvent. Elle utilise aussi une technique qui consiste à arpenter une branche en étalant la queue et gonflant les ailes, ce qui a pour effet d’effaroucher les insectes présents qui s’envolent ou se laissent tomber; la Paruline s’élance alors pour capturer sa proie dans les airs ou sur le sol.

Aire de distribution et migration

La Paruline flamboyante niche jusqu’à la limite des arbres du Yukon, jusqu’à Terre-Neuve, et dans les états américains de l’est situés au nord de la Floride. À l’ouest, elle ne s’installe pas au sud du Wyoming, les grandes plaines n’offrant pas de territoire propice.

Dans Ahuntsic-Cartierville, on la voit fréquemment au Parc-Nature de l’île-de-La-Visitation, au Bois-de-Liesse et dans les autres boisés similaires.

Elle nous quitte en septembre pour aller hiverner au sud de la Floride, dans les Caraïbes, au Mexique, et certaines en Amérique du Sud.