Itinérance à Ahuntsic-Cartierville. Des tentes installées dans un parc. (Photo : Philippe Rachiele, JDV)

Depuis la pandémie, l’itinérance est en hausse au Québec. Et le phénomène n’est pas juste concentré au centre-ville de Montréal. Ahuntsic-Cartierville n’y échappe pas. Voici notre dossier en trois volets, publié du 27 février au 1er mars 2023.

Le Journal des voisins a voulu vérifier à quel point le phénomène de l’itinérance commence à prendre place dans l’environnement du nord de la ville.

Notre arrondissement est constitué de quartiers périphériques éloignés du centre-ville et la majorité des gens d’Ahuntsic et de Cartierville croit que l’itinérance demeure avant tout concentrée au centre-ville de Montréal. 

Ce n’est plus vrai et d’autres arrondissements, villes ou municipalités font désormais face à une réalité qui leur était étrangère il y a quelques années à peine. Tellement que l’Union des municipalités du Québec (UMQ) vient d’ailleurs de reconnaître l’importance du phénomène et projette un sommet sur cette question, qui se tiendra à Gatineau en mai. Alors que Saint-Jérôme, Granby, Val-d’Or ou Roberval ne sont pas des lieux normalement associés à l’itinérance, leurs maires siègent à un comité de l’UMQ sur ce sujet.

Depuis quelques années, et spécialement en cette période post-pandémique, citoyens, commerçants, élus et représentants du milieu communautaire d’Ahuntsic-Cartierville observent une recrudescence du phénomène.

Pour ce dossier, le Journal des voisins a consulté plusieurs intervenants du secteur public et communautaire de l’arrondissement, notamment le CIUSS du Nord-de-l’île-de-Montréal, le RAP Jeunesse (Rue-Action-Prévention, un organisme communautaire d’Ahuntsic) et les policiers du poste de quartier 27 à Ahuntsic.

Combien sont-ils?

Combien dénombre-t-on d’itinérants dans Ahuntsic-Cartierville? La réponse dépend de deux paramètres : quelle est la définition que l’on utilise pour décrire un itinérant et quel est l’organisme à qui on pose la question!

Si l’on adopte une définition assez restreinte, il n’y en a pas beaucoup dans l’arrondissement. Par contre, si nous appliquons une définition large (une personne qui est sans domicile fixe de manière occasionnelle, cyclique ou permanente : nous y reviendrons dans la troisième partie de ce dossier, publiée après-demain), il y en a un très grand nombre dans l’arrondissement.

Quand on pose la question aux professionnels qui travaillent dans les organismes communautaires, ceux-ci ont tendance à inclure toutes les formes d’itinérance dans leur calcul, y compris les itinérants à risque et les errants. Leurs chiffres totaux sont toujours importants.

Par contre, les experts qui font des dénombrements avancent des statistiques bien plus modestes.

Dénombrements 

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a réalisé trois opérations de dénombrement dans l’ensemble de la province, en 2012, en 2018 et en 2022. Les autorités tentent ainsi de mieux quantifier le nombre de sans-abris, notamment à Montréal. Ces travaux de recherche sont signés par les chercheurs Éric Latimer, de l’Université McGill, et François Bordeleau, qui sont considérés comme les sommités du domaine. Les résultats du plus récent dénombrement seront publiés plus tard en 2023.

Ces recherches sont les seules sources officielles disponibles. Le 24 avril 2018, jour du dénombrement, on avait compté 3149 personnes en situation d’itinérance à Montréal, qui représentent 80 % du total québécois. De ce nombre, 678 personnes dormaient dehors à Montréal.

Le dénombrement n’identifiait qu‘une seule personne en situation d’itinérance visible dans Ahuntsic-Cartierville.

Tous les organismes communautaires du Québec contestent vivement les données de ces dénombrements en disant qu’ils ne tiennent pas compte de l’itinérance cachée et de tous les autres types d’itinérance cyclique ou situationnelle, ni des personnes à risque.

Le décompte d’un seul itinérant dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville en 2018 est également fortement contesté localement.

En fait, les itinérants seraient bien plus nombreux dans Ahuntsic-Cartierville, selon le milieu communautaire.

Nous aborderons cette question dans la suite de ce dossier, publiée demain.

À lire :

2e volet du dossier sur l’itinérance (28 février 2023).

3e volet de ce dossier sur l’itinérance (1er mars 2023).

À écouter : balado sur Pierre Braun, itinérant et musicien.

Pierre Braun, itinérant et musicien. (Photo : Caroline Kunzle)

 

 



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