Le sort en est jeté: la campagne électorale vient d’être lancée en vue du scrutin longtemps prévu pour le lundi 21 octobre. Dans Ahuntsic-Cartierville, les candidats qui tentent de ravir le siège à la députée sortante Mélanie Joly n’entendent pas faire «de la figuration» au cours de cette campagne de 40 jours, deux fois plus courte que celle de 2015. Mais il faut dire que la commande est grosse pour ces candidats, car celle qui est aujourd’hui ministre du Tourisme, de la francophonie canadienne et des langues officielles part avec une forte avance. Mais Mélanie Joly qui avait multiplié les promesses il y a quatre ans doit cette fois défendre le bilan de son gouvernement.

Campagne déjà lancée

C’est une Mélanie Joly en pleine confiance qui lançait le 17 août dernier sa campagne lors de son barbecue annuel, dans un parc du sud de la vaste circonscription électorale fédérale, qui, en gros, correspond aux limites de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville (Sault-au-Récollet en moins), mais avec le même nom.

Du côté de l’opposition, des candidats ont dû régler quelques petits «problèmes», avant de sauter dans la mêlée.

André Parizeau, candidat du Bloc Québécois (Photo: archives jdv)

Ainsi, André Parizeau est devenu candidat officiel du Bloc québécois (BQ) après s’être engagé à ne parler que du programme de son parti, en oubliant toutes références passées au sein du Parti communiste du Québec qu’il a dirigé durent une longue période.

 

Zahia El-Masri, candidate du Nouveau parti démocratique (NPD). (Photo: jdv Alain Martineau)

Au Nouveau parti démocratique (NPD), Zahia El-Masri a été confirmée candidate dans notre circonscription à la fin mai mais elle a dû s’expliquer sur son travail «électoral» alors qu’elle était aussi en congé de maladie. Elle a finalement repris le travail.

En 2015, dans notre circonscription, la députée sortante Maria Mourani, devenue néo-démocrate après avoir été élue sous l’étiquette bloquiste quatre ans plus tôt, avait obtenu 30% des voix. Mais aujourd’hui, la donne a changé avec un chef moins populaire et moins connu que Thomas  Mulcair. Mais Mme El-Masri, qui a procédé ce jeudi au lancement de sa campagne dans son local de Fleury Est, se montre toutefois confiante.

Candidate dans Laval en 2008, Mme El-Masri, réfugiée palestinienne née au Liban, a depuis longtemps la piqûre de la politique.

« Quand on s’embarque en politique, il faut y croire, on se présente pour défendre de bonnes causes, on veut amener la voix des gens au parlement. Je travaille dans le secteur du logement social depuis dix ans, j’ai ça à cœur, tout comme la défense des aînés. Nous avons besoin de changements concrets »,  a plaidé la candidate néo-démocrate qui a déjà accueilli trois fois son chef Jagmeet Singh dans Ahuntsic et Cartierville.

 

Zahia El-Masri, qui habite la circonscription depuis 35 ans,  (elle a fait son secondaire à l’école La Dauversière, dans Bordeaux) a vu les transformations de son vaste quartier au fil du temps. Elle ne digère pas l’insalubrité dans des logements de Cartierville notamment, et la pénurie «criante» de logements sociaux et abordables, notamment pour les nouveaux venus.

Pour elle, tous les gouvernements doivent s’unir pour en faire plus, comme le projet de Louvain Est qui, espère-t-elle, sera à l’image d’Ahuntsic avec un centre communautaire.

Durant les cinq semaines de campagne, elle continuera d’être à l’écoute des gens. Une de ses priorités sera aussi d’inciter les citoyens à sortir pour aller voter le 21 octobre, notamment les membres des diverses communautés culturelles.

