Saillies citoyennes
Projet de saillie citoyenne au coin des rues Sauriol et Péloquin. (Photo : Séverine Le Page, JDV)

Des saillies aux coins des cinq mètres à certaines intersections, là où le stationnement est interdit, seront prises en charge par des résidants d’Ahuntsic-Cartierville. Ces aménagements seront mis en place pour renforcer la sécurité, améliorer la visibilité et apaiser la circulation dans des rues résidentielles.

Ce seront probablement des saillies rectangulaires, qui deviendront des aménagements physiques permanents, assure-t-on à l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

« Tant qu’à dégager ces espaces-là et les libérer des voitures, on avait envie d’explorer la possibilité d’en faire des lieux qui joueraient un rôle à l’échelle des milieux de vie et serviraient à rendre les voisinages plus conviviaux, à favoriser le lien social et à ajouter des infrastructures qui embelliraient la vie des citoyens et citoyennes », indique Ariane Gagnon-Légaré en entrevue avec le journaldesvoisins.com (JDV).

C’est elle qui au sein de l’organisme Solon s’occupe de la mobilisation – recruter les gens – pour mettre en place ces saillies citoyennes. Elle ne manque pas d’arguments séduisants pour intéresser le voisinage à un projet qu’on penserait réservé aux employés de la Direction des travaux publics de l’arrondissement.

Son organisme est aidé aussi par l’Association mobilité active Ahuntsic-Cartierville (AMAAC) qui intervient pour la planification et la mise en œuvre.

Trois premières intersections sont visées. Elles sont situées place Taché et rue Taché; avenue Louis-Archambault et avenue Olivier-Maurault; rue Sauriol et rue Péloquin.

« Il y aura du verdissement, donc des bacs qui pourront contenir des végétaux, des fleurs et des plantes comestibles dans la mesure où elles ne montent pas trop haut. On y installera aussi des bancs, pour en faire des endroits pour se reposer. On y mettra un support à vélo », énumère-t-elle au JDV.

saillie végétalisée
Un exemple de saillie partiellement végétalisée, angle des boulevards Saint-Laurent et Henri-Bourassa. (Photo : Philippe Rachiele, archives JDV)

Arbitrage

Laisser libre cours à l’imagination pourrait donner des idées certes originales, au risque qu’elles soient irréalisables. Solon fait le lien avec les services de l’arrondissement. Il a l’air de jouer au modérateur et il paraît réussir.

« Ce sont les infrastructures souhaitées par les citoyennes et citoyens jusqu’à maintenant et elles semblent correspondre aux modalités de l’arrondissement », relève Mme Gagnon-Légaré.

Les endroits sont bornés par des bollards ancrés dans le sol. Comme ce sont des structures sur la voie publique, les saillies citoyennes sont analysées par l’arrondissement et les gens choisissent ce qu’ils aimeraient voir à l’intérieur de ce périmètre.

L’arrondissement met 125 000 $ dans ce projet grâce à une subvention du ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec et au programme gouvernemental Climat municipalités – Phase 2. Ce financement est dédié à la réduction de l’auto solo.

Au-delà du choix des plantes ou du mobilier, les gens devront demeurer engagés pour entretenir ces saillies. Des initiatives de ce genre n’ont pas connu de succès dans les années précédentes, alors que l’effort de mobilisation était moindre, comme le rapportait le JDV, entre autres, en septembre 2020.

« On espère que les citoyennes et citoyens vont être en mesure d’arroser les plantes et de récolter les fruits. Donc de profiter de ces infrastructures, puis de les utiliser », prévient Mme Gagnon-Légaré.

Elle admet que le projet est en phase essais-erreurs et que rien, en dehors des normes de sécurité, n’est vraiment coulé dans le béton, pour user d’une allusion facile.

« On s’entend que c’est un défi. On parle de prototypage, d’exploration, vraiment on teste la formule », confie-t-elle au JDV.

Emmener les gens sur un terrain qui n’est pas du tout habituel et qui ne s’inscrit pas dans les usages représente une gageure.

« On en est conscient. Plus largement, je prends un pas de recul; c’est aussi la mission que l’on veut remplir. Stimuler l’engagement citoyen favorisera la transition sociale et écologique », reconnaît Ariane Gagnon-Légaré.

Neuf autres saillies citoyennes devraient être proposées au printemps.

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O'Neill, Brendan
O'Neill, Brendan
2 Mois

C’est bien stimuler la créativité des citoyens, mais ceci est un enjeu de sécurité. Tous les coins devraient avoir la marquage jaune comme dans d’autres arrondissement, pour bien indiquer la dégagement nécessaire. Les coins dégagés permettre la visibilité des piétons, souvent et surtout des jeunes.

Boiteau Daniel
Boiteau Daniel
1 Mois
Répondre à  O'Neill, Brendan

Tout à fait d’accord avec vous M.O’Neill. Sur la première photo le saillie pour aider à la sécurité aurait du être placé au coin précédent vu le sens de la circulation. De la simple peinture jaune à chaque coin de rue serait sécuritaire simple et mon couteux.

Robert Aubin
Robert Aubin
1 Mois

C’est dommage que chaque saillie de trottoir enlève une place de stationnement.
Au total, ce sont quelques centaines d’automobilistes qui tournent dans les rues pour arriver à se garer!

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