Les élues en réunion pour la COVID-19 en compagnie du chef de cabinet de la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville (à l’extrémité de la table) et du représentant du JDV. (Photo : jdv – Philippe Rachiele)

Face à la COVID-19 (coronavirus), des élues des secteurs d’Ahuntsic et de Cartierville, des trois paliers de gouvernance publique, serrent les rangs et se coordonnent afin de répondre illico aux inquiétudes de la population du nord de Montréal.

Sur le plan local, la députée fédérale d’Ahuntsic-Cartierville, Mélanie Joly, a tenu le samedi 14 mars une réunion extraordinaire à son bureau de circonscription avec ses collègues Marie Montpetit (députée québécoise de Maurice-Richard) et Christine St-Pierre (députée québécoise de l’Acadie), avec, à l’autre bout du fil (pour cause d’un vilain rhume), la mairesse de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier, qui était toutefois représentée sur place par le directeur de cabinet du Bureau des élu(e)s, Jean-François Desgroseilliers.

Nos représentants n’ont pas caché l’urgence de la situation et l’importance de «se serrer les coudes» en ces temps difficiles. Mais question de répondre rapidement aux inquiétudes des gens, ils ont tenu à les rassurer.

« Nos bureaux sont ouverts malgré la menace (la COVID-19) et nos attachés politiques sont disponibles, a lancé Marie Montpetit au journaldesvoisins.com, à l’issue de la rencontre. Nous serons comme un service de première ligne afin de donner les réponses aux gens; et on se coordonne entre bureaux des élus. Les informations bougent rapidement;  on veut entendre les besoins des gens et nous serons capables d’intervenir », a-t-elle ajouté, avec l’approbation de ses collègues.

Nos élus sont très sollicités en raison de la crise qui sévit ici et ailleurs sur la planète. Mais les gens qui s’interrogent doivent contacter leurs élus au besoin.

« On reçoit beaucoup d’appels et on doit entourer et rassurer les citoyens, a indiqué Christine St-Pierre, après  avoir salué au passage la décision de Mme Joly de tenir une réunion d’urgence» à son local, rue Chabanel Ouest. Ici, dans le secteur (District central), il y a une importante activité économique avec la concentration de 1800 entreprises. J’ai, dans ma circonscription, 17 écoles, le CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, trois cégeps (dont deux dans St-Laurent), donc énormément d’activités. On doit partager les informations, les inquiétudes que les gens nous transmettent. N’hésitez pas à nous contacter, on est là pour ça, si vous avez des inquiétudes » a-t-elle lancé.

L’ex-journaliste de Radio-Canada a d’ailleurs invité les élus d’autres villes ou en régions à tenir le même genre de rencontre tripartite pour assurer une meilleure coordination.

Préoccupations de gardiennage et d’entrées d’argent

Les élues veulent aider leurs commettants. Ainsi, Mme Montpetit a déclaré:

« Il faut faire les choses dans l’ordre, ça va très très  rapidement, a pour sa part analysé Mme Montpetit, qui a déjà été adjointe de l’ex-ministre de la Santé et des services sociaux Gaétan Barrette dans le gouvernement précédent à l’Assemblée nationale. Les premières décisions ont été d’ordre sanitaire, de s’assurer de diminuer les rassemblements, de fermer les écoles, afin de ralentir la propagation du virus. Mais suivra probablement le contrecoup économique : on fait quoi avec les enfants, avec les CPE et écoles fermées (souvent un des deux parents devra rester à la maison), aussi les gens qui ont des loyers ou des hypothèques à payer. Alors nos bureaux sont ouverts pour répondre aux préoccupations », a-t-elle ajouté.

Après avoir rappelé l’effort du gouvernement fédéral au cours des derniers jours (un milliard de dollars en santé, dix milliards sous forme de crédits aux entreprises pour les aider à traverser la crise, baisse d’un point au total du taux directeur de la Banque du Canada en seulement une semaine, assouplissement des règles de l’assurance-emploi [ndlr: pour les gens qui souffrent de la COVID-19], Mme Joly, aussi ministre du Développement économique, a rappelé qu’il fallait s’attaquer à plusieurs fronts à la fois.

« Il faut gérer l’évolution du virus et protéger la santé des gens, protéger aussi l’économie et surtout la réalité économique des gens, et s’assurer que la population garde confiance dans les gouvernements. On protège les gens en respectant les règles de santé publique afin qu’au final,  on passe au travers. Une telle situation est exceptionnelle,  n’est jamais arrivée, on suit les directives des experts et il faut travailler ensemble pour aplanir la courbe de propagation », a-t-elle averti.

On s’attend à ce que les gouvernements annoncent d’autres mesures d’aide pour donner un coup de pouce aux citoyens, entre autres ceux et celles avec un emploi précaire dans le secteur privé, dont les travailleurs autonomes ou pigistes, et aux entreprises. Des élues ont aussi plaidé pour ne pas oublier les groupes sociaux et les banques alimentaires.

Pour les petites et moyennes entreprises du nord de Montréal, Mélanie Joly a signalé que les mesures déjà annoncées et celles à venir (mesures fiscales pour les entreprises, dit-on) ajouteront des milliards de dollars en liquidités dans le marché.