Lavarenne pour les Verts

Jean-Michel Lavarenne, candidat pour les Verts dans Ahuntsic-Cartierville (Photo: Parti Vert du Canada)

Du côté des Verts, le candidat nous vient du Plateau Mont-Royal. Jean-Michel Lavarenne, qui a déjà vécu dans le Sault-au-Récollet, a été élu sans opposition le 24 juin dernier pour représenter le Parti vert du Canada dans Ahuntsic-Cartierville. Et lui aussi joue pour la coupe.

Monsieur Lavarenne estime être en bonne posture pour déloger Mélanie Joly même si cette dernière est assez connue après avoir raflé 46% des voix à la dernière élection.

Comme preuve, il note avec satisfaction que les citoyens du nord de la ville sont «très sensibilisés aux causes  environnementales».

« Je suis optimiste, a affirmé le candidat écolo au journaldesvoisins.com. Dans le porte-à-porte, depuis juillet, je sens une forte préoccupation des gens d’Ahuntsic et de Cartierville pour les questions touchant l’environnement. Les électeurs ont le goût de voter ‘’vert’’. Plusieurs m’ont dit qu’ils avaient voté pour Justin Trudeau et non pour Mélanie Joly au dernier scrutin. Mais ils sont déçus du bilan gouvernemental,  ce ne sont pas des libéraux pour toujours », a-t-il mentionné.

Selon lui, la formation de sa cheffe Élizabeth May est en «bonne posture» pour créer plusieurs surprises le soir du 21 octobre prochain.

« Nous avons le vent dans les voiles, a mentionné ce père de deux ados, dont un très actif dans les diverses manifestations environnementales. Quatorze candidats du NPD ont fait défection au Nouveau-Brunswick pour passer chez les verts (un chiffre en partie contesté). Le député Pierre Nantel, en Montérégie, est lui passé du NPD au Parti vert.  De plus, les gens n’ont pas le goût de voter pour le Bloc québécois. Ils veulent un vote utile alors que nous sommes en urgence climatique », a-t-il plaidé.

M. Lavarenne, qui dirige une entreprise de développement de logiciels, a ouvert un local au 1582 de la rue Fleury Est, qui sera inauguré officiellement le dimanche 15 septembre en marge de l’événement Cyclovia. Pour l’instant, il compte sur l’appui d’une vingtaine de bénévoles.

Au plan national, les Verts devraient profiter des retombées de la grève mondiale pour le climat qui s’organise le 27 septembre; la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg sera alors à Montréal.

« Pour ce qui est du 27 septembre, étant donné que les militants sont non-partisans, je ne sais pas à quel point ça aidera les Verts dans les intentions de vote. Une chose est certaine, ça peut être bon pour nous », a-t-il mentionné en faisant profil bas.

Deux conservateurs

À droite sur l’échiquier politique canadien, deux conservateurs s’affrontent, comme au temps du Reform Party.

Sophie Veilleux, candidate du PCC dans Papineau, Gérald Deltell, Kathy Laframboise, candidate du PCC dans Ahuntsic-Cartierville (Photo: jdv Alain Martineau)Kathy Laframboise, pour le Parti conservateur du Canada dirigé par Andrew Scheer, croit en ses chances de gagner mais pour cela, il faudrait une forte poussée de son parti au Québec, notamment à Montréal.

Jeudi soir (le 12 septembre), elle lançait en grande pompe sa campagne en compagnie de son mentor, le député de Québec Gérard Deltell, et de la candidate de Papineau, Sophie Veilleux, au Cégep André-Grasset, à la limite des deux circonscriptions.

Devant des militants, Mme Laframboise, économiste de formation, a énuméré plusieurs raisons pour lesquelles les gens devraient opter pour le PCC, dont le fédéralisme de collaboration et non de confrontation, la mise en place d’un impôt unique pour les Québécois, et l’abolition de la taxe fédérale sur le chauffage.

Dans la circonscription, Kathy Laframboise, va poursuivre le travail qu’elle a commencé au printemps, soit d’aller à la rencontre des électeurs.

