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Fort-Lorette

Une consultation avant l’été pour un musée

Publié le 20/02/2019
par Alain Martineau

Quelques artefacts trouvés lors des fouilles au Fort-Lorette (Photo: archives jdv)

Un autre pas sera franchi bientôt quand l’administration de la Ville-centre tiendra une consultation publique sur la venue éventuelle d’un musée dans le Sault-au-Récollet, question de rassembler les découvertes récentes du site archéologique de Fort Lorette, et d’autres de diverses époques que garde précieusement la Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville (SHAC).

La consultation qui devrait piquer la curiosité de beaucoup de citoyens du nord de Montréal, devrait se tenir quelque part d’ici la fin du printemps, a indiqué le conseiller municipal Jérôme Normand, qui représente justement le district du Sault-au-Récollet.

Outre l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, divers groupes d’intérêt et la population démontrent un bel intérêt pour la création d’un tel musée. Reste à voir quelle forme ce musée prendra. Mais le processus doit suivre son cours normal comme c’est le cas dans l’installation de tout musée digne de ce nom. La patience vaudra le coup, d’autant plus que non seulement le quartier, mais tout Montréal et le Québec seront fiers d’ajouter un fleuron institutionnel historique.

Consultation publique

Lors de la séance du conseil de l’arrondissement du 11 février, l’administration a annoncé la tenue éventuelle de la consultation afin de voir comment on mettra en valeur l’emplacement du bord de l’eau situé juste à côté du CHLSD Laurendeau. Le site de Fort-Lorette a failli être enseveli par la construction de condos par un promoteur à la suite de l’achat d’un terrain stratégique appartenant à une congrégation religieuse.

Une intervention politique à la suite de pressions populaires, dont celles de la Société d’histoire Ahuntsic-Cartierville (SHAC), a permis de retourner le secteur au domaine public. Il est rempli de vestiges en lien avec la présence probable d’Amérindiens il y a 2000 ou 3000 ans, de la mission d’évangélisation des autochtones sous le régime français, et de la fondation de Ville-Marie, devenue  Montréal.

« Pourquoi ne pas trouver un lieu pour mettra en valeur les artéfacts trouvés et ceux que la SHAC a déjà en sa possession (venant de Cité historia), et donner un accès au public, a soutenu le conseiller Normand en entrevue avec journaldesvoisins.com. C’est ce que l’on veut faire, après des consultations avec la  SHAC et les citoyens. On doit aussi développer ce site avec le gouvernement  fédéral  aussi. C’est l’étude de faisabilité qui nous donnera les angles du type de musée (écomusée, musée participatif, etc.) et qui nous dira aussi de quelle manière on le fera. Est-ce que ce sera dans de la Maison du sacristain ou dans l’un des bâtiments historiques que l’on retrouve dans le Sault? Tout ça sera à l’étude », a-t-il indiqué.

Le nom de la firme qui sera choisie pour l’étude en question sera annoncé au cours de l’année.

« Les aboutissants dicteront la suite des choses. Tout ça est exploratoire, un peu embryonnaire pour l’instant», a  analysé M. Normand.

Une table qui a mis la table

Jusqu’ici, une table «informelle», représentant pas moins de 25 intervenants du milieu, a tenu deux rencontres, les deux en 2018.

« Récemment, a poursuivi Jérôme Normand, la responsable de la Division du Patrimoine et de la culture à la ville-centre a présenté la stratégie de Montréal pour consulter plus formellement les citoyens afin de pouvoir mettre en valeur le site, acquis d’ailleurs par la Ville qui est l’un des partenaires. La Ville-centre va donc initier et mener une consultation plus formelle avec les partenaires autour de la table, puis largement avec la population. Ce sera fait quelque part au printemps », a-t-il promis.

Parmi les 25 acteurs du milieu membres de cette table de concertation, on retrouve aussi la fabrique de la paroisse et des politiques de tous les paliers de gouvernement, ce qui démontre le grand intérêt pour le musée en devenir.

Compte tenu des étapes à respecter et des échéanciers, il ne faut pas s’attendre à ce que l’on procède à la «grande  ouverture» rapidement. Il faut plus parler de moyen terme, un peu plus de deux ans, voire trois ans, selon ce qui circule.

Du côté de la SHAC, on se félicite des démarches entreprises par les hautes instances alors que l’on poursuit un processus «normal», dit-on, en vue de valoriser le cœur du Sault-au-Récollet, confirmé par le gouvernement du Québec comme lieu historique.