« Les entreprises s’interrogent à savoir si elles vont passer à travers. Elles peuvent contacter la Banque de développement du Canada (BDC) ou leur banque au besoin », a plaidé Mme Joly qui fait partie aussi du comité du cabinet chargé de la «réplique» du gouvernement fédéral au COVID-19 (comité spécial de huit ministres devant s’assurer d’une intervention efficace de l’État sur la santé et l’économie face à la crise du coronavirus).

« En convoquant cette réunion, de poursuivre la députée-ministre, je voulais savoir de Marie, de Christine et d’Émilie ce qu’elles entendent, ce qu’elles voient présentement, et moi j’amène ça à ce comité »,  a-t-elle confié.

Deux semaines de «relâche»…

Il va sans dire qu’il faudra, dans un premier temps,  surveiller de près ce qui se produira dans les deux prochaines semaines, en termes de rythme de  propagation du virus alors que près de deux millions de jeunes (de la garderie à l’université, en passant par les écoles) seront fermées, sans oublier les grandes salles de toutes sortes, dont les bibliothèques et lieu de spectacles, sans oublier le Centre Bell.

Il faudra occuper beaucoup de monde alors que l’offre de loisirs n’aura jamais été aussi basse. Il faudra alors faire  montre d’originalité…

La mairesse de l’arrondissement Émilie Thuillier a reconnu que le défi sera grand d’ici la fin mars, dans un premier temps.

Montréal avait décidé jeudi de fermer toutes les installations municipales qui accueillent chaque jour bon nombre de résidents, tels les bibliothèques, les piscines, les arénas, ou le Jardin botanique.

Dans le nord de Montréal, le Complexe sportif Claude-Robillard est aussi «en dormance».

« On a pris la décision de fermer les institutions culturelles et sportives de la ville et de l’arrondissement après l’annonce du premier ministre Legault (jeudi midi)  de mettre un terme aux grands rassemblements de plus de 250 personnes. On aurait pris la même décision. Et il y a eu l’annonce de la fermeture des écoles.  Ayant deux enfants en bas âge, [je sais que ] c’est sûr que c’est un défi pour les parents. Deux semaines, c’est exceptionnel. C’est difficile, mais important de fermer les lieux de rassemblement. Si les gens sont en groupe, on est dans la contre-indication, car on cherche avant-tout à diminuer les interactions sociales et être plus en isolement. C’est ce qu’on appelle la résilience, être solidaire face aux gens vulnérables (comme les personnes âgées). Si nous on contracte la maladie, ce ne sera pas grave, mais il y a risque pour ces gens vulnérables en créant des foyers d’infection. Oui, on demande beaucoup, mais il faut tous faire notre  part. On a vraiment chacun une responsabilité que l’on doit porter pour l’ensemble de la société. C’est un passage obligé. Je pense que toutes les personnes qui ont pris les décisions à tous les paliers ont pris les bonnes décisions » a-t-elle plaidé, depuis sa résidence.

Et Mme Joly de conclure.

« Nous lançons un message d’espoir. Les Québécois ont passé à travers la crise du verglas, le déluge du Saguenay, et les inondations, notamment ici dans Ahuntsic-Cartierville et aujourd’hui nous avons un enjeu beaucoup plus grand au Québec. On va passer au travers, on va se serrer les coudes, on sera là avec notre cœur, nos énergies pour assumer ce leadership moral », a-t-elle avancé, avec l’appui des autres élues du nord de Montréal.

Rappelons que jeudi, le premier ministre du Québec, François Legault, avertissait les Québécois que les prochaines semaines allaient être «très difficiles».

 

Si vous avez besoin de joindre les élus du territoire, voici leurs coordonnées:

Mélanie Joly, 225, rue Chabanel Ouest,  #1109, Tél. : (514) 383-3709

Marie Montpetit : 1421, rue Fleury Est, Tél : (514) 387-6314

Christine St-Pierre :  1600, boul. Henri-Bourassa Ouest, Tél. : (514) 337-4278

Marwah Rizqy, 312-5255, boulevard Henri-Bourassa Ouest, Tél. : (514) 747-4050

Émilie Thuillier, 555, rue Chabanel Ouest, #600, Tél. : (514) 872-2246

 

 

 

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4 commentaires
  1. Je vais avoir 70 ans en juin. J’ai des masques N95. Puis-je sortir pour finaliser mon épicerie pour les prochaines semaines/mois – je suis à pieds et je suis capable de marcher de grandes distances sur des rues non achalandées, mais je dois aller à la pharmacie et à l’épicerie. Est-ce que je risque d’attraper le COVID19 quand même. Je désinfecte tout avant de rentrer les items dans la maison, sur mon palier d’escalier intérieur. Je lave mes mains et la figure. J’ai des gants en caoutchouc pour faire l’épicerie aussi. J’aurais 2 items importants aussi à acheter dans un magasin du Marché Jean-Talon, magasin situé tout près de la rue, la porte est tout près et non dans le milieu du marché et il faudrait aussi que j’aille chez Rachelle Béry sur Fleury et Péloquin – ce serait mes seules démarches avant de me mettre en quarantaine. Merci à l’avance.

    1. Nous ne sommes pas des experts, mais il nous semble que les mesures que vous prenez sont les bonnes. Il reste le un mètre de distance à respecter, qui serait encore plus important à ce stade-ci.

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