« Dans mon porte à porte, plusieurs n’ont pas caché leur inquiétude face à la légalisation du cannabis, notamment,  quand il y a aussi des enfants à la maison. On parle aussi de Netflix (une flèche à l’endroit du dossier qu’a piloté difficilement Mélanie Joly) », a indiqué la candidate lors de son lancement.

Dans son discours, Gérard Deltell a fustigé le député de Papineau (Justin Trudeau), qui, sans le nommer, a rappelé que jamais dans l’histoire de la politique canadienne un premier ministre n’aura été blâmé non pas une mais deux fois pour «manque d’éthique» (ndlr: la Loi sur les conflits d’intérêt). Il a signalé aussi que son parti, qui présente 40% de candidates, a un programme crédible en environnement.

raymond Ayas, candidat du Parti Populaire du Canada dans Ahuntsic-Cartierville (photo courtoisie)
Raymond Ayas, candidat du Parti Populaire du Canada (PPC) dans Ahuntsic-Cartierville (photo courtoisie)

Plus à droite, on retrouve Raymond Ayas, le candidat du Parti populaire du Canada (PPC) de Maxime Bernier dans Ahuntsic-Cartierville. M. Ayas entend être «fort présent sur le terrain» et dans les débats avec les autres candidats.

Cet ancien président de circonscription pour le Parti conservateur du Canada dans Ahuntsic-Cartierville a suivi la démarche du libertarien Maxime Bernier.

 

« J’ai toujours suivi Maxime Bernier, même quand il a quitté le Parti conservateur pour aller créer un nouveau parti, a mentionné. M. Ayas. Je partage ses idées, car je suis pour le libéralisme économique classique et les libertés individuelles, la gestion serrée des dépenses de l’état, et un budget équilibré ».

Raymond Ayas se tient loin aussi d’autres positions du gouvernement Trudeau, dénonçant le «multiculturalisme extrême, la ghettoïsation des communautés culturelles».

« Ça résonne en moi, je suis connecté avec M. Bernier », dira celui dont la conjointe vient de donner naissance à un quatrième enfant tout récemment. Je constate que le Parti conservateur de M. Scheer est devenu aussi à gauche que les libéraux » a-t-il déploré.

M. Ayas, qui habite dans Nouveau-Bordeaux, estime qu’il se présente pour gagner. Très présent sur Twitter et Facebook, il a produit des capsules intitulées «Minutes populaires».

Il dénonce le retrait de Mélanie Joly à un débat d’une organisation étudiante après que le bras droit du chef conservateur Andrew Scheer y eut d’abord renoncé.

«Des poules mouillées», a conclu le candidat du PPC.

 

 

 

 

 

Total
14
Shares

Vous aimez ce que nous faisons? Pensez à devenir membre du journaldesvoisins.com ICI

1 commentaire
  1. Madame Joly .En principe , selon les lois municipales , il est défendu d’afficher et faire tenir par des cordes ou autres des pancartes sur les arbres car ça les endommagent.Des gens se sont fait avertir mais les élus le font….Bel exemple du respect des lois. En tant que libérale , elle n’est plus crédible , elle tergiverse autant que son chef. Pas confiance.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pourriez aussi aimer ces articles

Une foule de dossiers dans Ahuntsic-Cartierville (deuxième de deux articles)

Émilie Thuillier, mairesse de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, a accordé au journaldesvoisins.com une longue…

Encore des consultations, mais pour des projets bonifiés et structurants

Il y a deux ans, Ahuntsic-Cartierville, à l’instar d’autres arrondissements et de…

Jolin-Barrette et l’OQLF ne font pas flèche de tout bois…urbain

Au printemps dernier, Bois Urbain, l’entreprise d’économie sociale et d’insertion professionnelle bien…

Ahuntsic-Cartierville devenue «imprenable» pour l’Opposition comme le West Island?

La question se pose : est-ce que dans l’avenir, la bataille politique…