Organismes communautaires 880 Henri-Bourassa Est.
Ancien salon funéraire, l’immeuble au 880, boulevard Henri-Bourassa Est, est le futur local de trois organismes communautaires. (Photo: Toma Iczkovits, collaboration spéciale)

Trois organismes communautaires d’Ahuntsic quitteront le centre communautaire de la rue Laverdure d’ici la fin de l’année. Ils ont pu acquérir un très grand local sur le boulevard Henri-Bourassa Est. C’est pour faire face aux menaces d’éviction que le milieu communautaire opte pour la propriété, mais aussi pour avoir les coudées franches.

Ce sera au 880, boulevard Henri-Bourassa Est que Rue, action, prévention (RAP) jeunesse, le Carrefour d’aide aux nouveaux arrivants (CANA) et Relax Action Montréal s’installeront d’ici décembre. Bien situé, le local abritait un ancien salon funéraire. Il nécessite toutefois des travaux pour être adapté aux activités de ces organismes.

«En avril nous allons chercher un entrepreneur général pour lancer la construction cet été et pour une installation en décembre. C’est cela le plan», affirme René Obregon-Ida, directeur général de RAP Jeunesse, en entrevue avec le Journal des voisins.

Le local a été acquis avec la table de concertation de quartier, Solidarité Ahuntsic, en 2022.

«Nous avons acheté l’édifice avec le CANA, RAP Jeunesse et Relax Action. Nous avons contribué financièrement, mais nous n’avons pas l’intention d’y déménager», souligne pour sa part Rémy Robitaille, directeur de Solidarité Ahuntsic.

Il avait lui-même fait une sortie médiatique très remarquée l’été passé, pour attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur la réalité de plus en plus difficile des organismes communautaires d’Ahuntsic et les risques d’éviction qui pesaient sur eux. Le propriétaire du centre communautaire Ahuntsic, le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), voulait récupérer les locaux de ce qui était l’ancienne école Madame-de-la-Peltrie. Aujourd’hui, la procédure est en cours pour vendre le bâtiment.

Longue saga

Les organismes locaux font face à des hausses de loyer et aux risques de se retrouver à la rue depuis 2017. À cette précarité qui a trop longtemps fait les manchettes, s’est ajoutée l’exiguïté des lieux. Cependant, ce n’est pas seulement cela qui pousse les organismes à déménager.

«Nous avons notre centre de jour, ouvert pendant la pandémie. Il est déjà trop petit. Au début nous recevions dix personnes par jour. Aujourd’hui, c’est entre 20 et 25 personnes quotidiennement. Donc nous n’avons plus de place», souligne M. Obregon-Ida de RAP Jeunesse.

M. Robitaille admet qu’il y a un problème d’espace. Toutefois, il y a aussi la particularité d’un centre de jour en santé mentale. Les propriétaires sont réticents à louer des locaux pour ce genre d’activité.

«C’est tellement difficile à localiser parce que les gens ne veulent pas en avoir, en fait. Quand les organismes sont propriétaires, c’est plus facile à implanter», explique-t-il.

Pour le CANA, M. Robitaille observe que les demandes des immigrants ont explosé et l’organisme est obligé de louer des salles pour les cours de francisation.

«Même s’ils déménagent, ils vont encore manquer d’espace pour la francisation», craint M. Robitaille.

Réalités différentes

Cependant, il faut bien voir que les organismes communautaires s’éparpillent dans le quartier. RePère, un organisme d’aide aux pères, a acheté aussi un local sur le boulevard Henri-Bourassa. Autour du bébé déménage aussi. Toutefois, cela n’inquiète pas outre mesure M. Robitaille.

«Il y en a [des organismes] qui ont eu le moyen de le faire. D’autres ont eu un accord avec le propriétaire. Mais il faut penser aussi à ceux qui n’ont pas les moyens de faire», relève-t-il.

C’est entre autres pour cela que Solidarité Ahuntsic ne quitte pas le centre communautaire de la rue Laverdure.

«Notre mission en tant que table de quartier, c’est aussi de développer des locaux communautaires. En même temps [le fait d’acheter des locaux], cela nous donne un levier immobilier si on veut racheter aussi», explique-t-il.

La possibilité d’acquérir l’actuel centre communautaire Ahuntsic n’est pas écartée. En attendant que le CSSDM termine toutes les démarches pour la vente, le temps joue en faveur des organismes.

Par ailleurs, l’arrondissement souhaite doter le milieu communautaire de locaux pérennes. Cela devrait se faire au 9515, rue Saint-Hubert, où se trouvent d’anciens bureaux de la Ville attenant à l’ancienne cour de voirie de la rue Louvain Est. Il faudra quand même attendre quelques années encore pour que cela se réalise.


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Denis Lise
Denis Lise
2 Mois

eh ben encore dans l’est on a plus grand chose dans Ahuntsic Ouest

Pierre Lachapelle
Pierre Lachapelle
2 Mois

Une note historique. Au moment de sa construction, ce bâtiment qui est muni d’une voute comme on en trouve dans les institutions financières, était le siège social de la Caisse populaire de cette partie Nord Est d’Ahuntsic. Son décor intérieur avec des pierres des champs est assez joli. Je ne suis pas tout à fait sûr, mais comme la paroisse catholique romaine de ce secteur se nommait Sainte-Madeleine-Sophie-Barat, je pense que la caisse pop portait le nom Sainte-Madeleine. À valider.

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