Pour une deuxième semaine consécutive, la progression des cas a légèrement ralenti dans Ahuntsic-Cartierville qui demeure cependant l’un des arrondissements les plus touchés par la troisième vague de la pandémie de COVID-19.

Avec 364 nouveaux cas enregistrés entre le 6 au 19 avril, le nombre de cas demeure en augmentation dans Ahuntsic-Cartierville, selon le plus récent état de situation publié par la Direction régionale de la santé publique (DRSP). Près de la moitié des cas rapportés depuis deux semaines sont d’ailleurs concentrés dans le secteur de Bordeaux-Cartierville qui compte à lui seul 144 nouveaux cas pour cette période.

Nouveaux cas en baisse

Dans la dernière semaine, 154 nouveaux cas ont été enregistrés dans l’arrondissement, une baisse notable par rapport à la semaine précédente qui porte le taux d’incidence à 114,72 cas par 100 000 habitants.

Plusieurs secteurs de l’arrondissement présentent toutefois des taux d’incidence parmi les plus élevé dans les quartiers de Montréal, dont Bordeaux-Cartierville (54 nouveaux cas, 149,56 cas/100 000 habitants),  Saint-Sulpice (19 cas, 153,54 cas/100 000) et Saint-Sulpice-Ouest (20 cas, 206,40 cas/100 000).

La tendance à l’accélération qui s’observait depuis la fin mars semble s’estomper. Après avoir frôlé les 30 cas par jours, le nombre moyen de nouveau cas quotidiens dans l’arrondissement s’établit légèrement au-dessus de 20 et la tendance sur 14 jours est maintenant redescendue sous la barre des 400 cas.

En conférence de presse mardi, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit constater cette tendance « surprenante » à la stabilisation dans la région de Montréal, en remarquant du même souffle que le nombre de cas et d’hospitalisations reste « très élevés ».

« Pour l’instant, il reste que c’est presque difficile à comprendre comment ça se fait que les cas puis les hospitalisations se sont stabilisés à Montréal et Laval, mais il ne faut pas exclure dans les prochains jours, dans les prochaines semaines qu’il y ait une explosion de cas à Montréal, puis à Laval », a prévenu François Legault.

Soins intensifs à la hausse

Après un pic autour de 45 personnes hospitalisées dans les centres hospitaliers du Nord de l’Île à la mi-avril, le nombre d’hospitalisations est redescendu sous la barre des 40 depuis une semaine.

La proportion des personnes atteintes de la COVID-19 à être alitées aux soins intensifs représente la moitié de l’ensemble des personnes admises dans les hôpitaux du Nord de l’Île.

En date du 20 avril, il y avait 34 personnes hospitalisées en lien avec le coronavirus, dont 17 étaient aux soins intensifs de l’hôpital Sacré-Cœur. À titre de comparaison, au plus fort de la deuxième vague à la fin janvier, à peine 20 % des personnes hospitalisées avaient été admises aux soins intensifs.

Le JDV a demandé à obtenir une mise à jour sur profil d’âge des personnes hospitalisées auprès du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

« Le profil d’âge des patients hospitalisés aux soins intensifs pour la COVID-19 est très similaire à celui de la semaine dernière », indique simplement Séléna Champagne,
conseillère aux relations médias et aux affaires publiques au CIUSSS.

Il y a une semaine, le chef des soins critiques de Sacré-Cœur, docteur Patrick Bellemare, avait accordé une entrevue à Radio-Canada dans laquelle il disait constater un rajeunissement des patients atteints de la COVID-19 qui aboutissent aux soins intensifs. L’âge des patients aux soins critiques dans l’unité COVID variait entre 43 et 76 ans.

« Il y a beaucoup de conséquences qui viennent avec le fait d’être hospitalisé pendant longtemps. Si vous êtes hospitalisés pendant trois semaines avec des médicaments qui bloquent l’activité de vos muscles, sous un coma artificiel. [Se] relever de ça, c’est [se] relever d’une autre maladie que l’infection de vos poumons », soulignait le docteur Bellemare.

La semaine dernière, le JDV a demandé à s’entretenir avec le docteur Jean-Michel Leduc, microbiologiste infectiologue à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal pour faire le point sur la troisième vague, mais le CIUSSS a fait savoir que le docteur Leduc n’était « pas disponible pour des entrevues » en raison de ses « horaires très chargés ».

La vaccination progresse

Alors que l’accès au vaccin d’AstraZeneca a été élargi cette semaine aux 45 ans et plus, la campagne de vaccination progresse rapidement dans le Nord de l’Île. Les personnes âgées de 45 à 79 ans qui le souhaitent peuvent donc désormais se faire vacciner avec ou sans rendez-vous dans l’une des trois cliniques dédiées à la vaccination AstraZeneca dans le Nord de l’Île.

Autre nouveauté cette semaine, les personnes de moins de 60 ans considérées à très haut risque de complications de la COVID-19 pourront aussi être vaccinées sur recommandation de leur médecin traitant.

Au total, près de 120 000 doses des différents vaccins actuellement disponibles avaient été administrées par le CIUSSS en date du 21 avril. En une semaine, un peu moins de 20000 doses ont ainsi été écoulées, un nombre record qui confirme que la campagne de vaccination reprend de l’élan sur le territoire du CIUSSS du Nord.

Situation stable dans les écoles, mais progression chez les enfants d’âge scolaire

La situation dans les écoles demeure relativement stable. Le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) rapporte 46 cas chez des élèves et un cas chez un membre du personnel et 16 classes en isolement dans les écoles d’Ahuntsic-Cartierville.

« Étant donné que la DRSP considère maintenant que plusieurs cas à Montréal sont des variants, il est difficile pour nous de les départager », indique le porte-parole du CSSDM, Alain Perron.

Selon les données de COVID Écoles Québec, le dernier cas de variant suspecté rapporté dans une école d’Ahuntsic-Cartierville est celui qui a mené à la mise en isolement d’une classe de 25 élèves à Sophie-Barat la semaine dernière.

Bien que plusieurs écoles du CSSDM affichent des signes mauvaise qualité de l’air, les écoles privées ou anglophones de l’arrondissement ne sont pas épargnées pour autant, même si certaines utilisent des purificateurs d’air depuis la rentrée à l’automne. C’est le cas par exemple du Collège Regina Assumpta.

Selon des données fournies par la DRSP au JDV, la progression des nouveaux cas est d’ailleurs plus marquée dans les groupes d’âges scolaires. En effet, entre le 25 mars et le 21 avril, les nouveaux cas chez les 5 à 17 ans représentaient 21 % des cas rapportés dans l’arrondissement. Entre le 1er le 29 mars, ce groupe d’âge représentait 17 % de l’ensemble des cas dans Ahuntsic-Cartierville.

Depuis un mois, plus de 80 % des nouveaux cas dans l’arrondissement touchent les 54 ans et moins, et plus de la moitié des cas sont rapportés chez les 34 ans et moins.

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Lucie Archambault
Lucie Archambault
7 Mois

Bravo, M. Van Vliet, vous faites un travail remarquable d’information pour notre arrondissement.

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