(Photo: jdv P. Rachiele)

Au Québec, environ huit piétons sont heurtés quotidiennement par un véhicule, et ce, principalement en zone urbaine. Si vous habitez Montréal, vous avez deux fois plus de chance d’entrer en collision avec un véhicule que si vous habitez dans une autre ville québécoise. Malgré la vision zéro adoptée par Montréal en 2016, il y a loin de la coupe aux lèvres: l’année 2019 a été particulièrement meurtrière pour les piétons à Montréal avec 19 décès, et dans Ahuntsic- cartierville, notamment. En outre, depuis le début de 2020, déjà deux dames ont été heurtées par des voitures en traversant la rue dans leur quartier et sont décédées des suites de leurs blessures. À l’heure où l’arrondissement s’apprête –le 22 janvier prochain– à dévoiler publiquement son Plan local de déplacements sur un horizon de 10 ans, comment se conjuguent sécurité et piétons ici sur le territoirre d’Ahuntsic-Cartierville, et ailleurs sur la planète?

Il existe différentes techniques permettant d’améliorer la sécurité et le confort des piétons lorsqu’ils traversent la rue. On cherchera notamment à créer des aménagements conviviaux, à s’assurer que les usagers de la route, qu’ils soient cyclistes, automobilistes ou piétons, se voient mutuellement et à modifier le comportement des automobilistes afin d’améliorer les conditions pour les autres usagers par l’implantation de mesures d’apaisement de la circulation.

Plan de circulation locale

En 2010, l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville a mis en place des mesures pour améliorer la sécurité et le confort des piétons à la suite d’une consultation publique et de plusieurs rencontres qui ont mené à l’adoption d’un plan de circulation locale.

Ainsi, en plus du marquage au sol de traverses piétonnières, on a vu apparaître dans les rues du quartier des dos-d’âne temporaires ou permanents qui permettent d’éliminer les vitesses excessives, par exemple aux abords de l’école Saint-André-Apôtre, sur la rue Prieur Ouest.

Des balises de rétrécissement ont également été installées, notamment sur la rue Saint-Denis, afin de créer un obstacle physique et rétrécir la voie de circulation, incitant ainsi les automobilistes à ralentir et les empêchant de dépasser.

À proximité des écoles et des parcs, ce sont plutôt des balises centrales qui ont été placées pour rappeler aux automobilistes la limite de vitesse de 30 km/h et la présence de la zone sensible. Enfin, différentes approches ont été utilisées pour sécuriser les passages pour piétons.

Signalisation? Quelle signalisation?

Les automobilistes et cyclistes semblent parfois oublier que la réglementation les oblige à céder le passage aux piétons qui s’engagent sur les passages pour piétons, que ces passages soient délimités par des bandes blanches (aux intersections) ou par des bandes jaunes (en dehors des intersections).

Outre la mauvaise volonté de certains ou l’ignorance de la réglementation par les autres, l’observation des comportements des automobilistes fautifs a permis de constater que plusieurs d’entre eux ne voient tout simplement pas la signalisation.

L’arrondissement a donc adopté différentes stratégies afin d’améliorer la visibilité des traverses piétonnières et, par le fait même, le respect de celles-ci : l’installation de balises centrales, la pose d’une signalisation latérale et l’aménagement de traverses piétonnières en thermoplastique comme celles installées sur la rue Chabanel.

Enfin, des signaux lumineux de traverse piétonnière avaient été installés, comme projet- pilote, à l’intersection des rues Parc et Chabanel puisque ce passage est très fréquenté et que le marquage au sol n’est pas toujours visible pour les automobilistes provenant du viaduc. Toutefois, il y a maintenant des feux de circulation à cette intersection.

L’art ou la techno?

Ailleurs au Québec et dans le monde, on voit de plus en plus d’initiatives permettant de mettre en évidence les traverses piétonnières afin d’améliorer la sécurité des usagers.

Certaines initiatives sont plutôt artistiques. Les traverses sont donc transformées en œuvres d’art en leur donnant par exemple l’allure d’une grande fermeture éclair ou de zébrures.

D’un côté un peu plus sérieux, des systèmes intelligents munis de détecteurs de mouvement ou de capteurs sensibles sont mis en place. Quand le piéton se présente pour traverser, le système fonctionne de façon active (bouton) ou passive (détecteur). Ces actions déclenchent un système d’éclairage des panneaux de traverse et des lampadaires permettant aux piétons d’être visibles de jour comme de nuit.

Des systèmes similaires ont été mis en place à Los Angeles. Or, dans ce cas, ce sont des lumières jaunes vissées à même le sol (In-Road Warning) qui préviennent les automobilistes qu’un piéton ou un cycliste traverse la rue.

Trois usages

La société IBM a également conçu un nouveau concept de passage pour piétons et l’a testé à la gare du nord de Bruxelles. Grâce à des capteurs dans le sol, les lignes blanches s’allument au passage des piétons. En plus d’améliorer la sécurité des piétons, les capteurs permettent d’analyser le trafic des piétons et ainsi de développer des installations spécifiques.

Alliant créativité et sécurité, l’entreprise Creative Innovation Works a créé à Eindhoven, une ville des Pays-Bas, des aménagements pour piétons intégrés dans la surface de la rue et connectés au système de positionnement des autobus. Ainsi les lumières au sol, qui sont vertes ou blanches en temps normal, deviennent rouges lorsqu’un autobus approche.

Dans certaines villes d’Asie, les systèmes intelligents sont plutôt reliés aux feux de circulation. Ce qui permet d’améliorer la sécurité des piétons la nuit, mais aussi de capter l’attention des milliers de personnes qui, lorsqu’elles sont à une intersection, ont plutôt tendance à regarder leur téléphone intelligent que le feu de circulation.

Durant la saison froide, alors que l’ensoleillement n’est plus autant présent, qu’il fait noir plus tôt, et que les piétons sont moins visibles, prêtons-leur plus attention pour ne pas alourdir le bilan des décès.

Cette chronique a d’abord été publiée en septembre 2016 et est plus que jamais d’actualité. Elle a été mise à jour en janvier 2019 avant d’être publiée de nouveau.

Ah! Et un texte publié par LaPresse+ le 12 janvier que l’on se doit de lire. (La rédaction) 

 

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