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Gestion du coyote

Montréal suit la tendance actuelle

Publié le 29/03/2018
par Joran Collet

Coyote, rue Prieur, un soir de l’automne dernier (Photo: archives jdv)

Le coyote a fait beaucoup parler de lui au cours de la dernière année. Normalement bon voisin de l’humain, il a causé de nombreuses inquiétudes lorsque certains spécimens se sont montrés téméraires voire agressifs envers l’humain. La Ville souhaite garder le coyote sur l’île de Montréal, mais qu’en est-il dans le reste du continent?

À travers toute l’Amérique du Nord, l’animal a pris une place de plus en plus importante au cours des 20 dernières années. Il serait présent du Mexique au Canada et de la côte Est à la côte Ouest, dans le milieu rural et urbain.

Privilégier la cohabitation

Dans la majorité des grandes villes nord-américaines, la présence du coyote est acceptée par les autorités locales et la cohabitation, priorisée. Les autorités réalisent bien souvent les bienfaits de leurs présences dans les centres urbains, à condition qu’ils se tiennent tranquilles.

Vancouver, Toronto, Washington DC. ou encore la ville de New York, où le coyote s’est établi dans les quartiers du Bronx et du Queens depuis les années 30 ont aussi choisi ce genre de gestion. La ville de Calgary a eu, initialement, un comportement à l’opposé en fermant des zones où le coyote avait été aperçu. Devant la critique, la ville de Calgary a fait marche arrière et pense maintenant soutenir la cohabitation.

Partout, les consignes sont relativement les mêmes:  ne pas nourrir les animaux sauvages, tenir ses animaux à l’intérieur ou en laisse, ou encore sécuriser les poubelles. Tout comme à Montréal, on cherche principalement à éduquer la population sur cette cohabitation et sur le comportement à suivre si l’on en rencontre un, et ce, dès le plus jeune âge.

Formation

Ici, l’arrondissement a mandaté l’organisme GUEPE à former les plus jeunes au sein de leur établissement scolaire. Lors de ces ateliers, les écoliers découvrent le coyote, son habitat, ce qu’il mange, mais aussi, ce qu’il faut faire en sa présence : se faire imposant, ne pas lui tourner le dos, faire du bruit ou encore lancer des objets devant lui. Bref, adopter un comportement indiquant au coyote qu’une espèce plus forte occupe déjà le territoire.

Même son de cloche à Vancouver où, depuis quelques années, la Stanley park ecology society (SPES) visite les écoles de la Colombie-Britannique pour y faire des présentations aux élèves de la province. Pour éviter les mauvaises rencontres, la ville de Vancouver s’est notamment penchée sur un moyen de tenir le coyote en respect à l’aide de bruit et lumières dans les zones où ils ne sont pas les bienvenus afin qu’ils évitent ces endroits. La SPES a notamment établi une carte interactive sur laquelle est répertoriée chacune des rencontres entre l’Homme et le coyote.

La force quand justifié

La cohabitation a toutefois ses limites. En effet, au cours de l’été et de l’automne 2017, la Ville de Montréal, sous recommandation du ministère des forêts, de la faune et des parcs (MFFP) a fait appel à des trappeurs pour capturer certains coyotes dans l’arrondissement voisin.

«Si un animal sauvage cause un risque imminent à la sécurité des citoyens, l’application de mesures répressives (capture, abattage ou relocalisation) pourrait être justifiée», souligne Sylvain Carrier, relationniste de presse au MFFP.

Les deux séances de trappes de 2017 démontrent que ce désir de cohabitation a des limites.

Tout comme ce fut le cas à Montréal, les autorités new-yorkaises avaient opté pour une capture et un éloignement des spécimens dérangeants. Dans un autre cas, les autorités ont procédé à l’euthanasie de sept coyotes avant d’accorder une grâce au dernier, sauvé grâce à la protestation de groupes de protection.

En dehors des métropoles

Il faut tout d’abord rappeler que la chasse aux coyotes est une activité économique pratiquée depuis longtemps. Le coyote est un animal exploité pour sa fourrure dont la valeur avoisine les 50 $. Des fabricants tels que Canada Goose rachètent la peau de l’animal pour composer leurs manteaux. Cependant, en dehors de sa peau, l’animal ne se mange pas.

Outre cet aspect, et bien que le coyote ne soit pas plus agressif envers l’humain dans les zones rurales, il est considéré comme une nuisance dans ces secteurs. En ville, la présence du coyote est appréciée pour son effet régulateur de l’écosystème; en région cependant, il est accusé de le détruire.

En effet, il peut s’en prendre aux cerfs de Virginie ou aux caribous, dont la population diminue drastiquement depuis dix ans.

Les autorités se tournent donc vers les chasseurs pour ce problème.

En Gaspésie notamment, la chasse aux coyotes est présentement mise en valeur par une association de chasseurs et le ministère des forêts, de la Faune et des Parcs. Toutefois, il s’agit là d’une pratique qui trouve encore peu d’adeptes dans la province.

L’État de la Caroline du Sud, pour ne nommer que celui-là, possède un «bounty program», qui a vu le jour à la suite d’une diminution de 30% de la population de cerfs dans cet État.

Ce genre de «loto» récompense d’une somme pouvant aller jusqu’à 1000 dollars les personnes qui ramènent un coyote préalablement marqué. Les autorités espèrent que les chasseurs tueront plus de coyotes en cherchant ceux  qui sont marqués. Une mesure controversée puisque, malgré un nombre important de coyotes tués, elle apporte rarement la solution escomptée.

En 2009, à la suite de la mort de Taylor Mitchell, une chanteuse canadienne, la Nouvelle-Écosse a mis en place des règles strictes pour réduire la population de coyotes. Ainsi, la province offrait une prime de 20 $ pour chaque coyote piégé. Elle souhaitait ainsi inciter leur capture et le contrôle de leur population.