Plusieurs ordures sont abandonnées dans différents coins d’Ahuntsic-Cartierville, ce qui contrevient au règlement municipal. (Photo: Toma Iczkovits, collaboration spéciale, archives JDV)

Le coût du ramassage des ordures explose et l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville n’échappe pas au phénomène.

Mardi (16 mai), le Journal de Montréal publiait un texte sur le coût du ramassage des ordures, contestant la capacité financière de la métropole d’assumer les coûts de ce service.

Le Journal fait état des coûts estimés et du prix réel de la collecte pour six arrondissements, pour lesquels le conseil municipal a alloué des contrats à des firmes privées de collecte de déchets. 

Rien que pour Ahuntsic-Cartierville, les fonctionnaires avaient estimé les coûts à 16,6 millions $ sur cinq ans. Le coût réel est plutôt de… 35,9 millions $!

Interrogée par le Journal des voisins (JDV), la mairesse de l’arrondissement, Emilie Thuillier, se fait rassurante: «Oui, les contribuables ont la capacité de payer, même si c’est un fait que ramasser les ordures coûte entre 40 % et 80 % plus cher. Et pas seulement à Montréal: les élus de Québec et de Laval font face aux mêmes augmentations.»

L’inflation

Mme Thuillier explique que ces augmentations sont liées à des facteurs connus, comme la crise de la main-d’œuvre. «Les camionneurs se font rares et les salaires augmentent beaucoup; ça se répercute dans les contrats», commente-t-elle.

L’inflation joue de mauvais tours aux villes, notamment pour les coûts de transport, à cause de la hausse du carburant. «Et même si certaines usines de recyclage sont situées sur l’île de Montréal, les déchets qui sont enfouis sont expédiés très loin, explique l’élue. On doit donc payer pour ces déplacements.» 

De fait, le seul site d’enfouissement situé sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) est à Terrebonne. Sinon, les Montréalais envoient leurs ordures à Lachute et à Sainte-Sophie, dans les Laurentides, à Saint-Thomas, dans Lanaudière, à Sainte-Cécile-de-Milton en Estrie, et même au Centre-du-Québec à Drummondville!

«Le fait que l’industrie du ramassage des déchets soit un oligopole n’aide en rien, ajoute Emilie Thuillier. Mais dans notre arrondissement, les cols bleus font le ramassage du recyclage (le privé s’occupant du reste): nous ne sommes pas totalement dépendants de l’industrie.»

La Ville de Montréal va bientôt scruter les contrats au peigne fin pour voir si certaines clauses pourraient être modifiées (comme les heures de collecte), pour générer des économies.

Baisse de fréquence

L’arrondissement a déjà annoncé qu’il allait espacer la collecte des déchets aux deux semaines, dès 2026. Entre-temps, il entend instaurer la collecte des matières compostables partout sur le territoire.

C’est déjà le cas pour les immeubles de huit logements et moins. Pour ceux de neuf logements et plus, cette collecte sera instaurée en novembre 2023 dans Sault-au-Récollet, pour être étendue progressivement au reste du territoire.

«Ce qui pue, ce sont les déchets alimentaires, donc le bac brun, reprend Mme Thuillier. Cette collecte sera maintenue chaque semaine. En conséquence, les déchets voués à l’enfouissement ne devraient plus rien sentir.»

Branches et ordures au coin du 35, rue Fleury Ouest, lieu surnommé la «Dump sur FLO». (Photo: courtoisie Sylvain Bruneau)

Déchets sauvages

Des citoyens nous ont écrit concernant la «Dump sur Flo», soit un endroit où sont systématiquement déposés des déchets sauvages, à proximité du 35, rue Fleury Ouest.

Après une corvée citoyenne de nettoyage le 13 mai, ils n’ont pas pu ramasser les branches et autres ordures qui s’y accumulent car c’était trop pour leur groupe. La mairesse est au courant et a acheminé la plainte aux inspecteurs municipaux et aux travaux publics. Les inspecteurs vont tenter de trouver les coupables et les cols bleus vont enlever les déchets dès que possible.

Mme Thuillier incite les citoyens à déposer des plaintes au 311 chaque fois qu’une telle situation se produit. «C’est la façon la plus efficace, dit-elle. Évidemment, on doit miser sur l’éducation pour inciter les gens à faire preuve de civisme.»

En trois ans, le camion de l’arrondissement qui s’occupe de cas comme celui-là a ramassé plus de 200 tonnes de déchets sauvages. Et il roule sept jours par semaine. En 2019, l’arrondissement s’est doté d’un Plan d’action propreté, question de renforcer les inspections et de mieux éduquer la population à la propreté. Il y a manifestement encore du travail à faire.

Le JDV écrit régulièrement sur la question de la propreté.



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