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Cannabis illégal

La police neutralise une production sur Lajeunesse

Publié le 05/05/2019
par Alain Martineau

(Photo: jdv A. Martineau)

Alors que Youville tente de se donner un nouveau visage, notamment en rendant la rue Lajeunesse plus intéressante, on apprenait récemment qu’il y a eu des activités illicites sur l’artère commerciale du secteur qui a besoin d’amour. Mais la bonne nouvelle, c’est que la production illégale de cannabis qui se faisait au 9108, rue Lajeunesse est maintenant stoppée.

De récentes interventions policières au début d’avril ont permis de mettre un terme à la production de 800 plants de cannabis dans un local commercial situé dans la partie sud de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, qui a autrefois abrité un commerce de ventes d’appareils ménagers d’occasion.

L’histoire dévoilée récemment par le Journal de Montréal avait quelque chose de loufoque.

A la suite d’une plainte, des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont d’abord intervenus pour localiser avec succès deux chiens de type pitbulls qui déambulaient sur Lajeunesse.

Après des recherches, ils ont fini par trouver le proprio des deux bêtes, mais du même souffle, les agents ont décelé une forte odeur de cannabis sur les lieux, selon les documents consultés par le quotidien montréalais.

Un balayage du duplex (local commercial au rez-de-chaussée et logement à l’étage) a été effectué à l’aide d’un appareil de thermographie infrarouge. On a constaté qu’une chaleur pour le moins anormale se dégageait du mur arrière, en comparaison avec les bâtiments adjacents.

Selon le média de Québecor,  un homme de 42 ans risque de faire face à des accusations de nature criminelle et en plus, l’immeuble pourrait être saisi par l’État et la Ville de Montréal.

Une ordonnance de blocage a été émise par le tribunal à l’encontre de la propriétaire Thi Chan Nguyen, qui a été arrêtée à deux reprises avec plus de 30 000 $ en argent comptant. La dame a notamment été arrêtée alors qu’elle débarquait de sa rutilante Mercedes GLK35.

L’enquête a par ailleurs permis de constater que de l’électricité aurait été volée à Hydro-Québec. De plus, les policiers ont trouvé des documents sur les ventes et les recettes d’engrais pour produire du pot.

L’immeuble, qui a été construit au début des années 1950, est évalué par la Ville de Montréal à près de 600 000$.

Une personne du secteur interviewée par journaldesvoisins.com s’est interrogée sur le fait que de l’extérieur, on ne pouvait rien voir à l’intérieur de ce qui est pourtant un local commercial, situé tout près du métro Crémazie. Et ce depuis longtemps. La vitrine panoramique était opaque, mais maintenant, on peut voir du vieux mobilier de bureau laissé à l’abandon.

Autre maison

Par ailleurs, dans un autre dossier, le JdM a indiqué que la résidence située au 1951 Sauvé Est pourrait faire l’objet d’une saisie même si un tribunal a jugé illégale la perquisition effectuée dans la maison en juin 2015.

Les autorités signalent que la propriétaire, qui demeure maintenant en France, ne pouvait prétendre avoir raisonnablement ignoré que le bâtiment était utilisé pour des activités illégales.

La maison détachée (de plain-pied) qui a une superficie de 446 m2 a été construite en 1939.

La diffusion de ces événements survient alors que des résidants du secteur Youville font des pieds et des mains pour revitaliser leur quadrilatère  délimité au sud par le boulevard Crémazie, à l’ouest par le boulevard St-Laurent, à l’est par la rue St-Hubert et au nord par la voie ferrée.

(Les gens du secteur sont d’ailleurs invités à participer à une opération nettoyage sur la rue Lajeunesse le samedi 11 mai, entre 14h et 17h. Le départ s’effectue au coin des rues Lajeunesse et Crémazie pour se terminer à l’école Christ-Roi, angle Louvain.)

« Cette activité sera également symbolique et une façon de démontrer à nos élus toute notre motivation à rendre notre rue Lajeunesse plus conviviale », signale la page Facebook de l’association des résidents.

Réaction police

Selon ce qu’a affirmé une source du SPVM au Journal de Montréal, la pègre asiatique exerce maintenant un quasi-monopole de la production intérieure de cannabis dans les régions de Montréal, de Laval et de Longueuil.

Mais il n’y a pas de «tendance», affirme officiellement le service de police montréalais, dans un courriel expédié à journaldesvoisins.com.

Jdv avait demandé des statistiques sur les immeubles bloqués en lien avec la production de cannabis dans Ahuntsic et Cartierville.

Un premier tableau (voir plus bas) qui fait le décompte annuel des immeubles bloqués et relevant des postes de quartier 10 (sur le boulevard O’Brien près de Dudemaine) et 27 (au coin de Papineau et Fleury dans Ahuntsic), démontre que les cas sont pour le moins limités.

 

Année PDQ 10 PDQ 27
2014
2015 2
2016 3
2017 1
2018 1
2019 ** 1
Total 1 7

**Du 1er janvier au 30 avril

 

Ces dernières années, des saisies de pot avaient été effectuées notamment sur la rue Francis, près de Fleury, et dans une résidence cossue du Domaine Saint-Sulpice

Le SPVM a aussi fourni au journaldesvoisins.com un deuxième tableau qui fait la compilation de tous les immeubles qu’il a réussi à bloquer sur l’ensemble du territoire de Montréal, et ce de 2014 à 2019.

 

Année Nombre de blocage Équité Évaluation foncière
2014 15 2 806 700 $ 6 269 900 $
2015 15 2 433 091 $ 5 860 249 $
2016 10 9 292 616 $ 13 989 100 $
2017 14 3 195 480 $ 6 918 500 $
2018 11 1 753 861 $ 3 697 700 $
2019** 5 1 177 800 $ 2 178 700 $
Totaux 70 20 659 548 $ 38 914 149 $
**Du 1er janvier au 30 avril

Aux questions du jdv, le SPVM s’est refusé à spéculer sur les saisies alors que la consommation de cannabis est permise depuis le 17 octobre dernier. Mais rappelons qu’il est interdit au Québec (et au Manitoba) de faire une petite production du produit dans son logement.

« On ne peut pas se prononcer sur des tendances de démarches appliquées ni sur des liens entre ces blocages et la création de la Société québécoise du cannabis (SQDC) », a indiquée Sandrine Lapointe du service des Relations médias (Division des communications). Mais nous pouvons vous dire que la confiscation des biens infractionnels et la récupération des produits de la criminalité font partie du travail du SPVM depuis de nombreuses années. Ainsi, il ne s’agit pas d’une nouvelle tendance » a-t-elle conclu.

Quoi qu’il en soit, la SQDC a annoncé tout récemment une hausse de prix de ses produits, question d’ajuster son offre «à la réalité du marché».

Le prix du gramme de pot tourne autour de 8$, en hausse de 5 %.

Les internautes avaient vivement réagi en dénonçant l’augmentation alors que l’un des objectifs de la SQDC est d’aller chercher des parts de marché aux mains du commerce illégal.

Selon les dernières données de Statistique Canada (9 avril 2019), les prix du gramme de cannabis ont grimpé en moyenne de 17,3% pour passer à 8,04$ depuis la légalisation. L’organisme fédéral  se base sur des données transmises «volontairement» par des consommateurs via l’application StatsCannabis.

Or, un consommateur affirme que l’on  peut trouver du cannabis à moins de 7$ le gramme sur le marché illégal.