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Soixante-et-un nouveaux logements abordables dans Ahuntsic-Cartierville

Appartement du boulevard Olympia (Photo: jdv P. Rachiele)

La mairesse Valérie Plante et la responsable de l’habitation Magda Popeanu ont annoncé le 16 août dernier un investissement de 7,6 M$ dans deux grands projets immobiliers de 151 nouveaux logements abordables à Montréal, dont 61 seront situés à Ahuntsic-Cartierville dans des édifices existants que la Ville vient d’acquérir.

Les deux projets ont été élaborés par l’organisme Bâtir son quartier et sont financés par le Fonds d’investissement de Montréal, une société de commandite. Le premier projet immobilier compte environ 90 logis dans Rosemont-la-Petite-Patrie et le second 61 dans Ahuntsic-Cartierville. Il s’agit d’une première pour la Ville ne disposant d’aucun programme en maintien de parc immobilier abordable.

« C’est un modèle financier totalement nouveau, affirme la mairesse de l’arrondissement, Émilie Thuillier.  Les partenaires ont travaillé très vite parce qu’il fallait profiter des occasions lorsque des propriétaires vendent les édifices. »

Les appartements étant situés sur le boulevard Olympia, dans le Sault-au-Récollet, Bâtir son quartier a donc confié le second projet à la Société d’amélioration de Pointe-Saint-Charles (SOCAM). Leur expérience et leur emplacement feraient d’eux le meilleur choix, selon la directrice générale de Bâtir son quartier, Édith Cyr.

« C’est un propriétaire communautaire immobilier qui a fait ses preuves », tranche cette dernière.

Jointe par courriel, la porte-parole aux communications de la Ville-centre, Audrey Gauthier, indique que la métropole injectera 2,8 millions $ dans ce projet dans l’arrondissement, le tout divisé en subventions et en prêts. Un suivi sera également assuré par la Direction de l’habitation de la Ville de Montréal et des bilans annuels seront présentés prochainement au comité exécutif.

« La mairesse de Montréal a un objectif ambitieux de 12 000 logements sociaux et abordables. Donc, 6000 logements sociaux et 6000 logements abordables, c’est clair qu’on s’attendait à des projets », affirme pour sa part la mairesse Émilie Thuiller.

Préserver en redonnant à la communauté

 Avec plus de 40 ans d’expérience, Bâtir son quartier est une entreprise d’économie sociale développant des projets communautaires de logements abordables à l’aide d’une équipe d’intervenants œuvrant partout à Montréal. Selon la directrice générale, plusieurs facteurs expliquent l’emplacement du deuxième projet immobilier.

« C’est un mélange des besoins des résidants d’Ahuntsic-Cartierville, de ce qui est exprimé par les organisations du milieu et de la connaissance qu’on avait du secteur », mentionne-t-elle.

Bâtir son quartier faisait déjà de l’intervention depuis plusieurs années dans le secteur d’Henri-Bourassa et avait identifié Ahuntsic-Cartierville comme l’une des zones prioritaires en termes de logements abordables. Selon la directrice, certains ménages paieraient même 30 % de leur revenu pour se loger.

« Ce sont des zones où l’on souhaite développer du logement communautaire pour que les gens qui y habitent ne soient pas obligés d’être délogés quand il y a des augmentations de loyer », explique Édith Cyr.

L’objectif premier du projet-pilote vise la préservation et la transformation d’immeubles à vendre souvent en danger de détérioration.

« Ça permet de préserver des appartements à long terme. On les préserve de deux façons, d’une part on les achète et d’autre part on va aussi les rénover », ajoute pour sa part Mme Thuillier.

Selon Édith Cyr, l’une des meilleures manières de pérenniser ces résidences passerait par la démocratisation du logement abordable, même si ce dernier est plus souvent défini en coût de loyer.

« Quand on fait du logement communautaire, on permet à des individus de prendre en charge et de contrôler leurs conditions de logement », déclare la directrice générale de Bâtir son quartier.

De son côté, la mairesse de l’arrondissement n’exclut pas la possibilité de répéter l’expérience si le projet se révèle être une réussite.

« On est intéressé s’il y a d’autres occasions dans le futur », conclut Émilie Thuiller.