(Crédit de l’illutration: Pixabay_libre de droits)

Alors que le gouvernement du Québec a décrété cette semaine une «pause des fêtes», avec la fermeture des commerces non essentiels à compter du 25 décembre, le nombre de cas continue d’augmenter de façon importante dans l’arrondissement, où 306 nouveaux cas ont été rapportés entre le 8 et le 14 décembre.

Avec 586 nouveaux cas dans les deux premières semaines de décembre, Ahunstic-Cartierville se maintient à la fois dans la liste des arrondissements qui ont enregistré le plus de cas et dans la liste de ceux qui ont connu les plus fortes hausses depuis deux semaines, selon l’état de situation hebdomadaire publié par la Direction régionale de la santé publique (DRSP) de Montréal.

En conférence de presse mercredi après-midi, la directrice de la santé publique de Montréal, la docteure Mylène Drouin, explique constater « une hausse qui ne semble pas vouloir ralentir », notamment dans le Nord et l’Est de l’île, où l’on observe les taux d’incidence et de positivité les plus élevés.

Source : DRSP, ÉTAT DE SITUATION, Île de Montréal, ses arrondissements
et les villes liées, 15 décembre 2020

Bordeaux-Cartierville demeure l’une de ces zones chaudes. La DRSP rapporte que 103 nouveaux cas y ont été déclarés, ce qui porte le taux d’incidence à 261,09 cas par 100 000 habitants pour la semaine du 8 au 14 décembre.

D’autres secteurs de l’arrondissement apparaissent également cette semaine dans la liste des 30 secteurs ayant affiché les taux d’incidence les plus élevés à Montréal, soit Ahuntsic (15 nouveaux cas, 285,99 cas/100 000), Saint-Sulpice (58 cas, 468,69 cas/100 000) et Saint-Sulpice Ouest –secteur Saint-Simon– (37 cas, 381,84 cas/100 000).

Questionnée par Journaldesvoisins.com à savoir si des stratégies particulières étaient envisagées dans ces secteurs chauds, la directrice de la santé publique de Montréal a souligné que d’un travail se faisait déjà en partenariat avec les intervenants locaux.

« Il existe des stratégies d’intervention plus locales », note la docteure Drouin qui évoque notamment les brigades communautaires et les services de soutien à l’isolement qui sont offerts aux personnes pour lesquelles il peut être difficile de respecter les règles de confinement en raison de leur situation de logement.

La directrice de la santé publique souligne par ailleurs que c’est chez les jeunes d’âge scolaire et chez les 85 ans et plus que la contamination progresse le plus.

Cette progression est notable dans les établissements scolaires d’Ahuntsic-Cartierville. Le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) rapportait, au 16 décembre, un nombre record de 52 élèves et 13 employés infectés, ainsi que 16 classes en quarantaine dans huit écoles différentes.

Le porte-paroles du CSSDM, Alain Perron, assurait au JDV la semaine dernière que « la Direction régionale de la santé publique nous réitère que la propagation du virus dans nos écoles est le reflet de ce qui se passe dans la communauté. À ce jour, nous n’avons aucun cas avéré de transmission de virus causé par le manque d’aération dans les écoles. »

Si le confinement est respecté durant la période des fêtes, la fermeture des écoles pour trois semaines telle que décrétée par le gouvernement du Québec devrait permettre de casser la vague qui n’a cessé de prendre de l’ampleur dans les écoles au cours de l’automne.

Selon les données du CSSDM compilées par le JDV, le nombre de cas en milieu scolaire en bondi de 225 % entre le début octobre et la mi-décembre, passant de 20 cas à 65 cas (élèves et membres du personnel confondus).

Hospitalisations et éclosions toujours en hausse

La hausse constante des infections observée ces dernières semaines se traduit toutefois par une hausse importante des hospitalisations à Montréal, hausse qui ne s’arrêtera pas de si tôt.

« C’est quand même une progression soutenue, constante », s’inquiète Sonia Bélanger, porte-parole du centre de commandement de la santé à Montréal.

Elle signale qu’on compte une centaine d’hospitalisations de plus que la semaine dernière, soit un total de 384 patients hospitalisés pour la COVID, dont 52 sont aux soins intensifs.

Source : DRSP

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal rapporte qu’il y avait, au 15 décembre, 34 personnes hospitalisées dans ses installations, dont neuf aux soins intensifs.

À cette hausse des hospitalisations s’ajoute une progression des éclosions qui inquiète la santé publique.

Le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal confirme faire face à une éclosion à l’unité de chirurgie de l’Hôpital Jean-Talon, où trois usagers ont été contaminés, en plus de travailler à contenir des éclosions dans les unités d’hémodialyse et de médecine interne à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal (HSCM).

« Cette semaine, nous procédions à un dépistage massif des employés, médecins et usagers de HSCM afin d’agir rapidement pour limiter la propagation du virus dans cette installation », indique Émilie Jacob du bureau des relations avec les médias et des affaires publiques au CIUSSS.

Le CIUSSS est également aux prises avec une importante éclosion au CHSLD St-Joseph de la Providence qui, au 14 décembre, avait infecté 17 personnes, soit 13 % de l’ensemble des résidents de l’établissement.

« On a beaucoup d’éclosions en cours », signale Mylène Drouin qui se dit particulièrement préoccupée des éclosions en milieu de soins, étant donné le nombre croissant de travailleurs de la santé qui sont infectés par la COVID-19.

En effet, Sonia Bélanger rapporte que le nombre de cas actifs confirmés parmi le personnel de la santé a bondi de près de 100 cas depuis une semaine, portant le total à 429 travailleurs infectés dans le réseau à Montréal.

Source : DRSP

 

Les travailleurs de la santé d’Ahuntsic-Cartierville sont encore une fois fortement représentés dans le lot, avec pas moins de 199 cas actifs, selon les informations fournies au JDV par la DRSP. Depuis le début de la pandémie, ce sont 733 membres du personnel qui ont été infectés, dont 438 dans des installations d’Ahuntsic et 295 dans des installations de Bordeaux-Cartierville, indique la DRSP.

Bientôt un premier centre de vaccination pour le personnel de la santé et les usagers vulnérables

L’arrivée des premières doses du nouveau vaccin contre la COVID permettra de protéger ces travailleurs essentiels qui sont à la fois à risque d’être infectés au contact de patients atteints par la COVID et d’infecter à leur tour des patients, notamment dans les milieux de vie et de soins pour aînés.

Le CIUSSS déploie donc actuellement un premier centre de vaccination au CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci. Ce centre sera destiné à la vaccination des populations prioritaires, tandis que la vaccination pour le grand public ne débutera vraisemblablement pas avant le mois d’avril.

 

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Lise M Mailloux
Lise M Mailloux
11 Mois

Reportage instructif et détaillé quoique un peu long

Lorraine Lagacé
Lorraine Lagacé
11 Mois

très bon reportage détaillé et explicatif. Merci pour votre bon travail. Lorraine L.

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