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Trois décennies plus tard, l’histoire de l’ARA se conclut

Publié le 08/06/2018
par Gabriel Bernier

Démonstration de taï-chi par des membres de l’Association des retraités d’Ahuntsic à l’occasion de la journée d’accueil (portes ouvertes) du30e anniversaire de l’association, en juin 2015 (Photo: archives jdv)

Après 33 ans d’existence, l’Association des retraités d’Ahuntsic (ARA) mettra la clé sous la porte. Incapable de trouver de nouvelles sources de financement et des locaux adéquats pour y tenir ses activités, l’ARA est sous le respirateur artificiel depuis la vente de l’édifice Présâges, qu’elle a quitté après la transaction survenue en juin 2016.

La décision de mettre fin aux activités de l’ARA, qui se présentait comme une éventualité depuis les dernières années, est tombée le 11 mai dernier à l’assemblée générale spéciale de l’association. La centaine de membres présents ont voté à l’unanimité pour la résolution donnant le mandat aux sept membres actuels du conseil d’administration « de prendre tous les moyens pour dissoudre l’ARA ».

De l’aveu de Jean-Pierre Gravel, le président de l’ARA, la situation financière de l’organisme n’était plus tenable. Pour rappel, avant 2016, l’ARA était financée par la Fondation Berthiaume-Du Tremblay. Elle ne payait pas de loyer et se voyait fournir de l’ameublement et une cuisine au deuxième étage de l’édifice Présâges, situé au 1474, rue Fleury Est.

« On était un cinq étoiles! », s’exclame M. Gravel, énumérant les bonnes conditions dont l’association bénéficiait sous la protection de la fondation.

Logo de la vitrine principale du site Web de l’ARA.

L’âge d’or de l’association a cependant pris fin lors la vente de l’édifice Présâges à l’entreprise ahuntsicoise Visavie, à la fin du mois de juin 2016. Depuis les trois dernières années, la subvention offerte par la Fondation Berthiaume-Du Tremblay est « décroissante », explique M. Gravel.

Au moment de la vente, il avait effectivement été convenu que les groupes occupant l’immeuble auraient l’autorisation de rester sur place au moins trois ans et demi, mais que la subvention offerte par la Fondation Berthiaume-Du Tremblay diminuerait graduellement.

L’ARA a néanmoins volontairement décidé de quitter l’édifice Présâges pour se loger dans un local du Créca, rue Chambord. Si elle a pu bénéficier de l’aide financière de la fondation pour se relocaliser, « c’était le temps d’apprendre à voler de nos propres ailes », reconnaît M. Gravel.

La Fondation Berthiaume-Du Tremblay, quant à elle, a effectué une « révision stratégique » et a décidé de concentrer ses activités dans le domaine de l’habitation pour personnes âgées, ajoute-t-il.

Un lieu non adapté

Le Créca, devenu le refuge de l’ARA, amenait son lot de difficultés pour les retraités d’Ahuntsic. D’abord, le local de l’ARA est situé au deuxième de l’édifice de la rue Chambord. Or, pour s’y rendre, les retraités ne pouvaient bénéficier de l’aide d’un ascenseur.

« Il y a beaucoup de nos membres qui ont dû abandonner [les activités] puisqu’ils ne sont pas capables de monter les escaliers », affirme le président Jean-Pierre Gravel

L’augmentation du coût des loyers imposée par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a été un autre coup dur pour l’ARA. Avec une subvention décroissante et une baisse du nombre de ses membres, qui s’est déjà élevé à quelque 600 retraités, l’organisme a rapidement constaté qu’il lui serait difficile de maintenir sa tête hors de l’eau.

« Il faut [maintenant] payer nos locaux. Lorsque les revenus descendent et que les dépenses augmentent, ça ne prend pas de temps avant de tomber dans le rouge », souligne M. Gravel.

Poursuite des voyages, mais pas des activités

Aucune des activités prévues à l’horaire ne sera offerte aux membres de l’ARA d’ici à ce que l’association ne soit finalement dissoute. Ces activités se déclinaient sur plusieurs plans, allant des ateliers artistiques et des activités sportives aux cours de langue.

Par contre, les « trois ou quatre voyages » prévus auront bel et bien lieu, tient à rassurer Jean-Pierre Gravel. Un voyage est notamment prévu le 16 septembre prochain, poursuit le président de l’ARA, qui rappelle que « les voyages étaient prévus bien avant qu’on décide de quitter ».

M. Gravel est conscient de la déception de ses membres, mais il souligne qu’ils sont en paix avec la décision.

« Les membres ont voté à l’unanimité pour la dissolution [lors de l’assemblée générale spéciale du 11 mai dernier] », rappelle-t-il, soulignant la lucidité des retraités.

Répartition des avoirs aux OBNL

Lors de la prochaine assemblée générale, qui se tiendra le 11 juin prochain, les derniers états financiers seront présentés. Le processus de dissolution se poursuivra, et les derniers détails techniques concernant la fin des activités de l’ARA seront mis sur la table, résume M. Gravel.

Celui qui en était à sa première année à titre de président de l’ARA, en plus d’en avoir été son vice-président, est néanmoins fier de l’héritage que l’association ahuntsicoise laissera derrière elle.

« Nous ne sommes pas en faillite », lance M. Gravel.

Le président de l’ARA ajoute que le montant d’argent qui restera dans les coffres de l’association sera distribué à des organismes au service des retraités de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, un moyen noble de soutenir la cause jusqu’au bout.

Est-ce un signe des temps? En janvier dernier, quelques mois avant l’ARA, c’était au tour de l’Association des gens d’affaires d’Ahuntsic-Cartierville (AGAAC) de mettre fin à ses activités.